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Le vrai coût de
l'assurance maladie obligatoire
L'Etat et l'organisation de la sécurité
sociale – en abrégé la sécurité sociale – ne sont pas à confondre. A
l'extrême, ils n'ont rien à voir, les "droits" qui les régissent étant
différents.
L'Etat effectue des dépenses qui sont fixées et votées au préalable par le
Parlement chaque année (loi de finances) et qui sont payées par l'argent
des impôts et taxes des contribuables ou par l'argent des créanciers
volontaires qui lui prêtent.
L'organisation de la sécurité sociale effectue des dépenses qui ne sont
votées ni fixées au préalable par personne, mais qui sont payées par
l'argent des cotisations obligatoires des contribuables, par celui de la
CSG (depuis 1991) ou par l'argent des impôts et taxes que lui "affecte" le
Parlement ou l'Etat, qui n'est rien d'autre que de l'argent des
contribuables en tant que tels.
En passant, il faut savoir que l'organisation de la sécurité sociale est
une véritable galaxie d'organismes. En 2002, les comités régionaux
d’examen des comptes des organismes de sécurité sociale (COREC)
dénombraient 1106 organismes de sécurité sociale pour l'exercice 2001 (cf.
tab ci-dessous)

Il faut encore savoir qu'en 2002,
l'organisation de la sécurité sociale a reçu des contribuables en
cotisations sociales 175,6 milliards d'euros (11,5% du PIB) et en CSG 62,3
milliards (4,1%) pour ne pas parler des impôts et taxes que l'Etat lui a
affectés.
En passant, pourquoi se référer à cette année-là ? A 0,2% près, le PIB de
la France a atteint en 2002 le niveau de 10 mille milliards de francs
(niveau symbolique qui est passé inaperçu en raison de l'abandon du franc
et de l'adoption de l'euro, mais qui permet de fixer les idées
"chiffrées"). Pour cette raison et parce que les chiffres y afférant sont
définitifs, les derniers disponibles, nous prendrons cette année là pour
fixer les idées sur ce que coûte apparemment l'assurance maladie
obligatoire aux contribuables.
Il faut enfin savoir que l'organisation de sécurité sociale n'avait
pratiquement pas de compte à rendre à qui que ce soit jusqu'à la grande
réforme du "régime général" des années 1967-68 qui a fait entrer dans le
jeu la Cour des Comptes et, malgré la mission de celle-ci, jusqu'à ce que
la Commission des comptes de la sécurité sociale soit créée à la fin de la
décennie 1970. D'ailleurs, jusqu'à la réforme de 67-68, les contribuables
qui étaient immatriculés au régime général de la sécurité sociale
(principal régime de l'organisation), versaient une cotisation unique qui
recouvrait les cotisations qu'on a distinguées par la suite, à savoir
cotisations accident du travail, cotisation maladie et cotisation
vieillesse. Bref, avant 1967-68, l'assurance maladie obligatoire
n'existait pas en tant que telle au sens où on en parle aujourd'hui.
De fait depuis 1997, les choses ont un petit peu changé. Le Parlement vote
une "loi de financement de la sécurité sociale" qui tente d'informer la
représentation nationale sur les dépenses et les recettes de celle-ci et
qui comporte, le cas échéant, des objectifs de limitation non
contraignants (par exemple, objectif national de dépenses d'assurance
maladie – ONDAM -). La loi en question a pour point de départ un rapport
de la Cour des Comptes sur l'exécution de la loi de financement de l'année
précédente.
L'assurance maladie obligatoire est un des
domaines d'action de l'organisation de la sécurité sociale (les autres
étant vieillesse-retraite obligatoire, accidents du travail obligatoire,
famille obligatoire).
L'assurance maladie obligatoire n'est pas elle-même un organisme ayant la
personnalité juridique, mais un ensemble d'organismes qui ont, chacun, une
personnalité juridique (de droit public ou de droit privé) et qui ont
émergé progressivement depuis 1945, à l'instigation ou non du législateur.
L'ensemble, en tant que tel, occupe ce que les économistes dénomment dans
leur langage une position de monopole réglementaire obligatoire.
