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Douste et le
cinéma
Dans la nuit de Lundi 26 avril, la
jeune femme sort de l’hôpital. Son bras est plâtré. Elle
sourit timidement et raconte : «Je n’étais pas très
rassurée. C’était son premier plâtre. Mais, avec l’aide du
médecin, il s’en est plutôt bien sorti ». L’homme dont elle
parle est le Dr Philippe Douste-Blazy qui a quitté les bancs de l’hôpital
pour les mystères de la politique, il y a plus de quinze ans.
N’ayant jamais fait de plâtre, l’expérience
menée dans la nuit a été réalisée avec succès. On ne saura
pas dans la presse si le plâtre était trop serré, ni si l’indication
était bonne.
Evidemment, l’opération avait un
tout autre but. Il s’agissait de montrer au monde que le
ministère de la protection sociale était maintenant tenu par un
médecin.
Mais n’est ce pas déjà là le
premier problème ou la première erreur, même si le ministère
de la protection sociale est en fait piloté par BERCY.
12 milliards de déficit en 2004
(engendrant 600 millions d'euros de frais financiers), soit un
milliard par mois, 23 000 euros par minute, une addition de 400
euros par ménage, nécessiterait plutôt un gestionnaire
spécialisé dans les mécanismes économiques de l’assurance.
Avec Douste on est loin du compte.
Cardiologue hospitalier, et donc n’ayant
jamais reçu de formation en gestion ou en économie, comédien
reconnu (on se rappelle son pseudo malaise au moment du vote de
confiance à Mr Bayrou pour la présidence de l’UDF), c’est un
grand ami de Blondel. Il a cosigné un livre sur les retraites
avec l’ancien leader syndical au moment de sa traversée du
désert. Il a été ministre délégué à la santé entre 1993 et
1995 et ministre de la culture en 1995.
Depuis 2002, il attendait un
ministère de Raffarin. La canicule de l’été dernier lui a
donné.
Son objectif politique :
masquer les déficits publics français avec « retour à l’équilibre »
afin de ne pas courroucer Bruxelles, pactiser avec les socialistes
au moins jusqu’aux européennes puis tenir le plus longtemps à
son poste.
Longtemps surnommé le crétin des
Pyrénées du fait de son physique un peu ingrat et de ses
origines pyrénéennes, certains le nomment maintenant l’apprenti
des plâtres.
Afin que plus jamais l’hôpital
ne soit confronté aux débordements de l’abandon des personnes
âgées, le ministre a confirmé ce qui avait été révélé
quelques jours auparavant par son confrère, le docteur Patrick
Pelloux : une commission baptisée «Urgences-été 2004 » est
créée et tiendra dès cette semaine sa première réunion.
Son objectif est «d’assurer une
totale transparence sur la mise en œuvre dans les services
hospitaliers d’urgence du plan Urgences », comme l’a
souligné le président de l’Association des médecins
urgentistes hospitaliers de France (Amuhf).
Le groupe devrait associer outre
Patrick Pelloux ( très très proche du parti socialiste), le
ministre de la Santé, le ministre délégué aux Personnes
âgées, les autorités sanitaires, le Samu de France, des
représentants de la Sécurité civile et des gériatres.
Une grande vigilance est donc mise
en place : On éditera des guides informatifs à destination
des familles ( pour leur apprendre la solidarité ?!). Les
libéraux seront mis à contribution (cela ne coûte rien).
Corvéables à merci un cabinet médical devra garantir la
persistance des soins dans chaque arrondissement et on surveillera
les ventes en ville et dès le mois de juin (…) de soluté de
perfusion qui permettent la réhydratation.
La carence hospitalière et l’absence
de solidarité familiale seront donc compensées par la violence
politique.
Toutes ces mesures sont loin d’aborder
les problèmes de fond de l’assurance maladie.
Philippe Douste-Blazy compte «responsabiliser»
assurés et acteurs du système.
