Croissance, retraites, dettes

Le système français de retraites par répartition fonctionne comme les chaînes : gagnez 4 500 milliards d’euros (qui vous seront payés plus tard) en versant 12 % de vos revenus !
Avec une différence importante : cette chaîne est obligatoire.
Tant que ces cotisations permettent de payer les pensions, tout marche… jusqu’au jour où la chaîne fait apparaître l’insolvabilité du système.
Pour qu’un système de retraite soit solvable, les engagements de retraite, qui sont des créances, doivent être provisionnés, sinon ce sont des dettes.

Exemple avec la SNCF : ses salariés avaient 116 milliards d’euros de créances de retraite au 30 juin 2007 qui n’étaient pas provisionnés, donc 116 milliards de dettes.
Pour équilibrer les comptes de la SNCF, il aurait fallu payer auparavant pendant des années des salaires moins élevés à moins de salariés, ou (et) ne pas leur promettre de retraite ou (et) augmenter considérablement les prix des billets.
Ce sont donc 116 milliards qui circulent indûment sur les comptes des salariés de la SNCF et de ses clients.
C’est de l’argent non gagné pour reprendre l’expression de Charles Gave traduite de l’américain unearned money.
C’est de la création monétaire par les autorités françaises (par le décret du 7 mai 2007 qui a permis de supprimer ces 116 milliards de dettes pour la SNCF) alors que leur rôle est de respecter et de faire respecter les lois, les règlements et les règles comptables.

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Le problème actuellement n’est pas d’aligner ou pas le régime de retraite de la SNCF sur le régime général (et encore moins d’en négocier des compensations), mais de réintégrer ces 116 milliards dans les comptes de la SNCF et d’en tirer les conséquences.
La faillite de la SNCF serait actuellement une petite crise absorbable, la faillite du système de retraite français sera une crise majeure.

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Cet argent non gagné, à la SNCF et ailleurs, est dépensé, ce qui entretient la croissance du PIB qui est soutenue par une consommation qui augmente de 3 %.
La croissance en France est donc artificiellement dopée par de la création monétaire, ce qui est fondamentalement dangereux.
Une croissance forte et durable pour le plus grand bien de tout le monde repose sur de l’argent sain (sound money).
C’est un des piliers de la réussite économique comme l’ont bien compris les économistes américains, les Reaganomics qui en sont les auteurs, et même Robert Rubin, l’ancien ministre des finances de Bill Clinton.
Les comptes ne dérapent pas qu’à la SNCF. Les administrations publiques et beaucoup d’entreprises sont dans le même cas, et cela se voit dans l’hypertrophie des agrégats monétaires, en particulier dans M1, l’argent que les Euro-zonards ont sur leurs comptes courants et dans leurs portefeuilles qui se monte à 3 800 milliards d’euros contre 1 350 milliards de dollars pour les Américains (pour 300 millions d’habitants dans les deux cas).
Ces problèmes ont été résolus depuis longtemps aux Etats-Unis où tout le monde est convaincu que les fonds de pension sont la seule solution concevable au problème des retraites.
Les économistes de Work For All ont fort bien analysé ces problèmes, lire :
Le modèle social européen, le conte de fées et les faits

JP Chevallier
 

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