Gains de productivité et économie nouvelle

Les gains de productivité aux Etats-Unis ont été supérieurs à 8 % au premier trimestre 2002 !
Est-ce là un miracle de la nouvelle économie… dont les cours se sont effondrés en bourse ?

Un premier problème de méthodologie statistique se pose.
Les chiffres de la productivité publiés par les Américains sont le résultat de données macroéconomiques agrégées au niveau national,

  • De la production globale mesurée par le PIB qui a augmenté de 6,1 % en rythme annuel,
  • Et de la quantité globale de travail effectué pendant la même période, qui a diminué considérablement du fait des licenciements massifs réalisés en 2001 et au premier semestre 2002.

On obtient ainsi la production par heure travaillée, c'est à dire la productivité, donnée synthétique qui ne correspond pas nécessairement exactement à la réalité, mais qui présente toutefois l'avantage d'être suivie dans le temps ne varietur, et donc de rendre correctement compte des variations sans qu'il y ait de distorsions trop importantes par rapport à l'évolution réelle de l'économie.

Ce bond de la productivité déroute la plupart des économistes car il se fait quasiment sans investissements ce qui défie tous les schémas habituels !

Pourquoi en est-il ainsi ?

Deux réponses peuvent être données : la première relève des actions propres des entreprises, la seconde concerne la nation considérée en tant que système de production global.

1ère réponse, les gains de productivité proviennent des entreprises.

L'activité générale s'est ralentie en 2001 à cause de

  • La baisse des bénéfices des entreprises, du fait de l'augmentation des charges de personnel provenant de l'augmentation des salaires plus rapide que la valeur ajoutée, accentuée par la distribution exagérée de stock-options contre nature,
  • Et surtout de la décision des dirigeants de la Fed de maintenir les taux de base à des niveaux trop élevés au second semestre 2000 par rapport à ceux qu'indiquaient les marchés libres obligataires.

Ainsi, au niveau de chaque entreprise le chiffre d'affaires a diminué.
Les dirigeants des entreprises en ont tiré immédiatement les bonnes conclusions en diminuant le principal poste de la valeur ajoutée sur lequel ils pouvaient agir : les charges de personnel.

Les licenciements se sont donc multipliés parmi le personnel opérationnel et ils ont également touché les autres salariés, les commerciaux ainsi que les postes relevant des dépenses administratives et des frais généraux.
Le but était de restaurer le plus rapidement possible les bénéfices.

Ces licenciements massifs, portant sur plus de deux millions de postes, en 2001 et au premier semestre 2002, ont même été supérieurs à la diminution de la valeur ajoutée car les dirigeants des entreprises ont profité de ces difficultés consécutives aux attentats du 11 septembre pour en rajouter, du fait que ces licenciements étaient relativement facilement bien acceptés dans ces circonstances exceptionnelles.
Ainsi
les gains de productivité ont été logiquement supérieurs à la croissance du PIB.

Il faut remarquer que les gains de productivité dans les entreprises ont pu se réaliser sans qu'il y ait eu d'investissement de productivité de type labor saving, c'est à dire permettant d'économiser le temps de travail des salariés.

En effet, les résultats des entreprises étant très faibles, voire même négatifs dans un grand nombre d'entreprises, comme dans le transport aérien par exemple, les dirigeants des entreprises ont arrêté ou différé leurs projets d'investissements… même avec des taux d'intérêt particulièrement bas.

Comment donc produire davantage avec moins de personnel, et sans investir ?

1ère réponse classique : en restructurant les entreprises peu performantes

A la suite d'études réalisées et publiées au Canada citées par l'Institut Economique De Montréal, il apparaît que 40 % du temps de travail des salariés de certaines entreprises seulement est consacré à la création de valeur ajoutée, alors que dans d'autres, mieux organisées, ces ratios atteignent 70 %.
Le ralentissement de l'activité économique en 2001 a donc eu pour conséquence première de stimuler les dirigeants des entreprises marginales qui ont survécu pendant la longue période de croissance précédente avec une rentabilité faible, voire voisine de zéro.

Leurs efforts d'adaptation sont alors devenus nécessaires et urgents, sinon c'était le dépôt de bilan et le licenciement pour… les dirigeants eux-mêmes ! comme l'ont montré certaines faillites retentissantes, comme Enron.
Ainsi, le ralentissement économique de 2001 a entraîné l'assainissement de l'ensemble des entreprises, naturellement et spontanément, en obligeant toutes les entreprises à mettre en œuvre des dispositions pour réaliser des gains de productivité, qui étaient la condition sine qua non de leur survie.

2° réponse : la nouvelle économie

Une grande partie de l'activité économique est réalisée dans des entreprises dites de la nouvelle économie.
Or, l'une de leurs caractéristiques principales est d'avoir un taux de marge brute considérable 80 à 90 % dans certains cas, c'est à dire que
le coût de leurs ventes est de 10 à 20 % seulement !

