France : croissance et politique

Tous les sondages sont concordants : le chômage et la faiblesse du pouvoir d’achat sont les principales préoccupations des Français qui demandent aux hommes politiques le retour du plein emploi et d’une croissance élevée comme dans les années 60 et 70, comme aux Etats-Unis et en Irlande par exemple.

Pour cela, la solution est connue et elle est simple : il suffit d’appliquer une politique libérale comme le préconisent les Reaganomics et les économistes de Work For All.

Elle consiste d’abord à baisser le taux des prélèvements obligatoires pour qu’il atteigne l’optimum de 33 % du PIB contre 55 % actuellement (selon les normes de l’OCDE) en supprimant les monopoles de la Sécurité Sociale de façon à ce que les Français puissent choisir librement leurs assurances santé et leurs fonds de pension pour financer leur retraite. Mécaniquement, cette seule réforme ferait grimper le taux de croissance du PIB aux alentours de 5 % pendant quelques années, comme en Irlande (5,3 % en 2006).

Par ailleurs, une politique économique libérale forte repose avant tout sur de l’argent sain, sans création monétaire. Pour cela, il faut mettre fin à la distribution massive d’aides dites sociales et de subventions (65 milliards d’euros en 2005), c’est à dire à l’argent non gagné qui apparaît dans les agrégats monétaires de la zone euro.

La croissance du PIB en France est inférieure à celle de la zone euro et à celle de l’Allemagne qui est sur la voie du redressement car elle applique une telle politique libérale, certes timidement et lentement mais sûrement. Les résultats sont déjà visibles :

Taux de croissance en %

2005

2006

Zone euro

1,4

2,7

Allemagne

0,9

2,9

France

1,2

2,0

La croissance en France décroche depuis les années 80 par rapport à celle des Etats-Unis qui sont la référence mondiale. C’est l’un des pires élèves de la classe économique européenne. Une rupture s’impose ! mais les présidentiables n’abordent jamais ces solutions. Le manque de culture économique des Français leur est fatal. Ils en sont les seuls responsables.

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Comme l’INSEE ne publie pas les données complètes du PIB au 4° trimestre, il est difficile d’en faire une analyse fiable. Cependant, la croissance serait due, comme pour les années précédentes, à une augmentation de la consommation supérieure à celle du PIB, ce qui est grave car elle repose sur de l’argent non gagné, de la création monétaire alors que la croissance allemande a des bases saines.

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Mes prévisions précédentes reposaient sur l’évolution des agrégats monétaires de la zone euro et celle des Etats-Unis. Comme elle a été très forte (3,4 % en rythme annualisé), elle a entraîné celle de la France qui est dopée par ailleurs par ses dérapages monétaires.

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Le taux de croissance potentiel en France est de 3 %, résultat d’une augmentation de la population de 0,5 % et de gains de productivité dans les entreprises de 2,5 % comme dans les autres pays développés. Une croissance inférieure à cette valeur critique correspond à une augmentation du chômage réel.

Jean-Pierre Chevallier
 

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