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Le totalitarisme médiatique a encore frappé
(mais il est conforté, voire encouragé
par les propos d'une personne qui n'a, en définitive, d'assureur que le nom.)
La liberté d'expression est un droit aujourd'hui en régression, mais souvent galvaudé. Dernier exemple en date : l'"affaire Axa". De quoi s'agit-il ?
En relation avec des assureurs, différentes Associations qui œuvraient dans le domaine du handicap (UNAPEI,
APAJH, MFP) ont proposé par le passé à leurs membres de souscrire des
contrats d'assurance en cas de décès qui garantiraient le versement d'une rente viagère à leur enfant handicapé.
Et des membres ont souscrit des contrats en toute liberté et en toute connaissance de causes et d'effets.
En particulier, pour qu'il s'agisse d'une vraie Rente Survie, et afin qu'ils bénéficient des
avantages sociaux et fiscaux qui y sont attachés, ces contrats répondaient aux obligations suivantes :
- l'assuré doit être un parent de la personne handicapée ;
- seul le risque de décès de l'assuré doit être couvert ;
- il ne doit y avoir qu'un seul et unique bénéficiaire : un enfant de l'assuré qui doit être handicapé;
- il ne doit pas y avoir de valeur de rachat ; la nature de ce contrat d'assurance est donc d'être une opération de prévoyance et non d'épargne.
Quels sont les avantages de ce type de contrat d'Assurance-Vie ?
Selon l'UNAPEI, les avantages fiscaux et sociaux de la Rente Survie font de ce contrat la formule de prévoyance la plus adaptée aux familles comportant une personne handicapée.
La Rente Survie permet réellement une augmentation des ressources de la personne handicapée
Elle n'est pas prise en compte, tant au niveau des allocations versées au titre du handicap qu'en ce qui concerne la participation aux frais d'hébergement et d'entretien en foyers pour personnes handicapées.
Les cotisations versées dans le cadre d'un Contrat de Rente Survie ouvrent toujours droit à une réduction d'Impôt.
Les contrats ont été souscrits auprès de qui ? Auprès de la Caisse Nationale de Prévoyance (entreprise
d'assurance-vie publique). En 1962, les premiers Contrats de Rente Survie auprès de entreprise voient le jour. Jusqu'en 1975, ces contrats participeront, avec les pensions de réversion, des pensions de retraite, à l'obligation alimentaire qui pesait sur les parents pour le financement des établissements qui accueillaient leurs enfants handicapés. La rente viagère qui en découle est la seule ressource certaine au décès d'un parent
Mais, entre 1971 et 1975, sont survenus des modifications législatives. D'abord en 1971 (pour la moitié de la rente), puis en 1975, d'importantes lois ont institué la non-prise en compte des Rentes Survie.
Conséquence, en 1975, il y a résiliation du Contrat qui liait l'UNAPEI à la CNP à l'initiative de cette dernière et souscription d'un Contrat auprès de la Vie Nouvelle - Groupe Drouot (qui est une entreprise
d'assurance-vie privée).
Mais, en 1980, il y a résiliation, cette fois, du Contrat de Rente Survie Vie Nouvelle - Groupe Drouot, à l'initiative de
l'UNAPEI. Cette dernière préfère désormais un contrat que lui propose l'UAP (entreprise
d'assurance-vie "nationale"). Après les conclusions de l'audit mené par un expert financier et comptable, il y a mise en place d'un nouveau Contrat.
Compte tenu de la faiblesse du renouvellement des effectifs (en moyenne 150 adhésions nouvelles par an) et du nombre de décès au cours (de 120 environ en 1982),
l'UNAPEI décide, pour sa part, de prendre un certain nombre de mesures de redressement et de promotion :
1987 : Différentiation des cotisations et des rentes. Les cotisations augmentent plus vite que les rentes (entre 1987 et 1999 les cotisations ont augmenté de 50 % par rapport aux rentes).
1991 : Promotion par un réseau de professionnels de l'UAP dit "Réseau BS" (souscription d'une soixantaine de contrats).
Il reste qu'en 1991, il y a redressement du Contrat APAJH - CNP (auquel de nombreux adhérents de
l'UNAPEI avaient souscrit) : il y a résiliation de l'ancien contrat et remplacement par un contrat à cotisation trimestrielle viagère.
Compte tenu de la faiblesse du renouvellement des effectifs (en moyenne 150 adhésions nouvelles par an depuis 1982) et de l'accroissement sensible du nombre de décès au cours de cette période (de 120 environ en 1982 à 230 en 1996),
l'UNAPEI décide d'autres mesures de redressement et de promotion. Et en 1993, c'est le lancement par
l'UNAPEI et l'UAP d'un contrat à Prime Unique.
1994 : Création de la formule cotisation unique (souscription de 168 contrats pour environ 22 millions de francs de cotisations).
1996 : Fermeture d'un ancien Contrat aux nouvelles adhésions afin d'interrompre le (janvier) déficit et de limiter les effets de la baisse du taux d'escompte.