Dans ces conditions une réduction importante des effectifs peut être réalisée sans qu'il y ait d'incidences directes sur ce niveau des ventes, par contre les coûts baissent alors beaucoup, ce qui permet à ces entreprises de restaurer rapidement leurs bénéfices.

A la limite, dans ces cas là, la notion de coût de production a d'ailleurs presque perdu toute signification.
En effet, lorsqu'une entreprise vend un logiciel à une autre, ce client dispose déjà généralement d'une version éventuellement bridée, à titre d'essai.

L'acte de vente consiste alors à :

  • Signer le contrat de licence donnant le droit d'utiliser ce logiciel,
  • Effectuer le paiement (!),
  • Et débrider le logiciel en fournissant par exemple les codes d'accès.

Le coût de la vente est donc négligeable, et tend vers zéro.

Des gains de productivité très importants peuvent donc être effectués rapidement par ces entreprises de la nouvelle économie.

Dans le cas d'une reprise de l'activité économique, ce type d'entreprise est susceptible de dégager des bénéfices considérables du fait, justement, que ces ventes sont peu liées aux coûts de production.

Leurs bénéfices et les gains apparents de productivité sont d'autant plus élevés en cas de reprise que leurs prospects ont alors tendance à augmenter très rapidement leurs investissements à partir du moment où ils ont retrouvé une situation bénéficiaire.

Finalement, les gains de productivité issus d'investissements diminuant directement les coûts de production sont relativement faibles.
Ils concernent principalement l'agriculture et l'industrie qui représentent moins du tiers du PIB aux Etats-Unis.

Cependant, beaucoup de services dépendent de la production industrielle, comme par exemple le transport aérien. Les investissements des compagnies dans des avions de nouvelle génération permettent de diminuer les coûts, donc d'augmenter leur productivité.
C'est la raison pour laquelle la production industrielle joue encore un rôle important dans l'économie, révélant les tendances profondes de reprise solide ou de récession sévère.

Cependant ces gains de productivité plus importants encore peuvent être obtenus par d'autres moyens, en particulier en imaginant et en offrant des produits nouveaux, ou des produits sous de nouvelles formes, en utilisant éventuellement des techniques relativement anciennes comme l'analyse de la valeur.

Ainsi les compagnies aériennes, dites improprement (et péjorativement) à bas coûts ou low costs diminuent leurs coûts, donc leurs prix de vente (on devrait plutôt les appeler des compagnies à prix faibles), tout en dégageant des marges bénéficiaires importantes du fait

  • Que les billets sont pris exclusivement par Internet, ramenant ainsi quasiment à zéro ces coûts de commercialisation,
  • d'une politique de choix d'aéroports secondaires dont les prestations coûtent moins cher, ce qui permet de diminuer les coûts de fonctionnement,
  • d'une redéfinition des services de restauration à bord réduisant presque à néant les coûts des services embarqués.

Dans un grand nombre d'entreprises, la productivité peut donc progresser sans investissement, par de nouvelles formes d'organisation ou de prestations de services.

Les entreprises peuvent donc dégager des gains de productivité importants par divers moyens, à condition que leurs dirigeants le veuillent et … que les salariés en acceptent les conséquences (licenciements, changements d'habitude de travail, etc.)

La méthode de calcul de la productivité est globale. Les gains de productivité peuvent donc provenir de l'ensemble de l'économie.
Ainsi, il faut raisonner également au niveau du système global de production, celui d'une
nation.

2ème réponse : les gains de productivité proviennent de la nation en tant que système global.

Les Etats-Unis fournissent un excellent exemple : tout y est fait pour faciliter la productivité des entreprises, pour l'améliorer encore et toujours.
Comment ?

D'abord grâce aux infrastructures publiques, matérielles et immatérielles.

Les réseaux de communication sont généralement surdimensionnés par rapport aux besoins. Il en est ainsi des rues, des routes, et des autoroutes. Par exemple, il est très facile et rapide de trouver le destinataire d'un colis dans des villes dont les rues sont ordonnées selon un maillage matriciel et dans lesquelles la circulation est fluide.

Il en est de même pour les aéroports, les chemins de fer qui facilitent le transport du fret, ainsi que pour les ports pour le transport par cabotage. Ces infrastructures publiques (ou privées) concourent aux gains de productivité des entreprises au service desquelles elles se trouvent.

Les infrastructures pour les services de communication facilitent l'échange des informations. Ainsi les réseaux câblés et à haut débit favorisent le développement d'Internet.

