Hôpital, la réforme du financement impossible
sans mise à plat des structures d’encadrement administratif ?

Alors qu’une petite révolution est en train de naître avec le financement des hôpitaux par un forfait lié à la maladie et non le système mafieux des enveloppes, un petit tableau comparant les tarifs pratiqués par les établissements publics de santé et ceux pratiqués par les cliniques circule :

Il montre sans ambages que les coûts des soins du public sont quasi systématiquement plus élevés que ceux du privé.
Selon ce petit tableau :

  • un accouchement sans complication coûte 2 343 euros dans le public contre 2 035 dans le privé,
  • une appendicectomie, 2 645 contre 1 160 euros,
  • une intervention sur une tumeur maligne de l'appareil génital masculin, 4 000 euros pour le public contre 1 247 pour le privé.

Ces comparaisons confirment, si besoin était, que pour un même acte, l'hôpital public est plus cher.

Tous les médecins, les experts ou les professionnels qui se sont penchés sur la question, ou ont exercé dans les deux milieux confirment que l'efficience du secteur public est moindre.

L’évolution mécanique des frais de personnel, le reliquat du coût des 35 heures, la gestion dramatique des mastodontes que sont devenus les hôpitaux publics, notamment en Ile de France, ne manquent pas d’inquiéter.

Selon la fédération des hôpitaux, plus du double des CHU sont au bord de la faillite. C’est 700 millions d’euros de report de charges qui seraient nécessaire.

Le système économique de l’hôpital est tellement compliqué que Le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, que l'on ne peut soupçonner de partialité, après des mois de travail, à essayer d'analyser ces écarts entre établissements publics et privés. Il n'y est pas parvenu.

Dans son projet d'avis, il souligne le manque d'outils comme «des tableaux de bord, le contrôle de gestion ou la comptabilité analytique» permettant de faire la lumière sur les coûts des hôpitaux.

«Le haut conseil constate et déplore le caractère insuffisamment instruit des comparaisons public-privé, qui rend encore incertaine pour l'instant toute comparaison sérieuse... et les «affrontements stériles» finit-il par conclure.

Ce travail est pourtant impératif, insiste-t-il, pour obtenir des «résultats fiables» et permettre la tarification à la pathologie. C'est au demeurant la moindre des choses pour un secteur qui représentait 63 milliards d'euros en 2003, soit plus de la moitié des dépenses maladie

D’autant qu’une récente étude de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) pointe le défaut grandissant de qualité des soins prodigués, avec les infections nosocomiales, les interventions ou hospitalisations non justifiées, prescriptions inappropriées. : Rien que pour les infections nosocomiales on parle d’un surcoût de près de 200 millions d’euros, évitables en réanimation.

Est ce à dire qu’il faut fuir l’hôpital lorsqu’on est malade ?

On notera que l’encadrement administratif et la compétence des gestionnaires (issus d’une école voisine de l’ENA) n’est pas remise en question.
Pourtant, il y aurait bien des choses intéressantes à mettre à plat dans ce domaine. (transparence des appels d’offres,..)

L’offre de soins de l’hôpital public a été phagocyté par l’administration.
Nos confrères hospitaliers devraient en prendre conscience et proposer la seule vraie réforme possible pour sauver leur art, la privatisation.

 

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