Privatisation des autoroutes

Il est question que L'Etat cède jusqu'à 48 % des Autoroutes du Sud de la France (ASF), soit quelque 12,5 milliards de francs, dont 7 ou 8 milliards pour les aides sectorielles et le fonds des retraites, dans la mesure où les fonctionnaires ont déjà dilapidé le prix de la vente.

Nous en sommes donc à la vente des autoroutes et des routes pour cacher la faillite incroyable de l’Etat français.

La décision gouvernementale d'ouvrir le capital des Autoroutes du Sud de la France (ASF), pour soutenir les secteurs en difficulté (aérien, assurance, tourisme) et alimenter le fonds de réserve des retraites, devrait se traduire, au final, par un produit de cession de l'ordre de 12,5 milliards de francs (1,9 milliard d'euros). A condition que l'Etat cède jusqu'à 48 % des actions d'ASF, apprenions nous dans « La Tribune » du 19 octobre 2001.

Mais sur cette manne, pas plus de 7 milliards de francs ne pourraient être dirigés vers les aides sectorielles du plan Fabius ou vers le fonds de réserve des retraites. Quelque 5 milliards de francs (760 millions d'euros) seraient attribués au fonds spécial dédié notamment au profit des infrastructures ferroviaires dans les Alpes. Tel serait le scénario envisagé par le gouvernement, qui semble tabler sur une valorisation totale du capital d'ASF à quelque 25 milliards de francs (3,8 milliards d'euros).

Les modalités de l'ouverture de capital d'ASF ne sont pas encore complètement arrêtées, en particulier la proportion du capital cédée et le prix du ticket d'entrée dans la Société d'économie mixte concessionnaire d'autoroute (Semca). Pour l'heure, le ministère des Finances se contente d'annoncer une ouverture du capital aux institutionnels et aux petits porteurs, précisant seulement que l'Etat resterait majoritaire. Le capital social (24,6 millions d'euros) de la société présidée par Bernard Val est détenu à 98,94 % par l'Etat et par l'établissement public Autoroutes de France. Avec 2.100 kilomètres en service (de l'ordre de 3.000 kilomètres prévus d'ici à 2007), et 30 % du trafic dans l'Hexagone, ASF a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 10,10 milliards de francs (1,54 milliard d'euros).

En prenant en compte sa filiale Escota (Estérel-Côte d'Azur, Provence, Alpes), l'ASF a dégagé un résultat net de 1,71 milliard de francs (260 millions d'euros) soit 74 % des bénéfices dégagés par l'ensemble des six Semca. Elle a dû verser, au titre de l'exercice 2000, quelque 725 millions de francs (110,5 millions d'euros) de dividendes à l'Etat.

Les meubles de Versailles sont déjà aux américains, il ne reste plus qu’à vendre les murs à Ben Laden.

Et tout ceci pour payer une chimère dénommée retraite par répartition.

En fait, cette chimère a d’autres noms : socialisme et enrichissement personnel des élus.

Yves Saint Lot
  

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