Complémentairement, les aspects organisationnels et institutionnels facilitent l'activité et la productivité de l'ensemble de toutes les entreprises.
Il y a peu de formalités administratives, peu de paperasses, peu de pertes de temps venant de démarches inutiles, peu de complications dues à un droit du travail pénalisant le travail réel.

Les marchés sont généralement bien organisés grâce à des autorités de régulation soucieuses d'efficience et de la défense des intérêts de toutes les parties.
La sécurité et la confiance sont alors très fortes dans ces cas.

Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, de graves dysfonctionnements apparaissent et aboutissent alors à la définition de nouvelles règles d'organisation des marchés satisfaisantes, comme c'est le cas avec les problèmes comptables.
Dans l'ensemble, ces services publics sont donc efficaces et rendus au moindre coût.

Les Américains et l'administration républicaine plus précisément ont bien compris le rôle moteur joué par la faiblesse du niveau des prélèvements obligatoires, de la part de l'Etat et des administrations publiques dans le PIB.

Un dollar d'impôts en moins,
c'est un dollar de plus dans la poche d'un consommateur ou d'un investisseur !

Répète le Président Bush dont l'une des premières mesures a été de baisser le montant des impôts des contribuables américains.

Cette recherche à tous les niveaux, à l'échelle de chaque entreprise et au niveau de la nation, de la productivité optimale est possible grâce à la foi largement partagée par tout un peuple dans les vertus du capitalisme libéral, qui est d'autant plus forte qu'elle s'ajoute au sentiment d'appartenance à une nation dont tous les individus partagent une culture commune.

Les attentats du 11 septembre ont mis en évidence la cohésion et l'adhésion de tous les Américains à ces valeurs qui soudent leur identité nationale.

Face aux risques de nouveaux attentats, les Américains admettent volontiers la nécessité d'une hiérarchisation bien comprise des risques et des dangers.

La lutte contre le terrorisme des extrémistes musulmans qui utilisent la liberté qui leur est donnée dans le cadre du libéralisme pour mettre en péril le capitalisme libéral basé sur la liberté oblige tout le monde à restreindre temporairement certaines libertés pour mieux assurer la pérennité de ces libertés fondamentales… sans se laisser enfermer dans des arguties juridiques subalternes, paralysantes, dangereuses et même suicidaires à terme, ni dans des débats stériles d'idées déplacées en pareilles circonstances.

Les nécessités et les spécificités de la lutte contre ce terrorisme musulman oblige à repenser certains aspects des libertés tels qu'ils étaient prônés auparavant.

L'opposition à cette guerre d'un nouveau genre contre les ennemis du capitalisme libéral est heureusement faible aux Etats-Unis.

Les synergies, entre les gains de productivité dégagés par les entreprises et l'Etat peuvent donc être très fortement positives et se développer à l'avantage de tous les Américains.

Cependant, les dangers sont toujours grands et présents. Un dérapage vers un certain laxisme tel que celui que l'on observe en Europe et en France en particulier est toujours possible : les Américains courent toujours le risque de retomber sur la pente savonneuse et glissante vers un socialisme rampant et accommodant avec ses adversaires les plus virulents.

Seule la détermination sans faille des leaders politiques, soutenus par la population peut jouer un rôle très positif. Ronald Reagan a remis les Etats-Unis, et par effet de contagion, le monde libre dans le bon chemin.

L'administration Bush semble aller dans la même voie avec cependant une détermination moins clairement affirmée.

Il existe donc des synergies très fortes entre le système productif au niveau de la nation et l'ensemble des systèmes élémentaires que constituent les entreprises.

Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant que la productivité des Etats-Unis soit supérieure à celle des autres pays développés, et qu'elle consacre encore et toujours la supériorité économique de cette nation sur toutes les autres.

 

Et maintenant ? Et à l'avenir ? Quid des gains de productivité ? Y a-t-il une limite ?

Les gains de productivité ont été importants, dans le passé proche, surtout à partir de 1995 grâce à des systèmes informatiques plus faciles à utiliser tels que les PC avec Windows, à Internet et aux autres réseaux de communication, le tout commercialisé dans des conditions économiques acceptables car les coûts ont alors baissé rendant rentable et accessible l'utilisation de ces dispositifs par un grand nombre de personnes.

En 2002, les gains de productivité sont importants du fait des restructurations, ce qui correspond à une phase a priori conjoncturelle, donc limitée dans le temps mais qui révèle qu'il existe un potentiel de gains de productivité énorme qui peut être encore utilisé à l'avenir.

En effet, les entreprises peuvent adopter des formes d'organisation plus efficientes en utilisant mieux la possibilité qu'ont les salariés de créer de la valeur pendant leurs heures de travail.

Certaines entreprises, les plus performantes, ont réussi à diminuer leurs charges correspondant à des opérations non directement productives dans des conditions considérables. Les autres, de plus en plus marginalisées, sont obligées de s'adapter, sinon elles risquent de disparaître du fait de leur rentabilité trop faible.

