Le mouvement dénommé G7, qui unit
trois syndicats de médecins " libéraux "(CSMF, FMF et
SML) et certains syndicats de salariés et de retraités de la
fonction publique, dont la CGT(Confédération Générale du
Travail), FO, CFTC et CFE-CGC, en dit long sur la situation
d'incurie de notre pays et des responsables syndicaux.
Ce mouvement se veut une base de
propositions pour une nouvelle assurance maladie d'état. Nous
comprenons surtout qu'elle permet à ces syndicats de continuer à
exister comme structure intermédiaire indispensable. Nous
comprenons surtout que le consommateur de soins éclairé
continuera à être spolié.
Qui peut expliquer le désir de
s'asseoir autour d'une table avec la CGT au XXI è siècle ?
Qui peut encore aujourd'hui prêter
un intérêt quelconque aux syndicats français dont l'objet seul
est la ruine de la propriété des français ?
Comment des libéraux peuvent ils
encore prétendre nous faire croire comprendre des mécanismes
modernes de l'économie et se permettre de s'associer avec des
groupuscules marxistes ?
Il n'y a qu'en France où l'on voit
cela.
Dans un excellent ouvrage, "
la France aux ordres d'un cadavre " Maurice Druon de
l'Académie française, résume la situation des "
responsables français " prisonniers de la pensée marxiste.
Et les syndicats des professionnels
libéraux (CSMF, FMF et SML) en sont un superbe exemple.
La France est aujourd'hui
gouvernée par le parti communiste. Il suffit de voir l'immunité
juridique, pénale ou civile, que bénéficie les actions de
destruction de la CGT ou du PCF pour s'en convaincre, par exemple
dans les effets dévastatrices des grèves ayant suivies les
dernières élections municipales.
Rappelons d'ailleurs que le parti
socialiste français n'a jamais pu accéder à la majorité
parlementaire sans l'appoint des élus du parti communiste.
Et que les partis de droite ont su
utiliser le parti communiste pour affaiblir ses rivaux.
La question que l'on est en droit
de se poser est de savoir comment une nation attachée à sa
dignité et à son indépendance, une République soucieuse de
l'honnêteté de ses parlementaires, un Etat veillant à interdire
les irrégularités et les trafics, n'a toujours pas dissout le
parti communiste et la CGT aux motifs d'atteinte à la salubrité
nationale et d'intelligences avec une puissance étrangère.
Les marxistes d'obédience
soviétique se sont toujours inspirés des méthodes employées
par Lénine pour se saisir du pouvoir et le conserver.
Une minorité organisée et
déterminée s'impose à une majorité mole, fût ce en la
terrorisant, physiquement naguère, moralement aujourd'hui.
La méthode continue à être
utilisée par les syndicats communistes dans la sécurité
sociale.
Tandis que se développait la
guerre froide qui consistait essentiellement en une concurrence
politique dans les anciens empires coloniaux et en une escalade
continue des armements, Staline sut nous appliquer les recettes de
Sun-Zu, le fameux stratège chinois presque contemporain de
Bouddha et de Périclès, dont les écrits étaient une sorte de
catéchisme pour les services secrets soviétiques.
L'art suprême de la guerre, pour
Sun-Zu , est de conquérir pays ou cités, sans avoir à livrer
bataille, mais en les affaiblissant de l'intérieur en diminuant
leurs ressources et en les minant moralement, jusqu'à ce qu'ils
soient dans l'incapacité de se défendre et qu'on puisse alors
les cueillir comme des fruits déjà pourrissants.
Pour cela, tous moyens et tous
alliés sont bons : la propagation de fausses nouvelles dite
désinformation, l'excitation des rivalités intérieures, le
discrédit jeté sur les chefs par des fausses accusations,
l'infiltration des administrations par des agents de propagande,
la paralysie du travail ; la chute des rendements et la
destruction de la propriété.
Après 2.500 ans, si les procédés
sont évidemment différents, les principes et les objectifs
restent les mêmes.
Comme une machine bien programmée,
chacun des rouages, partis syndicats services fiscaux, sécurité
sociale, moyens d'information,..., continuent aujourd'hui encore
d'appliquer des instructions destinées à affaiblir notre pays en
en faisant une société égalitaire, une société d'assistance,
une société sinon paralysée à tout le moins hémiplégique.
Ecrasés sous une pyramide
d'impôts, les plus lourds d'Europe, qui ne visent qu'à détruire
la fortune et décourager l'effort, ligoter par un incroyable
réseau de lois, de décrets et de circulaires dont la plupart
sont inspirés, plus ou moins consciemment par la lutte des
classes, les Français sont des sujets soumis aux mêmes
dépendances que celles des Russes pendant soixante-dix ans.
