NI-NI

M. Chirac l'a promis aux médecins : la sécurité sociale ne sera "ni étatisée, ni privatisée". Voilà ce qui résume la France et les Français.
Ce pays est, depuis quelques temps, bloquée dans une situation étrange : presque tout le monde semble faire le même constat d’immobilisme et de crispations qui paralysent à la fois la société et le pouvoir, et entretiennent un divorce croissant et dangereux entre la société et ses élites ; mais personne ne veut assumer la responsabilité d’un véritable changement. Avec la cohabitation devenue une pratique du pouvoir, c’est l’institutionnalisation du « ni-ni » qui s’est progressivement imposée : ni « grand bond en avant », ni retour en arrière ; ni libéralisme, ni socialisme ; « oui à l’économie de marché, non à la société de marché ». Ces ersatz de programme étaient déjà les thèmes de la prochaine campagne électorale des principaux candidats à l’élection présidentielle avant les attentats du 11 septembre. Et, à la suite des attentats, la France d'affirmer sa solidarité avec les américains sans pour autant vouloir s'engager auprès d'eux dans la guerre contre le terrorisme.

Plus étrange et plus grave, alors que nos dirigeants et les candidats au poste suprême proclament haut et fort qu’ils ne veulent, pour la France, ni du "capitalisme sauvage" à l’américaine, ni du communisme réel à la mode soviétique, déclinant le thème de la troisième voie entre socialisme et libéralisme, ils ne voient toujours pas que la France est justement en panne de croissance et d’idées parce que bloquée dans cette illusoire troisième voie. Le problème aujourd’hui n’est pas de trouver et de mettre en œuvre cette troisième voie, mais c’est plutôt d’en sortir ! Car, comme l’ont illustré les exemples de Bull, du Crédit Lyonnais et de tant d’autres dossiers (les nationalisations, les Plans Calculs ou autres plans Câbles, la régulation du secteur de la santé et la crise des principales missions de l’Etat) en France (ou de l'électricité en Californie), la troisième voie qui prétend donner la possibilité aux politiques de réguler l'économie et la "mondialisation" est une impasse dans laquelle notre pays est enfermé.

Jean-Louis Caccomo
  

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