Les dépenses de l'assurance maladie obligatoire qui tiennent dans des
remboursements, des indemnisations, des réparations et des expédients
sociaux (en abrégé RIRES) ne sont pas à confondre avec les dépenses de
vous et moi – dites "de santé" par les comptables nationaux –elles n'en
sont que la partie couverte obligatoirement. Et par les temps qui courent,
il est classique de stigmatiser dans le meilleur des cas, les dépenses
d'assurance maladie obligatoire, dans le pire, les dépenses de santé qui
augmenteraient à un rythme trop élevé. En réalité, ce mot d'ordre a vu le
jour en 1952 et est devenu une rengaine.
Les dépenses de l'assurance maladie obligatoire – en abrégé, dépenses
d'assurance maladie - sont payées par l'argent des cotisations
obligatoires des contribuables, par l'argent de la CSG et par de l'argent
des impôts et taxes. L'accent est rarement mis sur ce point bien que les
cotisations obligatoires et autres versements à quoi les contribuables
sont assujettis soient la condition pour que l'assurance maladie
obligatoire puisse effectuer les dépenses en question. Pourtant
cotisations et autres versements valent le détour en 2002.
Après avoir donné des chiffres, on s'interrogera non seulement sur le
montant du coût de l'assurance maladie obligatoire qu'en définitive, le
Français moyen ne connaît pas et qui, par conséquent, peut prêter à
n'importe quel commentaire, mais encore sur sa tendance à l'augmentation
inexorable depuis l'origine. On conclura en mettant le doigt sur le coût
réel de l'assurance maladie obligatoire.
1 - Des chiffres
L'assurance maladie a reçu, en cotisations sociales obligatoires, des
contribuables dits "salariés" 63,0 milliards d'euros versés à la CNAMTS
(4,1% du PIB) et des "non salariés non agricoles" 2,6 milliards à la CANAM
(0,2% du PIB) (pour ne pas parler des contribuables classifiés autrement
dont les cotisations sont globalement négligeables par rapport à ces deux
chiffres).
D'un point de vue comptable, l'assurance maladie a aussi reçu des fonds de
… l'Etat. L'Etat lui a affecté en impôts et taxes 48,9 milliards d'euros
(3,2% du PIB), le principal de cette somme étant une partie de la CSG qui
se monte à 43,7 milliards (2,9% du PIB). En réalité, ce sont les
contribuables qui ont versé cette somme à l'assurance maladie, sans le
savoir.
Au total, en 2002, l'assurance maladie a coûté aux contribuables en argent
qu'ils ont du verser, plus de 7,5% du PIB.
Et, depuis lors, d'après ce qu'on peut savoir, mais les chiffres ne sont
pas définitifs, fidèle à sa tendance, le coût a encore augmenté après
avoir continûment augmenté depuis 1945.
2 - Il y a coût et coût
Selon l'activité qu'il mène, le contribuable moyen a les pires
difficultés pour connaître ce que lui coûte effectivement l'assurance
maladie obligatoire. Employé, les difficultés ne sont pas aplanies car lui
est posé un leurre selon quoi il existerait une cotisation "employé" qu'il
paye et une cotisation "employeur" que paierait son employeur. Ce n'est
d'ailleurs que depuis récemment qu'il peut connaître le montant de la
prétendue cotisation "employeur" qui figure sur sa feuille de paye. Il
paye les deux, point final.
Autres difficultés avec la CSG que le législateur a instituée en 1991 et
qu'il paye, d'une part, une partie est déductible de ses impôts et,
d'autre part, il ne sait pas ce que le législateur décidera d'affecter à
l'assurance maladie obligatoire et ailleurs.
Dans ces conditions, personnellement, et toutes proportions gardées, il
peut supporter un coût de l'assurance maladie obligatoire plus ou moins
élevé que les 7,5 % du PIB calculés globalement.
Il reste que ce qu'a perçu l'assurance maladie obligatoire en 2002
correspond à des richesses difficilement gagnées par les contribuables et
dont ceux-ci ont été privés, bon gré mal gré, pour qu'ils soient plus ou
moins remboursés de leur consommation de soins ou de produits de
recouvrement de la santé au cas où ils perdraient la santé et pour qu'en
toute hypothèse, il en soit de même de leurs semblables.
