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Un petit coin de liberté
En France, la liberté de choix
thérapeutique et le libre accès aux médicaments européens deviendraient ils
enfin une réalité pour les médecins et leurs patients ?
Une décision historique vient d’être
prise par la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) après une
procédure de plus de 7 ans menée par un laboratoire espagnol, condamnant la
discrimination administrative dont étaient victimes les patients français au
regard des autres patients européens.
Désormais le patient français peut
importer pour son usage personnel tout médicament légalement commercialisé
dans un autre État membre de l’Union Européenne dès lors que le médecin le lui
a prescrit comme étant le plus approprié à son, cas.
La procédure d'autorisation préalable
qu'impose la France à l'importation de médicaments à usage personnel (non
réalisé par transport personnel), légalement commercialisés dans l'État membre
d'exportation, est incompatible avec les règles du traité, estime la Cour
européenne de justice dans une arrêt rendu le 26 mai.
Dans l’affaire (C-212/05), la
Commission européenne avait été initialement saisie d'une plainte d'un
fabricant espagnol ayant fait l'objet de poursuites judiciaires en France,
pour avoir expédié à des patients français des médicaments sans disposer de
l'autorisation d'importation délivrée par les autorités françaises.
Le code de la santé publique impose en
effet au patient de demander à l'administration une autorisation préalable à
l'importation personnelle et de fournir certaines informations dont il ne peut
toujours disposer.
Cette plainte a conduit la Commission
à examiner plus longuement le régime français d'importation des médicaments à
usage personnel et elle a introduit un recours devant la Cour de justice.
Le recours de la Commission visait trois situations d'importations (non
réalisée par transport personnel):
-
les médicaments autorisés en France et
dans l'État membre d'achat,
-
l'importation d'un médicament
légalement mis sur le marché dans l'État membre d'exportation,
-
et les médicaments non autorisés en
France, mais dans l'État où ils sont achetés.
Dans ces trois cas de figure, la Cour
juge que la procédure d'autorisation n'est pas justifiée. La France n'a pas
démontré que des raisons de protection de la santé l'imposent. Dans le cas des
médicaments non autorisés en France, par exemple, la réglementation française
dispense d'autorisation leur importation par transport personnel, alors que
les règles générales relatives aux autorisations d'importation commerciales
sont en principe applicables lorsque l'importation n'est pas réalisée par
transport personnel. La Cour estime que cette mesure ne respecte pas le
principe de proportionnalité par rapport à l'objectif poursuivi de sauvegarde
de la santé publique. Il y a donc restriction à la libre circulation des
marchandises et la France est condamnée pour manquement.
C’est donc un pan entier de l’affreux
code de « la maladie » publique qui tombe, et ceci malgré les oukases de nos
fonctionnaires politiques.
On notera la détermination nouvelle de
la Cour de Justice des Communautés Européennes, probablement à relier à
l’effondrement de l’influence et de l’image de la France en Europe.
Une lueur d’espoir donc.
Patrice Planté
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