1997 : Lancement des nouvelles formules après 18 mois de neutralisation des demandes d'adhésions.
Bref, l'UNAPEI tire la sonnette d'alarme auprès des assureurs, l'UAP, dans un premier temps, AXA, dans un second temps.
Dans le cadre de la fusion AXA-UAP et malgré les alertes de l'UNAPEI, le contrat de Rente-Survie ne semble pas constituer une priorité pour l'assureur. Son traitement prend du retard. Mais on peut aussi expliquer en partie cette situation par les effets retards des
différentes modifications législatives difficiles à évaluer au début.
En 1997 mais surtout en 1998, l'UNAPEI souhaite que soit étudiée une formule de transfert, à proposer à certains adhérents sous la seule réserve que cette formule de transfert ne soit pas imposée. La promotion des formules de Rente Survie serait assurée par le réseau des agences d'AXA.
Et les négociations sont enfin entamées et aboutissent en décembre 1999.
Comme le souligne l'UNAPEI, l'assureur, dont c'est le devoir d'être prudent, et l'Association, dont c'est la mission de défendre les intérêts de ses adhérents, ont trouvé un terrain d'entente après une longue et âpre négociation au cours de laquelle, d'une part, l'un des meilleurs organismes d'actuariat et l'un des plus éminents juristes spécialisés ont assisté
l'UNAPEI et , d'autre part, le Conseil d'Administration et le Bureau de l'Union ont été pleinement associés.
S'agissant des résultats des contrats de Rente Survie de
l'UNAPEI, l'Union et AXA ont fait un constat commun : la Rente Survie est viable, mais elle doit être profondément modifiée.
Selon les chiffres présentés par AXA et confirmés par l'actuaire Conseil de l'Union, en 1997, le déficit cumulé était de 301 Millions de Francs et, en 1998, de 347 Millions de Francs.
Le type de contrat qui a été fermé en 1996 était pour l'essentiel bâti sur le principe de la répartition. Et son déficit a pour cause essentielle une sous tarification, les cotisations perçues étant trop faibles par rapport au coût de la garantie et, surtout, à un vieillissement continu de la population assurée.
Cela ne doit pas cacher que AXA a des obligations réglementaires à respecter et ces
règles ne lui permettent pas, pour le calcul de ce déficit, de prendre en compte l'espérance de vie moindre des personnes handicapées. On soulignera que ces obligations résultent d'un ensemble de mesures législatives de la décennie 1980 visant à
protéger les intérêts des assurés (loi ÉVIN garantissant la revalorisation de la rente, transposition des directives européennes définissant le provisionnement minimum du capital constitutif des rentes et le taux d'escompte maximum). Une fois de plus, les prétendus protégés seront les dindons de la protection.
l est à remarquer en passant que
Monsieur Bébéar a constitué le groupe Axa à partir des
Mutuelles Unies, entreprise "non opéable" car de
forme juridique "mutuelle", en lançant des OPA -
gagnantes - en particulier sur le Groupe Drouot, société
anonyme cotée en Bourse (dans la décennie 1980) et sur l'UAP,
société anonyme cotée en Bourse et tout juste privatisée
(dans la décennie 1990), et qu'il a hérité de ce choix de la
"croissance externe" ce type de contrat qu'est le
contrat de rente survie. En d'autres termes, AXA connaît bien
la réglementation, ce qu'il peut en gagner et ce qu'il peut en
perdre.
Conséquence du constant commun,
AXA propose, le 9 juillet 1999, une hausse tarifaire de 180%
(multiplication de la cotisation par 2,8). En raison du désaccord
affiché par l'UNAPEI, cette hausse est progressivement ramenée
à 150 % jusqu'au Conseil d'Administration du 19 novembre 1999
(qui a décidé que l'augmentation des primes ne pouvait excéder
100%). Et, le 2 décembre 1999, est signé un accord entre l'UNAPEI
et les Assurances Collectives d'AXA, il y aura une hausse
tarifaire de 100 %. Le 12 décembre, le Conseil d'Administration
ratifie l'accord : l'étude de toutes les pistes possibles,
telles qu'un contentieux ou le transfert vers un autre organisme
d'assurance, menée parallèlement aux négociations, a démontré
que la voie du partenariat était celle qui lésait le moins les
parents adhérents.
Mais, comme l'écrit l'UNAPEI
(sur son site Internet), cette hausse a une contrepartie
importante : la mise en place d'un cadre global qui offre toutes
les garanties pour les adhérents actuels ainsi que pour les
futurs souscripteurs, notamment en matière de transparence
quant aux résultats des contrats et de sécurité quant à l'évolution
des tarifs et des garanties pour les parents assurés.
L'objectif de toutes ces mesures est de renforcer la sécurité
des adhésions. En effet, autre conséquence, la négociation a
permis des avancées sur un meilleur partage des excédents
futurs, sur les critères permettant de définir le coût exact
de la garantie et sur les engagements de l'assureur concernant
la revalorisation des rentes garanties et des rentes servies. |