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Les entreprises publiques ont doublé leurs bénéfices !
Le rapport annuel de l'Agence des participations de l'État (APE) révèle qu'en 2005 les entreprises publiques ont pratiquement
doublé leurs bénéfices par rapport à 2004, enregistrant 12,19 milliards d'euros de résultats nets contre 6,44 milliards l'année précédente
dixit Le Figaro du 11 octobre 2006. Qu’en penser ?
Les entreprises sont par essence privées mais certaines peuvent être publiques. Ainsi, le métro de New York entre dans le cadre
de ce qu’on appelle une entreprise publique car il rend un service pour l’ensemble de la population sans chercher à faire des bénéfices et sans
recevoir de subventions : les voyageurs paient la totalité des charges du service qu’ils utilisent, incluant les provisions pour payer à l’avenir les pensions
des salariés du métro. Il est possible d’imaginer d’autres solutions, mais celle qui est adoptée a l’avantage de satisfaire la plupart des Américains au
moindre coût.
Les entreprises publiques en France ne respectent pas ces règles comme le montre l’exemple de la RATP qui reçoit des
milliards d’euros de subventions et d’avantages de diverses entités publiques (l’Etat, la région Ile de France, la ville de Paris, la Sécurité Sociale, etc)
et le produit de taxes sur les transports payées par les entreprises. Par ailleurs, beaucoup de voyageurs ne paient pas la totalité de leur billet ou de leur
abonnement car bénéficient de divers avantages. Ensuite, la RATP ne provisionne pas les charges de retraite de ses salariés. Dans ces conditions, les comptes
publiés ne donnent pas une image fidèle de la réalité. Il en est de même dans la plupart des autres entreprises publiques qui n’ont donc pas dégagé en
réalité 12,19 milliards d'euros de résultats nets en 2005. Au contraire ! Si l’on comptabilisait correctement leurs charges relatives aux seules
retraites, le déficit serait colossal (les dettes accumulées seraient de 300 milliards d’euros d’après le chiffrage de Jean Arthuis pour les seules
entreprises publiques en 2004).
Pour que les comptes des entreprises publiques donnent une image fidèle de la réalité, il faudrait supprimer les
subventions et les aides dites sociales. Dans ce cas, c’est un déficit bien réel qui devrait apparaître. Il y a donc un certain nombre de milliards d’euros
qui circulent indûment en France. Ils sont visibles dans l’hypertrophie de la masse monétaire M3 de la zone euro et plus précisément dans l’agrégat M1
qui correspond à l’argent qui se trouve dans les portefeuilles des ménages et sur leurs comptes courants : 3 570 milliards d’euros soit 43 % du PIB contre
1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis soit 10 % du PIB pour 300 millions d’habitants dans les deux cas. La France n’est malheureusement pas la seule à
ne pas maîtriser les dépenses publiques et ces problèmes sont en partie occultés par la disparition des données concernant la masse monétaire au niveau
national à la suite de l’adoption de l’euro. Pour le moment, les Allemands, en dégageant une balance commerciale largement excédentaire, acceptent de
supporter les frasques du Club Med…
Les dérapages monétaires ont des conséquences très graves et durables comme le montre le Japon qui est paralysé par une
profonde déflation depuis une quinzaine d’années car la masse monétaire M3 représente 220 % du PIB.
Ces désordres dans la structure des agrégats monétaires se voient également dans le niveau des taux des banques centrales et
des rendements des bons du Trésor à 10 ans. Ils sont proches de la normale aux Etats-Unis car il n’y a plus de dérapages monétaires : les taux de la Fed sont
à 5,25 % contre 3,25 % pour la BCE et 0,25 % pour la BoJ et le 10 ans est aux alentours de 4,7 % contre 3,7 % pour le Bund allemand et 1,7 % au Japon
actuellement.
La croissance du PIB dépend, toutes choses égales par ailleurs, de la structure de la masse monétaire. Quand elle est normale,
comme aux Etats-Unis, la croissance du PIB est proche de son potentiel optimal (3,5 %) mais elle à zéro au Japon, telle est la sanction du dérapage des
comptes publics et des agrégats monétaires. La croissance se situe entre ces extrêmes en Europe (la forte croissance du 1° trimestre est éphémère car elle a
été tirée par celle des Etats-Unis qui était exceptionnellement élevée à 5,6 %).
Dans les années 60 la croissance a été très forte au Japon et en France (et même supérieure à celle des Etats-Unis) car la
structure de la masse monétaire était normale grâce à la politique monétaire pertinente initiée par Jacques Rueff. Cette situation aurait pu se
perpétuer, mais malheureusement, après lui, il n’y a plus eu au pouvoir d’économiste libéral ayant une bonne culture monétaire. L’adoption de l’euro a pour
effet d’occulter ces problèmes monétaires dans une masse où les responsabilités sont diluées.
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Pour comprendre le mécanisme de la création monétaire en France, il faut partir de l’observation des comptes d’une
entreprise. Le produit de ses ventes permet de couvrir ses charges, en particulier de personnel, mais dans le cas des entreprises publiques les clients
ne paient pas le juste prix qui permettrait d’équilibrer les comptes. Pour cela il faudrait par exemple diminuer les charges de personnel tout en fournissant
les mêmes prestations, ce que font ordinairement toutes les entreprises françaises dont la productivité horaire est très élevée (au 2° rang dans le monde
d’après l’OCDE). Les salariés de ces entreprises publiques perçoivent donc des revenus qui ne sont pas réellement payés par les clients : c’est de
la monnaie non gagnée, de la vraie monnaie mais sans contrepartie réelle. C’est de la création monétaire qui empêche la croissance
d’atteindre son potentiel optimal (car la croissance est inversement proportionnelle à la création monétaire).
Pour équilibrer les comptes des entreprises publiques une autre solution serait d’augmenter les prix des services
publics. Les clients auraient ainsi moins d’argent disponible. Là aussi, en maintenant des tarifs trop bas, les entreprises publiques contribuent à
faire circuler de la monnaie non gagnée.
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Une autre solution existe pour résoudre en grande partie et relativement rapidement ces problèmes monétaires et restaurer une
croissance durable de 5 % sans chômage : celle qui a été adoptée par les Irlandais qui ont diminué le taux des prélèvements obligatoires à son optimum de 34 %
du PIB (selon le mode de calcul de l’OCDE, soit 55 % pour la France en 2005). Pour cela, il faudrait là encore remettre les comptes de toutes les
entreprises publiques en ordre, c’est à dire supprimer les caractéristiques publiques des entités qui ne relèvent pas des seules prérogatives régaliennes
de l’Etat.
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La Vieille Europe ne veut pas appliquer des solutions libérales. Elle a tort, d’autant plus que les pensions de
retraites n’ont pas été provisionnées. Pour la première fois, une étude chiffre le montant de l’ardoise ! Il est impressionnant…
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