LE DEBARQUEMENT D'AMAZON.COM ET LE PRIX DU LIVRE

Un nouveau problème éclate devant les pouvoirs socialistes : le prix du livre.

La librairie Amazon qui est la plus grande librairie du monde et vend uniquement sur Internet débarque en France. Elle ne s'embarrasse pas des lois totalitaires et le prix fixe du livre risque d'en souffrir. L'émoi est grand : la sacro sainte règle du prix unique va-t-elle disparaître devant cet américain.

Actuellement, selon la loi française les libraires sont obligés de vendre au même prix partout sauf une possibilité de rabais de 5%. L'objectif avoué est de protéger les petits libraires contre les rabais importants que pourraient pratiquer les grandes surfaces. Les tenanciers du pouvoir dictatorial prétendent en plus que cela encouragerait les "bons" livres et une littérature de qualité.

Ces objectifs, évidement, ne tiennent pas la route. Pourquoi des fonctionnaires auraient-ils la compétence de décider des livres de qualité ?
Pourquoi ces gens qui détestent les entrepreneurs auraient-ils le droit de décider que telle libraire est à favoriser par rapport à telle autre ?

En plus, comme toute mesure autoritaire, elle se retourne contre ses objectifs affichés.

Les grands éditeurs et les grandes librairies, grâce au prix unique, augmentent leurs profits ; ce faisant, ils accumulent des moyens leur permettant de croître plus vite. Où est la protection des "petits" dans cette affaire ? 

Les lecteurs souffrent de prix plus élevés que si la liberté régnait ; en fait, ils sont donc limités dans leurs achats : on prétendait privilégier la lecture et on la rationne.

En Belgique, le prix fixe n'existe pas, alors qu'en Autriche, pays de taille comparable, il est en vigueur. Cela n'empêche pas qu'en Belgique on publie deux fois plus de livres qu'en Autriche.

Bien sûr pour conjurer la menace, il va y avoir des fêtes, ce qui est le complément normal de toute politique autoritaire.

On va chercher à aligner les autres pays européens dans la guerre du prix unique ; d'où le projet d'un colloque sur "l'économie du livre dans l'espace européen" les 29 et 30 septembre à Strasbourg. 
La fête, comme dans toute gesticulation de ce type, va battre son plein sans que rien de vraiment nouveau puisse sortir de la gesticulation.

D'ores et déjà, cette nouvelle affaire a, comme il est d'usage, amené la "production" de phrases idiotes.

Voici ce qu'a dit, à ce propos, Catherine TASCA : "Il faut construire un espace numérique culturel dense, pluriel, auquel la richesse et la diversité de la création donneront sa dynamique et sa légitimité".

Le Ministre de la culture n'existe financièrement que s'il réglemente et prononce des phrases dont la prétention n'excède que la vacuité.

Merci d'avance à celui de nos lecteurs qui aurait compris la phrase citée de bien vouloir nous l'expliquer.

Michel de Poncins 

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