On prépare l'opinion à la grande CATA….

On apprenait le 12 janvier 2001, par l'Agence France Presse, que le MEDEF confirmait l'absence de base juridique pour continuer à gérer le régime complémentaire de retraite qui finance la retraite des 60 à 65 ans.
Engagées le 3 mars dernier dans le cadre de la " refondation sociale ", les discussions sur l'avenir de ce régime complémentaire sont donc closes.
Le MEDEF ne veut plus prolonger l'existence de la retraite obligatoire à 60 ans mais favoriser " la retraite à la carte " système qui ferait varier le montant de la pension selon l'âge de départ et la durée de la cotisation. Il s'appuie sur la nécessité de réformer le système actuel du fait du vieillissement de la population française.
De leur coté, les syndicats unis autour d'une plate forme commune depuis l'ouverture des débats, dénoncent la politique du MEDEF et souhaitent transformer en une association pour la gestion du fonds de régulation en reprenant la totalité des droits et engagements jusqu'en 2003.
C'est ce système de retraite à 60 ans qui vient de voler en éclats.

Nous avons toujours prétendu que la retraite à 60 ans était une aberration humaine, emprisonnant ainsi celui qui acceptait de vivre près de 20 ans sous la dépendance de prestations para étatiques.
Le MICA chez les médecins, est dans la même situation, virtuellement en faillite.

Sur le plan juridique, le MEDEF prétend que le contrat le liant avec les autres syndicats est terminé, et en cela, il n'existe plus de base juridique pour l'AFP.

Nous disons que tous les régimes complémentaires de retraite français sont par nature sans base juridique sérieuse, que ce soit AGIRC à ARRCO et bien sur tous les régimes complémentaires des indépendants. 
Ils échappent par exemple à la compensation nationale et ne rentrent pas dans des mécanismes de répartition comme le régime de base. 
Ils ne sont ni contractuels ni provenant de la Loi puisque institués par décret.
Ils s'apparentent mécaniquement à de la capitalisation pure et dure, transformant toutes les caisses sociales, d'essence mutualiste, en véritable opérateur économique privé, alors même que toutes les caisses sont issues de la Loi sur les associations de 1901 ou du code de la Mutualité pour leur fonctionnement administratif.

Grâce aux régimes complémentaires, les syndicalistes représentatifs ou para fonctionnaires, achètent et vendent des biens mobiliers et immobiliers comme n'importe quelle assurance, sans apporter aucune garantie, aucun contrôle sérieux d'une structure indépendante. Par exemple, aucun bilan n'est soumis à une structure équivalente à la COB, par exemple aucun bilan n'est déposé à un registre du commerce,..

Les caisses autonomes de retraite des indépendants sont dans une situation identique lorsqu'elles gèrent avec leurs régimes complémentaires des immeubles, des baux commerciaux, des forêts, des maisons de retraite, …, venant ainsi concurrencer d'une façon déloyale n'importe quel père de famille qui souhaiterait devenir marchand de biens.
Rappelons tout de même que tous ces organismes paritaires sont exemptés de droit d'enregistrement lors des achats immobiliers, de taxe sur les salaires, de taxes professionnelles, etc..

Pire, les " gestionnaires " syndicaux sont en fait des capteurs de patrimoine au profit de placements étatiques comme les obligations d'Etat, favorisent le marché immobilier corrompu de la ceinture parisienne…

Tous ces organismes gestionnaires de régimes complémentaires sont des petits paradis fiscaux où l'on se demande pour qui on blanchit l'argent des salariés et des indépendants !

Institutions de droit privé gérées paritairement, elles ont été créées par des conventions collectives ou des accords signés par des partenaires sociaux dont la représentativité laisse plus qu'à désirer en terme d'adhérents actifs.
Normalement, il s'agit donc d'une gestion privée où l'Etat n'est pas parti prenante.
Structure indéterminée, ce sont des mannes financières pour les syndicats.
Leurs rendements ont fait l'objet de sérieuses critiques de la part de la commission européenne, à tel point qu'un projet de directive est à l'étude devant le parlement européen.

Que la politique de rupture du MEDEF soit reprise par les médias, traduit également un véritable séisme politique.

On parle enfin de la catastrophe à venir des retraites en France.
Et c'est probablement le plus important.
Dans les bus, les trains, en voiture, en famille, à l'usine et dans les bureaux, partout, grâce à la presse nationale qui ne fait que reprendre les nouvelles de l'Agence France Presse, on prépare l'opinion publique à un grand soir : la faillite de la gestion paritaire de la sécurité sociale.

Cette nouvelle de l'AFP doit être examinée de la même façon que le succès médiatique du livre de Gérard Maudrux.

C'est en cela que l'arrêt des négociations du MEDEF nous paraît intéressant.

C'est un petit tremblement de terre qui aura des ondes de choc dans les mois à venir.

Il ne reste plus qu'un petit juge, au féminin ou au masculin, suffisamment janséniste pour aller examiner les comptes des syndicats représentatifs des organismes paritaires.

Encore un petit effort.

Patrice Planté
  

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