KINEKON chez les masseurs kinésithérapeutes !

Nous pestons généralement contre les syndicats représentatifs (SNMKR, FFMKR) qui pour continuer à exister signent en bas d’une convention avec les caisses d’assurance maladie tout ce qui peut avilir davantage notre profession : quota, augmentation de 20 centimes des actes payés misérablement, etc..
Aujourd’hui, ils ont largement dépassé les bornes en publiant avec notre argent, à travers la contribution obligatoire versée à l’URSSAF, une cassette vidéo intitulée :

JALM – une soirée chez un kinésithérapeute

Cette cassette se veut un outil de formation dite " continue " sur l’informatisation des cabinets.
Cette cassette est en fait une campagne de propagande digne de celles faites par les pays totalitaires . Elle n’a que pour seul objet d’amener les libéraux à s’informatiser selon les critères établies par l’administration de la Sécurité Sociale.
Le scénario de cette cassette est d’une idiotie attristante et les kinésithérapeutes mis en scène frisent la crétinerie : un groupe d’amis ( dont 2 kinésithérapeutes) semblent jouer au " Trivial Poursuite ".
Erreur, il s’agit d’un nouveau jeu créé par nos deux syndicats : le KINEKON.
La personne centrale (Michel) campe un kinésithérapeute très particulier, agressif, sans humour, aigri, d’une tristesse affligeante , rétrograde pour ne pas dire arriéré. D’entrée, Michel se prend les pieds dans le tapie en confondant cellulite et surcharge pondérale. A aucun moment il ne parlera de rééducation en kinésithérapie dans ce documentaire, mais uniquement de massage :  " le rôle du kiné, c’est de masser les gens " (sic).
A plusieurs reprises, le massage sera exploité comme un moyen de séduction (histoires sans doute vécues par les collaborateurs kinésithérapeutes de ce film).
Un ami de Michel, Bernard, homme d’affaires, parle avec enthousiasme de l’informatisation de son entreprise. Michel, qui ne manque pas toutefois de bon sens, lui rétorque qu’il " ne massera " pas ses clients avec un ordinateur. Mais comme il ne semble faire que du massage, on ne peut guère lui conseiller l’acquisition d’un plateau technique plus adapté.
Bernard donc n’est guère plus doué que Michel : Bien qu’informatisé il a un contrôle fiscal et parle de " son percepteur " qu’il sur le dos " toute la journée ".
Si les concepteurs de ce film avaient eu un contrôle fiscal, ils sauraient que c’est un contrôleur qu’on a " sur le dos " et non un percepteur !
Sur le passage sur la télétransmission aucune question gênante n’aura été posée.
A qui profite le système d’abord ? A la Sécu bien sûr !

Big Brother sera enfin dans nos cabinets derrière chacun de nous.
Mais Michel, grand benêt naïf, gagnant assuré du Kinékon semble accepter l’insécurité des transmissions d’informations par les réseaux proposés.
Le Kinékon est le nouveau jeu consistant pour le kinésithérapeute à ne pas poser les bonnes questions et à se laisser intoxiquer puis à acheter contre une prime de 9.000 Francs un matériel qui s’avérera rapidement obsolète.
Le professionnel ainsi se substituera au malade pour le remboursement des actes. Les difficultés que connaissent nos patients pour se faire rembourser se porteront sur lui. Sans parler des problèmes de maintenance de l’outil informatique.
La télétransmission est un jeu dangereux, et si elle est un progrès pour la rapidité du traitement des dossiers, c’est au malade à l’utiliser lui-même.
Le malade doit garder un rapport direct avec son assureur.
Pour faire bonne mesure, le scénario ne nous évite rien. Après un couplet sur Internet, on complète notre formation sur le secret médical. On voit ainsi Michel parler d’une pathologie d’un de ses malades que ses amis connaissent.
Ajoutez à cela un mensonge téléphonique à un appel de la gendarmerie pour un chien égaré et vous avez le portrait du kinésithérapeute type vu par nos chers syndicalistes.
Quel image indigne d’une si belle profession ?
Et l’on veut que les autres professions de santé nous prennent au sérieux ?
Pensez vous vraiment qu’avec de tels confrères nous puissions avoir accès un jour au dossier médical et à une revalorisation de notre métier ?
Honte aux instigateurs de ce film.
Le nom du chien dans le film " JALM " résume assez bien la production : JALM pour " Jamais à la Maison ", comme Michel qui travaille même le Dimanche.
Dur ! Dur ! Nom d’un chien !

Jacques Trocmé
Masseur Kinésithérapeute

 

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