| Monsieur le Président,
Le courrier que vous m'avez adressé le 10 mai dernier m'est bien parvenu, et je l'ai
lu avec attention.
J'ai noté vos préoccupations relatives au projet de loi sur la Couverture maladie
universelle et plus particulièrement à l'article 14.
Déjà alerté à ce sujet, j'ai entrepris une démarche auprès de Monsieur Charles
DESCOURS, Sénateur de l'Isère, qui a été désigné par le Sénat pour rapporter ce
projet de loi.
Par ailleurs, je crois utile de vous faire part dés à présent, de la position prise
par le groupe parlementaire auquel j'appartiens au Sénat, quant à ce texte.
En effet, dés l'origine il avait été prévu que la réforme de la Sécurité Sociale
devait être parachevée par un grand texte instituant pour l'avenir une Assurance maladie
universelle (AMU), créant pour chaque français un droit personnel à l'assurance
maladie.
Au lieu de ce grand texte réclamé par tous les partenaires, le Gouvernement a
construit dans une certaine précipitation, un projet aujourd'hui dénoncé par les
acteurs de la protection sociale: la Couverture maladie universelle (CMU).
"L'Assurance maladie universelle" était porteuse d'avancées sensibles,
fusionnant progressivement les régimes et harmonisant les cotisations et les prestations,
créant des simplifications et des économies de gestion, avec une régionalisation
claire, assurant un meilleur rendement social des dépenses de l'assurance maladie et un
meilleur accès aux soins pour tous.
Ce dispositif permettait toutes les initiatives d'entraide, le financeur pour les plus
démunis demeurant les collectivités, respectant ainsi le financement de la solidarité
par l'impôt et assurant une gestion plus proche des personnes.
Telle qu'elle est annoncée par le Gouvernement, la Couverture maladie universelle
n'est plus une réforme structurelle destinée à un rendement meilleur et plus efficace
de l'assurance maladie.
Il est à craindre que ce texte construit sur des bases différentes de celles qui
avaient reçu l'accord de tous les acteurs "concernés"
- ait des effets pervers, favorisant par exemple le travail au noir et la dissimulation
de revenus,
- soit sujet à l'imprévoyance financière, (les dépenses risquent en effet de
s'envoler en raison de l'atractivité de cette protection gratuite),
- soit source d'inégalité, (les classes moyennes les plus fragilisées , risquent en
effet d'être les principales victimes du rétrécissement de la couverture de base).
- Enfin, il apparaît clairement que ce nouvel assistanat va à l'encontre de la
responsabilité individuelle.
Tels sont les éléments d'information que je souhaitais porter à votre connaissance,
dés à présent.
Soyez assuré qu'au moment où le débat s'instaurera au Sénat, le groupe
parlementaire RPR sera particulièrement vigilant sur ce dossier.
Restant disponible, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de
mes sentiments les meilleurs et cordiaux
Michel BARNIER
Docteur Patrice PLANTE
Président de SOS ACTION SANTE
Union des Professions de Santé Libérales
B.P. 194
21205 BEAUNE CEDEX
Hôtel du Département: BP 1802 - 73018 CHAMBÉRY Cedex -
Tél: 04.79.96.73.73 -
Fax 04.79.62.29.31
Secrétariat Parlementaire: 47, avenue de Lyon - 73000 CHAMBÉRY - Tél : 04.79.96.30.41 -
Fax 04.79.96.21.08 |