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Certains réforment d'autres s'y refusent
Au moment où l'Italie s'apprête
à basculer vers une politique nouvelle promise pour clairement
libératrice de son économie, certains hommes de l'État,
particulièrement en France, semblent bien décidés à sauver
le poids colossal des systèmes étatiques en Europe.
Ainsi le 10 mai, à l'Assemblée
Nationale française, venait en discussion le projet d'une Loi
dite " DDOS ". DDOS = Diverses Dispositions d'Ordre
Social Éducatif et Culturel. Le sigle désigne une pratique
française typiquement technocratique visant à faire voter,
tous les 6 mois, comme Loi de l'État un catalogue
particulièrement soporifique de dispositions techniques passant
inaperçues à l'opinion. Celui-ci contenait notamment un
article tendant à donner une existence autonome au Fonds dit
" de réserve des retraites " qui va devenir, par la
grâce de cette norme juridique aberrante, un Établissement
public a caractère administratif.
Cette disposition a été
adoptée dans l'indifférence. L'article a été voté par 26
voix Pour (PS + Radicaux + Chevènementistes + Verts) et 8
Contre (RPR + UDF + DL + Communistes). Rappelons que
l'Assemblée compte 577 députés. 543 ne s'y sont pas
intéressés.
Pourtant Mme Guigou a évalué à
1 180 milliards de francs les capitaux que gérera d'ici 2020
cet Établissement public à caractère administratif créé en
vue de pérenniser la retraite par répartition pour les 20 ans
à venir. Comment seront gérés ces fonds ? Par qui ? À quoi
aboutira la détention de tels capitaux financiers qui se
trouveront entre les mains des hommes de l'État ? Quelle
rentabilité sera assurée de la sorte aux braves cotisants ?
Questions futiles, sans doute.
Le principe du Fonds de Réserves
a été adopté en 1999 au sein du Fond de Solidarité
Vieillesse. Il a, jusqu'ici, été alimenté par une
parafiscalité opportuniste dont la plus spectaculaire
illustration aura été les licences UMTS. Ce devait être un
pactole miraculeux, imposé finalement via les opérateurs ayant
investi dans une licence, aux utilisateurs. Et puis les
résultats semblent très inférieurs aux promesses. Comment Mme
Guigou peut-elle chiffrer à 1 180 milliards de francs en 2020
la capitalisation de ses parafiscalités aléatoires ? Il y eut
quand même quelques députés d'opposition pour sourire.
Quant au fond, il est assez
lamentable que la France en reste à cette volonté absurde de
pérenniser la répartition, en servant pour cela de réserves
qui seront... capitalisées, et " capitalisées " par
l'État, pardon par un Établissement public à caractère
administratif.
Le lendemain, en effet, quoique
social démocrate, le gouvernement allemand faisait avaliser par
sa Chambre Haute l'évolution vers la capitalisation. Pendant
des mois l'opposition de droite avait cherché à bloquer
certains aspects de cette réforme et elle est très puissante
au Bundesrat, Conseil Fédéral allemand représentant les
Länder. Notons cependant qu'en Allemagne tout le monde
s'accorde désormais sur le principe de l'évolution vers la
capitalisation. Le patronat, les chrétiens démocrates, les
chrétiens sociaux bavarois et les libéraux contestent
simplement certains aspects techniques de la réforme proposée
par Walter Riester, ministre socialiste du Travail. À partir de
2002 et jusqu'en 2008, un montant fiscalement déductible
passant de 500 euros/an à 2000 euros/an pourra être placé sur
un plan d'épargne par capitalisation. Mieux encore, une partie
de cette épargne vieillesse pourra être convertie à l'âge de
65 ans en achat d'un appartement ou d'une maison. Cette réforme
favorable à l'épargne personnelle va bien entendu entraîner
des conséquences très positives pour la finance allemande et
pour l'économie allemande. On notera que les syndicats
allemands ont accepté, pour maintenir le taux de cotisations
actuellement de 19,1 % au-dessous du seuil de 20 %, un recul du
niveau moyen des retraites versées en répartition de 69 % à
67 %...
D'autres grands pays procèdent
à des réformes fécondes. Ainsi la Russie, toujours
présentée comme irréformable, chaotique et désespérante,
avait procédé en 2000 à l'instauration d'une fiscalité
résolument libérale, en adoptant la taxe plate (" Flat
Tax " proposée sans succès par l'ultra droite
américaine) à hauteur de 13 % sur tous les revenus. Ceci avait
fait du contribuable russe l'un des moins imposé du monde à
compter de cette année. Entrée en vigueur le 1er janvier,
cette réforme a permis un véritable bond en avant au 1er
trimestre des recettes fiscales russes : 48,8 milliards de
roubles soit une hausse de 63 % par rapport au 1er trimestre
2000...
Pendant ce temps-là, en
France... Alice Borghese
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