Mais comment pourrait il le faire
alors même qu’il n’a pas vraiment l’intention de toucher au
paritarisme, au financement déresponsabilisant par le
prélèvement direct sur la feuille de paye, au système
conventionnel et bien sur aux monopoles de la SS ?
Et pour être encore plus clair
nous ne pensons pas que la motivation de liberté et de
responsabilisation des « assujettis » habite nos
dirigeants pour qui, officiellement, la sécurité sociale
constitue la base même de l'identité française et donc est
source de pouvoir.
Dans le meilleur des cas, en effet,
on s'alignera sur "une nouvelle architecture de la sécurité
sociale" proposée par le Medef. Celui-ci n'envisage même
pas de rentrer dans la gestion paritaire au conseil
d'administration (fictif) de la CNAM, que seule la CGPME
s'apprête à réintégrer.
On envisage donc la création d’une
nouvelle « caisse de dépôts et de consignation »
pour l’assurance maladie. Evidemment, cela permettrait aux
syndicalistes de devenir anonymes.
On est loin de la suppression du
monopole par l’abolition des contraintes.
Or on se trompe souvent dans la
signification du monopole. Celui ci n’est pas une grosse
administration déplaisante, c’est une situation qui impose par
une clause pénale soit une affiliation obligatoire soit l’interdiction
de proposer un service équivalent.
Le monopole de la Sécurité
Sociale n’est pas aboli par l’introduction partielle de
Directives Européennes 92/49 et 92/96 dans le code de la
mutualité depuis la Loi du 17 juillet 2001.
Le Monopole existe par des
sanctions pénales pour
tout assureur proposant des contrats de substitution pour un
risque équivalent à la Sécurité Sociale et pour tout employeur
ne payant pas le précompte de son employé.
Georges Lane, économiste nous le
rappelle : en tant qu'économiste, il distingue :
«
- le monopole réglementaire et
- l'obligation d'achat au monopole réglementaire.
En donnant le privilège de
monopole (étymologiquement : seul vendeur) à une
organisation de production-vente d'une chose (service ou autre),
le législateur interdit aux producteurs-vendeurs qui voudraient
produire-vendre une chose qui paraîtrait semblable aux
consommateurs-acheteurs potentiels de le faire : c'est donc le
monopole réglementaire.
Mais les consommateurs-acheteurs
restent libres d'acheter ou de ne pas acheter la chose du monopole
réglementaire. Vous n'avez pas l'obligation de vous faire
transporter par la SNCF, ni d'emprunter une autoroute à péage,
etc...
Cette liberté est détruite quand
le législateur institue l'obligation d'achat : vous êtes
obligé légalement d'achetez que vous consommiez ou ... que vous
ne consommiez pas. C'est
le cas des cotisations à l'organisation de la SS.
Que les juristes ne fassent pas la
distinction, que le législateur ne fasse pas la distinction,
c'est possible. Mais il faut se demander pourquoi ?
Ce peut être :
- par ignorance ou
- pour entretenir une illusion, avec la destruction de
connaissances qui est une forme de violence, verrouiller
l'ensemble.
En d'autres termes, dans
son principe, l'abrogation du "monopole réglementaire"
est indépendante de l'abolition de l'obligation de payer, donc
des mesures pénales entourant l'obligation
de payer .
Mais le socialo-communisme de 1945
a lié le monopole réglementaire et l'obligation de payer, qu'on
consomme ou qu'on ne consomme pas !
L'abolition de l'obligation de
payer à l'organisation de la SS est plus importante que
l'abrogation de son monopole.
De facto aujourd'hui,
l'organisation de la SS n'est plus en situation de monopole à
l'échelle du monde ou de l'Union européenne en raison des
progrès des télécommunications et de l'existence d'Internet,
mais il y a toujours l'obligation de payer qui est
exploitée par les hommes des URSSAF.»
Alice Borghèse
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