Et ce qu'ont versé les contribuables au titre de l'assurance maladie
obligatoire n'a été voté par personne, par aucune assemblée élue comme le
sont, annuellement, les recettes fiscales du budget de l'Etat dans le
cadre de la loi de finances et cela bien que l'obligation de cotiser à
l'assurance maladie de l'organisation de la sécurité sociale résulte du
législateur, lui qui seul a le privilège de la donner.
Jusqu'à 1995, et contrairement à l'exécution du budget de l'Etat qui a
toujours été plus ou moins suivie et surveillée en particulier par la Cour
des Comptes, l'assurance maladie obligatoire qui n'a pas de budget, a eu
des comptes qui n'avaient de comptes que ce que le conditionnement de
l'opinion mis en place voulait bien dénommer ainsi alors. Certes il y
avait la Commission des comptes de la SS qui en élaborait, mais à en
croire ce qu'écrit la Cour des comptes depuis 1995, il y a beaucoup à dire
des informations données.
Cette situation de fait est pour le moins surprenante quand on sait que l'Etat
affecte à l'assurance maladie obligatoire des impôts et taxes. On se
serait attendu à ce que l'Etat lui-même ou la Cour des Comptes surveillent
l'utilisation des fonds qu'il affectait.
Si le législateur ne vote pas le montant des cotisations que les
contribuables doivent verser à l'assurance maladie obligatoire, le
gouvernement – et la majorité politique - du moment accepte les taux de
cotisation fixés antérieurement ou en fixent de nouveau. On soulignera en
passant qu'il n'y a pas un taux unique de cotisation d'assurance maladie
(ni un taux unique de CSG), mais divers taux selon les activités
rémunérées des contribuables.
Certains diront que la méthode des montants et la méthode des taux se
rejoignent parce que les taux ont un effet mécanique une fois que le
niveau du PIB est donné, et qu'ils déterminent ainsi le montant des
cotisations.
Mais c'est oublier que les taux ont aussi un effet psychologique à ne pas
sous-estimer : selon leurs niveaux respectifs, ils peuvent faire renoncer
les contribuables potentiels à concourir à la production de richesses,
i.e. à la formation de ce PIB si importante.
Pris ensemble, les deux effets se contrarient et leur résultante n'est
autre que le montant de monnaie que versent les contribuables aux
organismes de SS compétents (que sont l'ACOSS, les URSSAF, la CGSS). On
soulignera en passant que la perception a commencé à être suivie par un
organisme, l'ACOSS, créé dans ce but, seulement à partir de la grande
réforme de l'organisation de la sécurité sociale de 1967-68. Quant aux
URSSAF, elles avaient été mises en place au début de la décennie 1960.
Bien évidemment, ces évolutions cachent autant des volontés de réduire des
coûts cernés que la nécessité de supporter de nouveaux coûts.
3 - L'augmentation permanente du coût
Depuis les ordonnances de 1945 instituant le régime général de
l'organisation de la sécurité sociale, les gouvernements successifs ont
souvent augmenté les niveaux des taux de cotisation non pas pour le
plaisir, mais, comme on le dit d'ordinaire, pour "financer" les
remboursements, indemnisations, réparations et expédients sociaux en
relation avec la maladie (en abrégé, RIRES) que devait fournir l'assurance
maladie obligatoire et dont les montants en monnaie croissaient, bref pour
ajuster les recettes aux dépenses, et que l'assurance maladie obligatoire
soit en équilibre financier.
L'augmentation des niveaux des taux de cotisation est allée de pair avec
l'augmentation du nombre de ceux-ci pour autant que progressivement le
législateur ou le gouvernement du moment subdivisait un taux existant ou
frappait d'une cotisation maladie obligatoire des activités des
contribuables qui ne l'étaient pas jusqu'alors. Périodiquement, il y a
aussi la mode de fixer ou d'abolir des "plafonds" ou des "planchers" de
taux, lesquels ont des "assiettes"… et, le cas échéant, des "fourchettes".
Résultat de tout cela, il existe aujourd'hui une toile d'araignée des taux
des cotisations qui interdit toute étude – simple - rétrospective digne de
ce nom de l'évolution. Et il faut voir en cela un coût d'information non
négligeable.
