L. Jospin et J. Chirac au congrès de la FNMF

Le chef du gouvernement M. Lionel Jospin a rendu visite le 8 juin et M. Jacques Chirac chef de l'État, le 10 juin au XXXVI° Congrès de la Fédération Nationale de la Mutualité Française ( FNMF).
Pas question d'appliquer aux mutuelles les règles des assureurs! Le projet de réforme du Code de la Mutualité respecte les "valeurs fondamentales de votre mouvement" a déclaré le Premier ministre lors de l'ouverture du congrès de Paris, le jeudi 8 juin. "L'esprit de solidarité" sera préservé ! Pour Jean-Pierre Davant, la distinction entre Mutualité et assurance doit également se traduire dans le domaine fiscal ( rappelons que ces organismes à but lucratifs sont exonérés de nombreux impôts et taxes).
À la veille du congrès de Paris, le mouvement mutualiste a rappelé les enjeux de la réforme du Code de la Mutualité : " Ce qui se joue, c'est la place du tiers secteur face aux lois du marché ", a souligné son secrétaire général, Guy Herry.
Les partisans de la liberté sociale ne doivent donc se faire aucune illusion.
En se rendant au congrès des adversaires de la liberté les intervenants politiques ont donc reconnu le poids colossal de ces organisations antilibérales dans la politique française. Pas question de toucher à leurs privilèges, pas question de réformer vraiment leur fonctionnement, pas question non plus de les adapter aux métiers modernes de l'assurance, ce qui serait pourtant conformes aux intérêts des preneurs d'assurances français.
Une dépêche AFP (samedi 10 juin 2000 à 17 h 07) le dit d'ailleurs assez clairement aussi dans son titre : " Le rôle des mutuelles conforté par les plus hautes autorités de l'État ".

Rappelons que la FNMF avait fortement soutenu, aux côtés de la CFDT, le plan Juppé de réforme étatiste de la Sécurité sociale lancé par le discours du 15 novembre 1995 et mis en place par des ordonnances signées de M. Barrot.
La FNMF revendique aujourd'hui de participer aux débats sur la " refondation sociale ".
La FNMF développe aussi une grande campagne de désinformation tendant à présenter comme problème N° 1 de l'assurance maladie et de la sécurité sociale le problème du coût des médicaments.
Les personnes non informées sont couramment piégées par ce raisonnement.
Les personnes non informées ignorent la part minime des dépenses en médicaments dans le budget total de la sécurité sociale. Les personnes non informées ignorent aussi que la surconsommation pharmaceutique des Français (qui est une réalité) résulte de plusieurs facteurs, notamment psychologiques, mais également économiques, liés au coût très bas du médicament français…
Manifestement, M. Chirac raisonne comme les personnes non informées. Dans l'allocution qu'il a prononcée le 10 juin, à l'occasion de la clôture XXXVIe Congrès de la FNMF, il a cru bon de s'inquiéter du déficit persistant de l'assurance maladie " malgré le contexte de forte croissance. " Il s'est au contraire prévalu du plan Juppé : "Avec le recul, a-t-il osé dire, la grande réforme de 1996 apparaîtra pour ce qu'elle est : une étape importante de l'histoire de notre sécurité sociale. "

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