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2 300 milliards d'euros de dettes publiques !
Jean Arthuis ,
président de la commission des finances du Sénat évalue la dette publique de
la France à 2 300 milliards d'euros car il faut ajouter près de 300
milliards à la précédente évaluation de 2 000 milliards ! En effet,
la commission Pébereau évalue à plus de
800 milliards les charges de retraites non provisionnées des
fonctionnaires des seules administrations publiques
sans prendre en considération celles des entreprises publiques.
Jean Arthuis qui est par ailleurs expert comptable, sait lire et interpréter
leurs comptes (certifiés et publiés) et il arrive à un chiffrage proche de
300 milliards d'euros actuellement, en concordance avec mes évaluations de
250 milliards pour la SNCF, La RATP, La Poste, EDF et GDF en 2004.
Au total, la dette publique atteint au moins
2 300 milliards d'euros en
cette fin 2005 au lieu des 1 117 milliards officiellement publiés par
l'Etat et déclarés aux autorités européennes.
L'endettement de la France
est donc de 137 % par rapport au PIB de 16 800 milliards d'euros.
C'est plus du double
de la limite maximale de 60 % !
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Les marchés n'ont pas réagi à la publication de
ces chiffres car l'état des comptes publics dans la zone euro est bien connu
depuis longtemps par les professionnels des marchés obligataires. En effet,
l'agrégat monétaire M1 de la zone euro présente un excédent anormal de
l'ordre de 2 000 milliards d'euros en progression de plus de 10 %
depuis 2001. Cet argent non gagné provient surtout des aides publiques et
des subventions aux entreprises dites publiques. Les taux des emprunts d'Etat
de la zone euro sont donc logiquement inférieurs à ceux des Etats-Unis de 100
points de base environ. La situation du Japon est pire que celle de la zone
euro à cause d'un endettement public qui se monte à 180 % du PIB et d'une
masse monétaire M3 à 220 % du PIB. La Vieille Europe subit et subira
encore pendant de longues années une croissance très faible, comme au Japon, à
cause des désordres monétaires. Le chômage y restera élevé. Le pouvoir d'achat
des retraités baissera. Les Européens paieront très cher leur anti-libéralisme
et leur manque de culture économique et financière.
| Taux en
% |
2 ans |
10 ans |
Ecarts |
|
Etats-Unis |
4,4 |
4,5 |
10 |
| Zone
Euro |
2,7 |
3,4 |
70 |
| Japon |
0 |
1,5 |
150 |
Les écarts sont exprimés en points de base. Ce
tableau s'interprète de la façon suivante : la croissance du PIB des
Etats-Unis est encore très forte au 3° trimestre 2005 à 4,3 % car elle dépend
des taux de la Fed 6 mois auparavant : ils étaient alors inférieurs à 3 %...
mais la croissance du PIB va fléchir en 2006 car la Fed a trop relevé son taux
de base (à 4,25 %). Le Japon est au… tatami et la zone euro est dans une
situation intermédiaire.
Le niveau du taux de base de la Banque Centrale
Européenne a une influence marginale sur la croissance du PIB des pays de l'Euroland
qui dépend surtout de celle des Etats-Unis. La croissance du PIB sera faible
dans la zone euro mais la baisse de la parité de l'euro par rapport au dollar
américain va la doper.
*****
La situation économique en France est donc
inquiétante car des dérives d'ordre monétaire ont laissé se répandre pendant
des années des centaines de milliards d'euros de fausses créances, c'est à
dire de fausse monnaie. Que faudrait-il
faire maintenant ?
Il faudrait d'abord et avant tout arrêter cette
hémorragie. La SNCF fournit un
excellent exemple… Il existe des voies ferrées aux Etats-Unis et des
compagnies de transport ferroviaire cotées en bourse qui sont bénéficiaires.
La productivité y est élevée. En transposant leurs caractéristiques, les
sureffectifs apparaissent colossaux à la SNCF : il
faudrait supprimer 140 000 postes sur 230 000 pour rétablir la
compétitivité de la SNCF au niveau de celle des compagnies américaines !
L'assainissement des comptes de la SNCF déclencherait des réactions massives
et violentes de la part de syndicalistes habitués à agir en toute impunité. Il
est peu probable que des hommes politiques prennent les mesures qui s'imposent
à la SNCF ainsi que dans les autres entreprises et administrations publiques.
Les gains de productivité y sont négatifs depuis plusieurs décennies et le
niveau de productivité est plus proche de celui de l'ex URSS que des
Etats-Unis.
L'endettement public de la France va donc
encore s'aggraver ainsi que son déclin relatif. La situation s'est
considérablement dégradée au cours de ce dernier quart de siècle. Les hommes
politiques français qui se sont succédé au pourvoir défendent ce qu'ils
appellent le modèle social français
que le monde entier nous envierait, alors qu'il est en faillite comme celui de
l'URSS qui reposait sur les mêmes principes antilibéraux. Créer 2 300
milliards d'euros de dettes n'est pas un service rendu au public mais une
charge fatale pour des générations de Français. Heureusement (?), la moitié
d'entre eux se serrent la ceinture et acceptent en silence de payer les pots
cassés…
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Les autorités politiques, économiques et
financières françaises et européennes se discréditent totalement dans cette
affaire : le ministre des finances prétend publiquement que tout le monde sait
que le déficit public est supérieur à 2 000 milliards d'euros alors
qu'il est déclaré à 1 117 milliards. Inconscients, les Français ne
réagissent pas ! La France n'est pas soumise à une dictature. Les Américains
votent pour des hommes politiques qui mènent une politique économique et
monétaire qui leur assure le plein emploi et la croissance optimale. Ils ont
réélu George Bush et non pas son adversaire qui voulait adopter une politique
dite sociale proche de celle qui est menée en France. Les Français sont
libres, à eux de faire les bons choix.
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L'application des règles comptables (surtout en
normes IFRS) permet de donner une image fidèle de toutes les organisations de
façon à les gérer rationnellement. La comptabilité publique française est trop
opaque et elle doit être abandonnée au plus tôt. Aux Etats-Unis, de telles
entreprises et administrations publiques n'existent pas car les activités de
ce type sont effectuées dans le cadre d'agences qui emploient des
salariés et qui publient des comptes… normaux en provisionnant toutes leurs
charges, y compris de retraites.
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D'autres charges ne sont pas prises en
considération dans le décompte des 2 300 milliards d'euros de dettes,
comme celles des engagements de retraite des salariés de France Télécom qui
ont conservé leur statut de retraite publique. Des entreprises de plus petite
taille telles que la SNCM par exemple et les sociétés de transports publics
locaux sont dans des situations semblables… et il y a certainement d'autres
mauvaises surprises dans d'autres placards…
Jean-Pierre CHEVALLIER
Business économiste,
professeur en
URSS (dans une Université
Républicaine Socialiste
Soviétique)
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