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L'autosatisfaction
de l'étatisme français
Florilège de déclarations de M.
Lionel Jospin, premier ministre, interviewé le 17 avril de l'an
de grâce 2001, sur France 2, par Françoise Laborde, Olivier
Mazerolle et Gérard Leclerc.
Tout va bien
O.M. "En quatre ans, depuis
1997, est-ce qu'on peut dire que cela a été des mauvaises
années pour la France ?
L Jospin : " Honnêtement,
je ne crois pas. Nous avons une croissance forte, le chômage a
reculé - là, ce n'est pas interpréter l'humeur des Français,
c'est un fait : 1 million 500 000 emplois créés, 1 million 500
000 chômeurs de moins -, nous avons réduit nos déficits
publics, réduit notre endettement, nous avons fait des
réformes sociales. Il me semble donc que nous allons dans la
bonne direction."
Cocorico
L.J. :"La France, regardée
de l'extérieur est considérée aujourd'hui comme le moteur
économique de l'Europe et est même le pays qui a le plus fort
taux de croissance des grands pays développés." (En fait,
l'État français, parmi les grands pays développés, est celui
qui ment le plus à son propre peuple à propos de ses
performances économiques).
O. Mazerolle :... "Quand
est-ce que va s'arrêter cette montée de la délinquance ?
L.J. : "Nous viendrons à
bout de la délinquance comme nous avons vaincu - ou commencé
à vaincre - le chômage. La violence est dans la société
elle-même : elle a des sources sociales, des sources urbaines,
il y a des problèmes d'intégration, des problèmes de
non-connaissance de règles et nous sommes là pour rappeler les
règles."
Je souhaite en finir avec la
cohabitation, mais ce n'est pas un problème
L.J. : "La cohabitation
n'est pas un problème. Je pense que ce n'est pas le meilleur
système pour diriger un État. Je souhaite que les Français -
ils en seront juges - fassent un choix différent par rapport à
la question de la cohabitation. Je ne tranche pas sur "vers
qui" iront leurs suffrages aux élections législatives ou
à l'élection présidentielle. Mais la cohabitation au bout de
quatre ans n'est pas un problème."
La SNCF ? Ça roule...
L.J. : "La SNCF est une
entreprise qui va bien" (avec seulement 60 milliards de
concours publics chaque année...)
Jospin homme de son temps ?
Jospin libéral ? Un soupçon très injuste...
L.J. : "Je ne suis pas un
libéral personnellement, donc je ne me résigne pas à la
mondialisation."
L'étatisme ? Une chance pour la
France :
L.J. : "Je constate que
quand il y a des problèmes, c'est quand même vers le
gouvernement qu'on se tourne." (avec succès ?)
Il y a eu "avant
Danone" et "après Danone"...
L.J. : "Le gouvernement
n'accepte pas."
G. Leclerc : C'était avant
Danone. Maintenant ?
L.J. : "Maintenant, je pense
que nous pouvons ouvrir des directions différentes d'action.
Nous allons en discuter avec les partenaires sociaux là aussi,
avec le ministre de l'Emploi et avec les parlementaires de la
majorité. Je pense qu'il y a trois directions dans lesquelles
nous pouvons aller : renchérir le coût de licenciements pour
les entreprises qui font des profits ; exiger de leur part des
efforts en termes de réindustrialisation sur le site ; leur
demander de renforcer leurs efforts de reclassement."
O. Mazerolle : Ce sont les trois
exigences à la fois et non l'une ou l'autre ?
L.J. :"Ce sont trois pistes
dans lesquelles on peut aller, trois pistes qui
s'additionneraient. Mais nous allons en discuter avec les
parlementaires car je n'accepte pas l'argument que j'ai entendu,
notamment de la part de M. Madelin, qui consistait à dire qu'il
est normal que les entreprises licencient quand elles font des
profits car c'est pour éviter de le faire quand elles seraient
en difficulté. Comme je constate que lorsque les entreprises
sont en difficulté elles licencient, si elles licencient aussi
quand elles font des profits, alors il y a véritablement
problème. Je pense que le Gouvernement a marqué clairement
qu'il n'acceptait pas ces évolutions."
En vérité, après Danone, il
y a le café et l'addition. L'addition ? Le contribuable payera
!
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