4 - Le véritable coût de l'assurance maladie
L'assurance maladie obligatoire a donc coûté, à première vue, aux
contribuables de France en 2002, aux environs de 750 milliards de francs
de cotisations. Mais ce coût cache d'autres coûts qu'il est difficile
d'évaluer compte tenu des informations et données disponibles. On en a
déjà croisé certains, mais il y en a bien d'autres, plus importants
peut-être.
Déjà, cette somme impressionnante qu'ils ont du verser bon gré mal gré car
le versement est légalement obligatoire, n'a été votée par personne. Pour
beaucoup, cet arbitraire constitue un coût remarquable. Et chacun l'évalue
à sa façon.
Ensuite, personne ne peut dire qu'un marché de l'assurance maladie au lieu
d'un monopole réglementaire à quoi les Français auraient eu l'obligation
de souscrire des contrats leur aurait coûté moins ou plus cher. Attention
aux comparaisons internationales qui comparent des données de
comptabilités nationales qui ont le plus souvent plus de différences que
de points communs. Pour beaucoup, cela constitue un coût. Et chacun
l'évalue à sa façon.
Enfin, personne ne peut dire qu'une assurance maladie non obligatoire leur
aurait coûté moins ou plus cher. Dans un contexte de liberté, la somme de
750 milliards de francs serait un indicateur du prix qu'ils donnent à
vivre "non malades". Mais dans le contexte de l'obligation, l'indicateur
est biaisé. Un indicateur moins biaisé est donné si on fait intervenir
l'assurance maladie complémentaire qui, elle, est facultative. Il reste
néanmoins biaisé en raison de la réglementation de l'assurance maladie
obligatoire et de ses répercussions possible sur la complémentaire
facultative. Bref, pour beaucoup là encore, cela est un coût. Et chacun
l'évalue à sa façon.
Toutes ces incertitudes coûteuses ne sauraient être négligées.
A l'opposé, une première chose est certaine : personne ne sait les frais
que supportent les organismes de la galaxie des organismes de l'assurance
maladie pour mener à bien leurs missions de RIRES et qui chargent le coût
de 750 milliards de francs de cotisations. Il faut s'en étonner car cela
est contraire à la vie économique en France qui est une économie de marché
plus ou moins réglementé. En économie de marché, le premier souci des
chefs d'entreprise, ce sont les coûts de production. Il faut d'autant plus
s'en étonner que, quand des firmes auraient en France cette façon de se
comporter - i.e. ne pas rendre compte de leurs coûts -, elles seraient
poursuivies en particulier par l'ACOSS, les URSSAF ou la CGSS. Pour
beaucoup, cette situation contre nature est un coût qui s'ajoute à la
charge. Et chacun l'évalue à sa façon.
Deuxième certitude : s'il y avait un marché de l'assurance maladie non
monopole réglementé, les assurés auraient des informations sur les prix et
les produits échangeables en cette matière et ils pourraient comparer les
différents assureurs maladie pour prendre les meilleures décisions. On
peut soutenir que les organismes de l'assurance maladie obligatoire
profitent de cette absence de comparaisons possibles. Et pour beaucoup de
consommateurs, cette absence est un coût. Et chacun l'évalue à sa façon.
Troisième certitude : la Cour des Comptes a suivi en partie la dépense de
la somme de 750 milliards de francs en RIRES. Les comités régionaux
d’examen des comptes des organismes de sécurité sociale (COREC) ont en
effet contrôlé un certain nombre d’organismes en 2002, mais par rapport à
2001, le nombre a diminué de 17 % (cf. tab ci-dessous).
| Répartition par type de
contrôle |
| |
2002 (comptes
2001) |
| Contrôles approfondis
des comptes et de la gestion |
252 (46 %) |
Contrôles
intermédiaires
(contrôles des comptes et suivi de la gestion) |
294 |
| Contrôles de
conformité |
0 |
| Total des
organismes contrôlés |
546 |
|
| Source : Cour des
comptes |
Et la Cour souligne à ce propos des contrôles
que :
"La nouvelle instruction relative aux contrôles prévoit un recensement des
temps de contrôle. A partir d’un sondage portant sur la moitié des
contrôles, les durées moyennes de contrôles sur place sont de 11 jours (15
jours environ, si l’on ajoute les travaux préparatoires, la rédaction des
rapports et la contradiction). Cette nouvelle instruction conduit à mieux
cibler les contrôles sur la gestion des organismes : suppression des
anciens contrôles de suivi comptable ; renforcement des contrôles dits «
approfondis » ou « intermédiaires ».