Tout a-t-il commencé avec le Front
Populaire ?
Les archives ont révélé que, si
le terme de "Front populaire "fut sans doute inventé
par Thorez, ce fut Staline lui-même qui, avec son pragmatisme
habituel, en eut l'idée et inspira sa formation. Inquiet, à
juste titre, de la montée du nazisme et de l'anticommunisme
agressif qu'affichait Hitler depuis sa prise du pouvoir, il jugea
nécessaire un rapprochement avec les socialistes français et la
constitution d'un "front "unique qui pourrait même
s'étendre jusqu'aux radicaux.
Mais pour les Français, l'Histoire
change de visage lorsqu'on découvre, après tant d'années, que
ce fut pour le service de la politique étrangère de l'U.R.S.S.
que le Front populaire fut inventé, et que son beau programme
était d'abord un masque, à l'insu même de la plupart de ceux
qui le modelaient dans l'enthousiasme.
Or l'une des plus graves
conséquences, bien qu'indirecte, du Front populaire fut la peur
qu'inspira le communisme à la bourgeoisie française, grande,
moyenne ou petite. La hantise de la révolution prolétarienne, la
terreur que ne s'installent en France " les soviets", la
vague rouge,...
Et cette peur n'est elle pas encore
présente dans les mouvements sociaux téléguidés par la CGT,
SUD Rails, José Bové et consorts.
LE STATUT DE LA FONCTION PUBLIQUE
OU L'ÉTAT SCHIZOPHRÈNE.
Dans le gouvernement de 1945, où
de Gaulle avait dû faire place aux communistes, ceux-ci eussent
voulu avoir l'armée; ils eurent l'armement.
Ils auraient également souhaité
l'Intérieur. En compensation Maurice Thorez, ministre d'État,
demanda et reçut la Fonction publique. Attribution sans risque
subversif immédiat, mais dont les conséquences seraient lourdes
et longues. La Fonction publique, c'est tout l'appareil de
l'État, ses leviers et ses rouages.
Mais aujourd'hui encore, ce statut
bloque absolument toute la société française, tellement les
privilèges octroyés sont monstrueux.
Ce statut est la conséquence de
celui promulgué en 1941 par l'amiral Darlan, ministre de
l'Intérieur du gouvernement de Vichy : une loi qui n'édictait
que contraintes, sanctions et dispositions racistes odieuses.
Cette horreur devait être effacée: L'élaboration d'un nouveau
statut était au programme du Conseil national de la Résistance,
où siégeaient les communistes, et qui avait commencé d'y
travailler dans la clandestinité.
La loi portant statut général des
fonctionnaires, du 5 octobre 1946, est signée de Maurice Thorez;
elle en a la marque idéologique et tactique. On peut dater de
cette loi l'alourdissement des administrations, leur tendance à
un accroissement pléthorique, la lenteur de leurs procédures, et
l'incapacité chronique de l'État à procéder aux réformes les
plus évidemment nécessaires. Du béton, cette loi!
Si l'Allemagne, un demi-siècle
après son écrasement, est devenue plus puissante que la France,
c'est d'abord parce que sa République fédérale n'eut pas,
pendant des années, tandis qu'elle se reconstruisait, une armée
à entretenir; mais c'est aussi et surtout parce qu'elle n'avait
pas de parti communiste et parce que ses fonctionnaires ne
disposèrent pas des privilèges et tolérances invraisemblables
qui furent accordés aux nôtres. La grève leur était interdite.
C'est la loi Thorez qui a installé
dans les administrations un pouvoir syndical qui ampute celui des
ministres. Elle a institué les Commissions paritaires, qui
donnent aux syndicats une large part d'autorité, généralement
paralysante, sur la gestion des personnels et la marche même des
services.
Maurice Druon, qui fut ministre de
la culture, nous rappelle que lorsqu'un ministre prend sa charge,
il doit obligatoirement réserver des précieuses heures pour
entendre les représentants syndicaux exposer leurs revendications
qui n'ont jamais été suffisamment satisfaites par le passé.
C'est là un rite.
" Lorsque j'eus à me
soumettre à cet exercice, il me fallut m'astreindre à écouter
verbiage et doléances mesquines d'au moins quatre délégués par
direction ministérielle, selon les nuances politiques des
différents syndicats, pour enfin arriver à cette déclaration,
prononcée d'un ton pathétique par le délégué de la C.G.T. qui
semblait bien leur meneur: " Monsieur le Ministre, nous avons
eu des promesses de Monsieur Malraux qui n'ont pas été tenues.
