Le déclin de la fonction présidentielle

Le poisson pourrit par la tête, les institutions aussi.
La présidence de la Réplique en est un bon exemple. Après avoir perdu l'essentiel de son pouvoir deux ans après son élection, après avoir renoncé à donner une impulsion à la France et à la libérer des chaînes étatiques qui l'entrave, J Chirac n'est plus qu'un fantôme de chef de l'Etat.

La cohabitation et la soumission qui y est attachée, l'approbation systématique des initiatives gouvernementales font que J Chirac restera un président au rabais.
Cette situation est d'autant plus préoccupante que le monde bouge.
Le désastre français est connu, comme le rappelle M de Poncins:

  • Anarchie et guerre civile dans au moins mille villes ou "quartiers",
  • Dégradation des assurances maladies, avec en plus déficit chronique,
  • Dégradation du système de santé ; aux urgences, la  sécurité n'est plus assurée,
  • Destruction programmée des retraites,
  • Fabrication de 20 % au moins d'illettrés par les soins de l'Éducation Nationale,
  • Désordre dans un grand nombre d'écoles, les professeurs étant terrorisés,
  • Persistance du chômage sous des statistiques trafiquées,
  • Fonctionnaires : 25 % de la population active,
  • Fuite des jeunes les plus actifs à l'étranger,
  • Parallèlement, fuite des capitaux petits ou grands.....

Pour masquer la calamité, la classe politique agite des chimères en forme de statistiques: "la France est la quatrième puissance économique du monde".
Hélas, cette statistique que l'on donnait à "manger" aux chômeurs n'est plus comestible car la Grande-Bretagne est passée devant, grâce aux efforts anciens de Madame Thatcher, prolongés par l'ami détesté Tony Blair. La France n'est plus que la cinquième. Est-ce l'explication du quinquennat ? 
Ce doit être l'avis de Christine BOUTIN qui a déclaré : "Les français se moquent du débat sur le quinquennat; le référendum est destiné à cacher la crise de l'Europe ; la baisse de l'euro a confirmé la défiance du monde entier vis-à-vis de l'Europe".Le Président avait dit le 4 juillet 1999 : "Le quinquennat... c'est un sujet auquel j'ai beaucoup réfléchi naturellement... Eh bien, j'estime que ce que l'on nous propose aujourd'hui serait une erreur... et donc je ne l'approuverai pas".
Le 5 juin 2000, moins d'un an après, il dit le contraire, tout en prétendant qu'il n'a pas varié :"Je suis favorable au quinquennat sans arrière pensée". Le prétexte : "La modernité, les exigences de la démocratie moderne." Et il ajoute "J'ai toujours été favorable depuis 1973".

Madame Anne Fulda, journaliste du Figaro, commente ces phrases stupéfiantes en rappelant la déclaration de 1999 : "Il a dit cela sans ciller". Le Figaro ne survit que grâce à l'aide de l'Etat. Comment une journaliste de ce journal a-t-elle pu hasarder une telle remarque qui, à bien la comprendre, est une accusation d'une très grande gravité ?

La police de la pensée sait fermer les yeux de temps à autre. Le quinquennat est une nouvelle invention qui n'a aucun intérêt pratique tant que la classe politique refusera de résoudre les problèmes et se consacrera exclusivement à la gestion de ses propres intérêts. Le seul objectif est de gagner du temps en endormant le peuple français pour le distraire des vrais problèmes. 

Reconnaissons qu'elle satisfait au moins un français, Monsieur Giscard d'Estaing, qui a dit "qu'il était un homme heureux". Après les statistiques, voici une nouvelle forme de nourriture jetée en pâture aux chômeurs, en espérant qu'imitant l'exemple ils sauront savourer leur bonheur. "

Michel de Poncins

Accueil | Introduction | Présentation | Forum | SOS DOM | Pétitions Contactez-Nous