A ces contrôles s'ajoutent ceux réalisés au titre des points particuliers
demandés par la Cour, soit 53 organismes, pour la gestion de la formation
professionnelle au sein du régime général et 22 caisses d’allocations
familiales pour la mise en oeuvre des aides à la petite enfance.
Comme les années précédentes, le nombre de contrôles réalisés
conjointement par des vérificateurs de deux ou trois corps de contrôle
poursuit sa progression et représente 33,7 % des contrôles menés en 2002,
contre 24,4 % en 2001."
Dans le rapport sur l'exécution de la loi de
financement de la sécurité sociale (2003), la Cour des Comptes a aussi
fait a posteriori un point sur la somme de 750 milliards de francs –
qu'elle ne donne pas telle quelle, on peut se demander pourquoi ?- qui
laisse transparaître une certaine insatisfaction des magistrats, en
particulier sur les contrôles que la Cour a la capacité de faire. Nous ne
voulons pour preuve résumée de ce que nous avançons, que le propos
sibyllin de M. François Logerot, premier président de la Cour des comptes,
à la Commission des Affaires culturelles, familiales et sociales, le 18
septembre 2003. Dans le procès verbal de la réunion, on peut lire qu'il "…
a précisé sur ce point que la seule existence d'un financement public ne
suffit pas à déterminer la compétence de la Cour. En effet, si une loi de
1950 établit la compétence de la Cour en matière de contrôle des
organismes de sécurité sociale, les fonds versés par ceux-ci ont le
caractère de deniers privés réglementés et non de deniers publics."
Et tout cela est à la fois coûteux et source de coûts. Et faute
d'informations, chacun évalue les coûts à sa façon.
Bref, les considérations précédentes nous
conduisent à dire que le coût de 750 milliards de francs que les
contribuables ont supporté pour l'assurance maladie obligatoire en 2002
est largement inférieur au véritable coût que supportent les contribuables
du fait du système. Et ce n'est pas le numéro spécial de l'assurance
maladie de mars-avril 2004 qui réduira la différence puisqu'il n'évoque
pas la question (cf. ci-dessous).

On remarquera en passant que s'agissant de la
contribution, en moyenne, d'un salarié qu'il évoque, le périodique est
même scandaleux car il prend pour référence le salaire net moyen et non
pas le salaire complet moyen (le salaire toutes charges comprises) qui est
pour l'employeur la seule référence car c'est le prix du travail de
l'employé. Cela fait apparaître que le numéro se moque que le salarié soit
informé du véritable prix de son travail !
Autre raison pour laquelle il est scandaleux : il ne précise pas si le
chiffre des cotisations donné inclut ou non la cotisation "employeur".
Selon moi, il ne l'inclut pas et c'est donc une fausse information qui est
donnée.
A sa façon, par cette désinformation, ce "numéro spécial" contribue
spécialement aux coûts de l'assurance maladie obligatoire supportés par
chacun.
Il faut prendre en considération que ce sont
tous les coûts ignorés et non mesurés, mais bien réels, que nous venons de
suggérer, qui définissent la différence entre le coût comptabilisé et le
coût véritable de l'assurance maladie obligatoire. On pourrait expliquer
qu'ils sont nés de l'application du principe de l'obligation, qu'ils ont
cru et embelli depuis 1945 car rien ne s'y est opposé (l'obligation est le
contraire de la responsabilité individuelle) et car tout les a favorisés
(à commencer par la syndicratie).
Ce sont eux qui creusent le véritable déficit de l'assurance maladie
obligatoire et qui contribuent à la "faillite du système" pour reprendre
l'expression récente employée par M. Douste-Blazy, Ministre en exercice
chargé, entre autres, du domaine de l'organisation de la sécurité sociale.
Ces coûts n'existeraient pas dans un système de propriété, responsabilité
et échange-contrat car le processus de marché les aurait cernés sitôt
apparus et les aurait empêchés de croître car il les aurait chassés.
Ces coûts de l'assurance maladie obligatoire sont au moins aussi
importants que le coût comptabilisé aux environs de 750 milliards de
francs en 2002 (7,5% du PIB).
Georges Lane
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