Monsieur Michelet nous avait fait des promesses qui ne furent pas
tenues non plus. Avec Monsieur Duhamel ce fut la même chose, et
plutôt pire. Alors cette fois, il nous faut; Monsieur le
Ministre, vous demander des: promesses formelles... "
" Je le coupai net, et lui
répondis: " Monsieur le délégué, je vous ai entendu. Je
ne vous ferai donc aucune promesse, car je n'ai pas envie d'emm...
mon successeur."
" Ce langage inhabituel laissa
mes interlocuteurs quelque peu décontenancés. Ils comprirent que
je ne serais pas facile à manipuler, et les syndicats me
laissèrent à peu près tranquille jusqu'à mon départ, qu'ils
souhaitaient le plus rapide possible. Après quoi, ils reprirent
leurs jeux. "
Car quoi qu'on veuille ou qu'on
fasse, on ne peut empêcher que, appuyés sur les statuts de 46,
les syndicats ne contrôlent ou ne régissent le déroulement des
carrières, les avancements, les mutations, les sanctions. Sauf
pour les très hauts postes, la promotion au mérite ou au
rendement est impossible; les fonctionnaires, bons ou mauvais,
progressent d'échelon en échelon à leur tour de bête.
L'absentéisme est toléré, sinon encouragé, les syndicats
ménageant leurs clientèles. Il faut qu'une faute soit
gravissime, une malhonnêteté vraiment énorme ou un scandale
vraiment patent, pour qu'une mesure disciplinaire soit prononcée.
Le coupable trouve toujours un syndicat pour le couvrir ou lui
trouver des circonstances atténuantes. La paresse, la lenteur,
l'inattention, l'erreur, toutes choses préjudiciables aux
citoyens, sont fautes vénielles et d'avance absoutes.
Les syndicats vont jusqu'à
intervenir; comme c'est le cas principalement à l'Éducation
nationale, dans les orientations mêmes de la politique
générale, allant jusqu'à la bloquer. Si le gouvernement est de
droite, il a toujours tort et s'il est de gauche, il n'en fait
jamais assez.
On en arrive ainsi à avoir un
État à double commande, l'une gouvernementale, l'autre
syndicale, avec un pouvoir contestataire installé à l'intérieur
même du pouvoir agissant. Autant dire que l'État est
schizophrène.
On surprendrait beaucoup les
syndicats de fonctionnaires si on leur affirmait qu'ils sont en
fait des " soviets ", soviets rampants, soviets latents,
mais soviets quand même, et en attente, si les circonstances s'y
prêtaient, de prise complète du pouvoir.
Un principe fondamental, qui vaut
pour toute société organisée, veut qu'il n'y ait jamais
d'interruption du service public. Sa continuité est la condition
même de son existence. Toute grève de fonctionnaires est par
essence une forfaiture collective.
Il existe un deuxième principe,
aussi impératif et aussi oublié, méconnu, bafoué. Le
fonctionnaire est à son poste pour appliquer la loi, exécuter
les ordres du gouvernement, intelligemment si possible, mais sans
les juger ni les contester
mutatis mutandis, il est dans la
situation de l'officier dont la vocation est d'exécuter les
ordres de l'état-major ou de ses supérieurs hiérarchiques, sans
les discuter. Son désaccord ne peut s'exprimer que s'il
l'accompagne de sa démission, en temps de paix, ou, en temps de
guerre, par la désobéissance, mais à ses risques et périls. Si
l'Histoire lui donne raison, il est un héros ; si elle lui donne
tort, il passe en conseil de guerre. L'idée n'est-elle jamais
venue à personne de voir se constituer des syndicats d'officiers
?
Or, personne ne voit un objet de
scandale dans le comportement des syndicats des services publics.
On pourrait dire que deux notions se sont perdues sans même que
nous en ayons conscience: celle de service et celle de public.
Qu'il y ait plusieurs syndicats de
policiers, de tendances politiques diverses, qu'il y ait un
syndicat de magistrats de gauche, ce sont là vraiment des
scandales, et hélas, des scandales admis.
Si la France décline, si elle
n'occupe plus en Europe et dans le monde la place et le rang qui
devraient être les siens, c'est en grande partie parce qu'elle
est malade de sa fonction publique. Maladie de langueur, mais qui
ne pourra durer indéfiniment. Ses organes essentiels souffrent
d'une infection pernicieuse.
Il n'est pas rare que l'on chuchote
ici ou là qu'il faudrait vraiment réformer le statut de 1946.