C'est la destruction de Schumpeter, au profit du développement des entreprises les plus performantes.

Par ailleurs, des gains de productivité très importants peuvent être obtenus surtout de la part de l'Etat et des administrations publiques.

D'après des données peu contestables fournies par Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France, 52,6 % du PIB français en 2001 relève du secteur public non concurrentiel dont la productivité est plus proche de celle de l'ex URSS que des entreprises occidentales les plus performantes.

Le basculement de la plupart de ces activités dans le secteur privé laisse donc entrevoir des gains de productivité de l'ordre de 30 à 50 % à court terme sur … 40 % du PIB environ !

Aux Etats-Unis, le poids des charges publiques superflues est certes moins lourd, mais il est loin d'être négligeable.

Ainsi l'enseignement primaire et secondaire est peu performant et coûte très cher. Les projets de l'administration Bush de réformes libérales instituant un marché de l'éducation à ces niveaux d'enseignement n'ont pas abouti du fait de l'opposition ferme et résolue des syndicats des enseignants et du soutien du parti Démocrate.

A tous les niveaux, celui de l'Etat fédéral, des Etats fédérés, des comtés, des villes, des dysfonctionnements administratifs très importants perturbent parfois le jeu des marchés libres, en particulier pour ce qui concerne les marchés immobiliers et les aides sociales.

Malgré une vitrine libérale très prononcée, les Etats-Unis cachent parfois et même plus souvent qu'on ne le pense, une bureaucratie pesante, coûteuse et inefficace qui perturbe gravement le jeu des marchés libres.

A l'avenir, les gains de productivité peuvent donc continuer à rester élevés, garantissant ainsi une longue période de croissance forte… à condition que les hommes le veuillent, c'est à dire qu'ils acceptent de mettre en œuvre les changements qui s'imposent.

Cependant, la résistance des personnes qui risquent de devoir remettre en cause certains de leurs avantages acquis peut être forte et paralyser l'évolution du système économique dans sa globalité.

Pour Schumpeter le développement économique dépendait en grande partie du progrès technique, mais des crises provenant de la résistance au changement risquaient de freiner l'évolution positive de nos sociétés, qui peuvent alors péricliter de ce fait.

Au XX° siècle, le problème essentiel était de diffuser le lent progrès des techniques à l'ensemble des entreprises. Au XXI° siècle, les progrès des techniques sont encore plus importants, mais ce qui empêche leur diffusion est la volonté de certains groupes ou mouvements qui font tout ce qu'ils peuvent pour qu'ils ne s'appliquent pas.

Ainsi par exemple, les militants antilibéraux se prétendant écologistes s'opposent à l'adoption d'organismes génétiquement modifiés. Les agriculteurs du monde entier sont donc obligés de rester au stade présent de techniques obsolètes ce qui condamne la moitié de la population mondiale à continuer de souffrir de malnutrition.

Par ailleurs, les groupes de pression des grands laboratoires pharmaceutiques ont réussi à imposer l'adoption de mesures draconiennes limitant et renchérissant le coût de la mise sur les marchés de nouveaux médicaments, sous le prétexte de respecter les principes de précaution.

Dans ces deux exemples, les inconvénients sont très largement supérieurs aux avantages qu'ils sont censés apporter. Ce sont en fait des prétextes utilisés par ces groupes très actifs pour défendre leurs propres intérêts qui entrent en opposition avec l'intérêt bien compris de la population en général.

Les gains de productivité dépendront donc à l'avenir de l'aptitude des nations à résoudre les conflits entre les différents groupes de pression dont les actions de certains sont constamment négatives, de façon à laisser jouer au maximum les marchés libres qui sont la solution la plus efficiente.

La France est actuellement très fortement pénalisée par une politique très fortement socialisante menée depuis un quart de siècle. Son déclin relatif continuera si les Français ne réagissent pas. Si des solutions véritablement libérales sont adoptées, les perspectives de croissance sont considérables.

Il n'y aurait donc pas de limite aux gains de productivité. Les conditions de vie qui sont les nôtres n'ont rien de commun avec celles qui prévalaient au début du XX° siècle. Une évolution analogue peut se perpétuer à l'avenir.
Par contre,
le facteur limitant est certainement l'action des hommes dont la rationalité et la sagesse sont limitées.

Comme le rappelait Schumpeter, le capitalisme libéral peut s'écrouler de l'intérieur par le jeu autodestructeur de ses ennemis internes, les contestataires antilibéraux et certains groupes de pression capitalistes puissants, ou de l'extérieur, par l'action aveugle et destructrice d'opposants fanatiques.

Nous autres civilisations,
savons que nous sommes mortelles.
Paul Valéry

 

Jean Pierre Chevallier
 
 

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