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AVEC LA BÉNÉDICTION DES COMMUNISTES
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2001 a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 31 octobre, Mme Guigou a obtenu l'abstention des communistes après avoir multiplié les gestes en leur direction. Les autres groupes de la majorité plurielle ont voté pour, la droite contre. Le vote a été acquis par 284 voix contre 237.
La semaine précédente, les communistes et les Verts s'étaient abstenu pour la première fois depuis 3 ans sur la partie recettes du projet de budget de l'État.
Pour le PLFSS, le groupe communiste s'est de nouveau abstenu, mais il avait constamment agi de la sorte depuis 1997. Ce vote, même s'il est identique à celui sur le budget de l'État, n'est pas interprété officiellement, cette fois, comme un message de mécontentement à l'égard du gouvernement. L'an dernier, par exemple, le groupe PCF avait annoncé, au contraire, son intention de voter contre le texte avant de choisir, au dernier moment, une "abstention fortement teintée de contre".
Par exemple, le président du groupe parlementaire socialiste, M. Jean-Marc Ayrault, a cru pouvoir déclarer le 31 octobre qu'il voyait dans l'expression des communistes "une abstention positive, différente de l'abstention expectative d'il y a huit jours". Selon lui, ce résultat aurait été obtenu, grâce à la "très bonne méthode de préparation au sein de la majorité plurielle" et grâce à l'attitude d'Élisabeth Guigou qui a permis de "détendre l'atmosphère". Est-ce à dire que Mme Aubry ne détendait pas l'atmosphère avec les camarades de la CGT et du parti ?
Toute la semaine, pendant les débats, les négociations de coulisses avaient fait rage entre le gouvernement, les communistes, et, dans une moindre mesure, les autres composantes de la majorité dite "plurielle".
Face aux députés, Mme Guigou s'était livrée à une véritable opération de séduction, particulièrement en direction du groupe PCF. Elle voulait éviter que ce groupe, sans lequel la majorité "plurielle" serait remise en cause, vote contre le premier texte qu'elle défendait en tant que ministre du "social". Car tout au long des débats, certains députés communistes, dont l'inoxydable stalinien Gremetz, ont brandi la menace d'un vote contre. Ils estimaient que ce serait dans la logique du vote "coup de semonce" sur le budget. Finalement, le groupe PCF a "pris en compte le contexte". "Nous avons été mieux écoutés et mieux entendus et nous avons noté quelques pas que nous considérons utiles", a souligné la députée maire de Nanterre Mme Jacqueline Fraysse orateur intervenant au nom du groupe communiste.
Sans modifier la logique générale du texte, Mme Guigou a donc multiplié les gestes en direction des communistes, parfois pathétiques. Elle a concrétisé l'abrogation de la loi Thomas votée en 1997 sur les fonds de pension, maintes fois promise par le gouvernement depuis le discours d'investiture de Lionel Jospin en juin 1997. Rappelons que les décrets d'application de cette loi (d'initiative parlementaire et non gouvernementale, défendue depuis de longues années au Sénat par M. Marini sénateur maire de Compiègne) n'avaient jamais été publiés par le gouvernement Juppé, fort réticent face à cette loi pourtant bien prudente.
Par ailleurs, pour complaire aux pressions cégétistes, on a voté une revalorisation de 2,2 % du minimum vieillesse alignée sur celle des retraites, la prise en charge des frais de lunetterie jusqu'à 18 ans et, le relèvement à 3 600 F du plafond de ressources ouvrant droit à la Couverture maladie dite universelle.
Mme Fraysse n'a pas explicitement dédaigné ces "efforts" matériels du gouvernement. Mais le groupe du PCF vise tout autre chose. Le PCF refusera de voter la Loi de financement de la sécurité sociale tant que le gouvernement refusera d'élargir à la valeur ajoutée des entreprises l'assiette des cotisations patronales de Sécurité sociale et "de faire contribuer les revenus des placements financiers des entreprises". Avec beaucoup de mépris, Mme Fraysse a déclaré "J'ai été amenée à qualifier ce texte de " sans souffle et sans ambition " […] Le groupe communiste maintient cette appréciation. En effet, alors que la croissance reprend et que l'INSERM souligne la persistance, voire le creusement des inégalités, nous attendions des mesures significatives. Force est de constater leur absence".
JGM
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