Analyse au 15 septembre 2006

Comme la croissance du PIB est à zéro aux Etats-Unis depuis le mois d’août, elle sera très faible, voire négative en France à partir de la fin de cette année et au cours du 1° semestre 2007. Ces prédictions se basent sur l’analyse des marchés de l’obligataire public qui anticipent parfaitement bien 6 mois à l’avance le niveau de la croissance du PIB. Le Bund allemand est la référence dans la zone euro :

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Un écart supérieur à 50 points de base entre le 10 ans et le 2 ans était en concordance avec une croissance proche de la normale, ce qui correspond à la situation de 2006, mais il a plongé depuis le mois de mai 2006 car il est apparu que la chute de la croissance américaine (le collapsus annoncé) allait se traduire par une récession dans la zone euro, comme l’atteste le plongeon de cet écart qui vient de tomber à 12 points de base depuis hier :

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La croissance du PIB est inversement proportionnelle à la création monétaire qui est définie comme la différence entre l’augmentation de l’agrégat M2-M1 (en monnaie courante) et (moins) le taux de croissance du PIB réel. Quand la création monétaire augmente, la croissance du PIB diminue, et inversement.

Par exemple : quand la croissance du PIB aux Etats-Unis est stabilisée à 3 % pendant quelques mois (à son potentiel optimal), cette création monétaire est également stabilisée à 3 % (l’agrégat monétaire M2-M1 augmente alors de 6 % en monnaie courante). Mais une telle situation n’existe pas car la croissance du PIB n’est pas égale pendant plusieurs mois de suite. Des fluctuations sont produites dans un premier temps par la variation de la création monétaire : quand cette création monétaire augmente de 4, 5 à 6 %, alors le taux de croissance du PIB décroît à 2, 1 et 0 %.

La création monétaire M2-M1 varie du fait de la politique monétaire de la Fed : quand les membres du FOMC augmentent leur taux de base au dessus de la neutralité, la création monétaire M2-M1 augmente et ensuite la croissance du PIB diminue.

Les membres du FOMC ont voulu faire baisser la croissance du PIB : ils ont augmenté leur taux de base au dessus de la neutralité (depuis octobre 2005) et l’agrégat M2-M1 augmente plus vite que la croissance du PIB réel (la création monétaire augmente car les Américains épargnent pour faire face à un avenir qui s’annonce mal). En 2006, la croissance du PIB est tombée de 5,6 % à 2,9 % au 2° trimestre.

La politique monétaire accommodante de la Fed de 2001 à 2005 a provoqué une création monétaire à un niveau bas. Ainsi, la croissance du PIB a été supérieure à son potentiel optimal en 2004 et 2005 (après la guerre en Irak) car les Américains ont dépensé leurs dollars pour acheter la maison de leurs rêves. Le renforcement de la demande a stimulé l’offre.

La variation de la création monétaire dans une direction induit celle de la croissance du PIB dans le sens contraire. Finalement, la politique monétaire de la Fed régule la croissance du PIB.

 

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