Mais nul n'ose le dire à haute et intelligible voix. Trop
d'effrayés répondent: " Oh ! qu'avancez-vous là! ce serait
une révolution ! "
De même, il serait temps
d'introduire des règles économiques cohérentes dans la
sécurité sociale avec une évaluation claire et précise des
risques.
20 000 EMPLOIS FICTIFS, ET QUELQUES
AUTRES AVANTAGES
20 000 emplois fictifs abritent les
administrations, dans la fourchette la plus basse. Il y a vingt
ans, on les estimait, mais estimait seulement, entre 16 et 18 000.
Car le nombre exact n'a jamais pu être établi, bien qu'il existe
un ministère de la Fonction publique qui pourrait peut-être
essayer de le savoir.
C'est là, semble-t-il, un sujet
tabou autour duquel est maintenu un épais silence..
De qui s'agit-il ? De
fonctionnaires mis à disposition des syndicats et de ce fait
dispensés de tout service. Ils perçoivent leurs émoluments,
progressent dans leurs échelons à raison de leur ancienneté.
Ils ont des bureaux; dans les ministères mêmes, et des
secrétaires; fonctionnaires également et rémunérées par
l'État. Ne sont-ce pas là autant d'emplois qui peuvent être
qualifiés de fictifs tout autant que ceux de tels ou tels agents
municipaux prêtés à la direction d'un parti politique, puisque
c'est à des syndicats politiques qu'ils sont affectés ?
Il existait jadis une règle morale
dans ces arrangements associatifs.
On fait d'abord sa journée de
travail, et ensuite on s'occupe du travail syndical. Époque
héroïque !
Nous avons aujourd'hui des
fonctionnaires de la réclamation.
À quoi servent-ils donc, ces vingt
mille inopérants, mis en congé et qu'on appelle les <
permanents " des syndicats ?
À confisquer une partie du pouvoir
ministériel, à discuter pied à pied avec l'autorité
gouvernementale, et souvent à l'emporter sur elle, à régir les
20 000 EMPLOIS FICTIFS, ET QUELQUES AUTRES AVANTAGES
Alors que le syndicalisme est
devenu de plus en plus faible dans le secteur privé, et
pratiquement inexistant dans les petites entreprises où l'emploi
est le plus précaire et le moins rémunéré; il prospère dans
l'État.
Celui-ci est le plus gros
employeur: plus de deux millions de fonctionnaires.
Nous battons là-dessus tous les
records. Or, les mesures et les méthodes qui s'imposent à toute
entreprise privée soucieuse de l'intérêt de ses actionnaires -
allégement des effectifs, diminution des coûts de production,
recherche des meilleurs rendements - sont vigoureusement
repoussées par les représentants du personnel dans une
entreprise dont les actionnaires sont tous les citoyens. Aucune
réforme ne peut être seulement envisagée sans provoquer ce que
l'on appelle pudiquement des " mouvements sociaux ".
Et l'on maintient en fonction
quantité de services inutiles, d'organismes qui ne répondent
plus aux besoins pour lesquels ils ont été créés, par crainte
de se heurter au refus des employés d'être mutés dans des
services nouveaux pour lesquels il faut engager du personnel.
Quelle manufacture pourrait survivre si elle conservait des
ateliers d'entretien pour des appareils dont nul ne se sert plus ?
Les fonctionnaires bénéficient de
la garantie de l'emploi et de la garantie de retraite. Le chômage
ne les menace jamais. Le salaire moyen, dans la fonction publique,
est, depuis une dizaine d'années, supérieur au salaire moyen
dans le secteur privé, et bénéficie d'une augmentation
automatique. Et les traitements des catégories les plus
méritantes pourraient être haussés si l'administration n'était
pléthorique et si les syndicats ne mettaient pas une telle
obstination à organiser la gabegie.
Quand donc la classe politique,
surmontant ses pusillanimités électorales, aura-t-elle le
courage de dire, à ses électeurs précisément, que la France
est malade de la syndicalisation de sa fonction publique ?
Oui, la France obéit aux ordres
d'un cadavre !
Et la honte est sur nos syndicats
de professions libérales qui acceptent encore de cautionner tout
ce système pour garder quelques petits avantages minables.
Le combat syndical aujourd'hui est
de refuser de s'asseoir avec des représentants comme la CGT ,
pour que cela change enfin dans notre pays.
Patrice Planté
Pour en savoir plus
" La France aux ordres d'un
cadavre " de Maurice Druon
De l'Académie Française, Ed. de
Fallois, Ed du Rocher.