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eDF : au moins 25 ans de prison !
L’iFRAP a publié le 23 octobre 2006 mon analyse arrêtée au 12 juillet 2005 sur eDF. Le rapport de gestion de l’exercice 2004 ne
mentionnait pas le montant des engagements de retraite que j’estimais, en extrapolant les comptes de GDF, à 60 milliards d’euro, ce que confirment très
exactement les comptes officiels de 2005 !
En effet, la note 2,10 page 22 du rapport de gestion 2005 précise que les engagements de retraite au 31 décembre 2004 se
montaient à 60,677 milliards d’euros (mes évaluations étaient donc légèrement inférieures à la réalité !), mais la loi du… 9 août ! 2004 a fort
opportunément transféré une très grosse partie de cette charge sur le budget de l’État (c’est à dire sur les contribuables) : eDF, devenue société anonyme
cotée, ne comptabilise officiellement en engagements de retraite que 13,620 milliards d’euros au 31 décembre 2004.
Ces 60 milliards d’euro de retraite auraient dû être comptabilisés en charges au fur et à mesure des exercices qui ont donné
naissance à ces créances. Pour que les comptes d’eDF donnent une image fidèle de la réalité selon les règles comptables maintenant en vigueur (les IFRS), il
aurait fallu faire venir ces 60 milliards en diminution des capitaux propres qui se montent à 20 milliards d’euro au 31 décembre 2005. Dans ce cas,
eDF aurait dû être déclarée en faillite avec des capitaux propres négatifs à hauteur de 40 milliards !
Les commissaires aux comptes d’eDF, respectant les lois, certifient à juste titre les comptes 2005. Il ne leur appartient pas
de donner leur avis sur l’opportunité d’une loi, mais les citoyens sont censés comprendre les conséquences des lois et la signification des comptes des
entreprises. Ils se sont laissés berner par les dirigeants de tous les partis politiques, des syndicats et des organisations censées défendre leurs intérêts !
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Les dettes des clients d'eDF représentent 40 % du chiffre d'affaires ! En fait, eDF
comptabilise dans ce chiffre d'affaires, non pas les produits facturés, mais la production d'électricité qui sera ensuite facturée comme le confirme encore le
rapport de gestion 2005 (note 4,8 page 31) : Les quantités d’énergie livrée non relevée non facturée sont déterminées à
partir de statistiques de consommations et d’estimations de prix de vente ! ce qui est contraire aux règles comptables
IFRS. Ce sont des fraudes comptables de ce type qui ont conduit Enron à la faillite et ses dirigeants en prison : 24 ans pour le PDG survivant ! Voir
ci-dessous les explications de ces acrobaties comptables.
Dans ces conditions, la rentabilité nette (résultat net sur chiffre d'affaires) d'eDF donne l’illusion d’être dans la
norme avec 6,56 %.
eDF est sur-endettée avec un gearing (dettes à long terme de 111 milliards d’euros sur capitaux propres) de 550 %
qui devrait être inférieur à… 50 % alors que les immobilisations ont une faible valeur réelle compte tenu des provisions diverses.
Les électriciens d'eDF sont surpayés avec un salaire brut moyen de
3 920 euros par mois auquel s'ajoutent des avantages en nature de 10 %. Avec un revenu moyen inférieur à 2 000
euros par mois, les contribuables vont donc se serrer la ceinture pour financer les retraites des salariés d'eDF surpayés…
Les comptes d'eDF sont certifiés pour 2005 par Deloitte mais Ernst & Young a laissé
prudemment sa place à KPMG ! Andersen n'a pas survécu au scandale d'Enron…
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Ces 60 milliards d'euros de charges de retraite correspondent à des créances non provisionnées qui
augmentent la masse monétaire en circulation (les salaires d'eDF auraient dû être moins élevés pour pouvoir
financer ces 60 milliards d'euros qui correspondent à de l'argent non gagné). Il en est de même pour les autres entreprises dites
publiques (pour plus de 200 milliards d'euros) et pour toutes les entreprises françaises. Le problème devient
alors vraiment très grave. Il s'agit là d'une bombe à retardement qui éclatera à l'avenir.
Les économistes de Work for all évaluent les engagements de retraite non provisionnés à
330 % du PIB en France ! chiffre corroboré par ceux de la banque ABN Amro. Voir le site :
workforall.net et plus particulièrement un article : Le modèle social européen : le conte de fées et les
faits. http://workforall.net/ModeleSocialFr.html
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Explications concernant l’une des acrobaties comptables d’eDF…
| En milliards d’euros |
2005 |
2004 |
| (1) : Chiffre d’affaires |
51,051 |
46,150 |
| (2) : Résultat net |
3,350 |
1,594 |
| Total des charges : (1) – (2) |
47,701 |
44,556 |
| Rentabilité nette : (2) / (1) |
6,56 % |
3,45 % |
Si eDF respectait les règles comptables, seules les factures émises avant le 31 décembre 2005 devraient être comptabilisées
dans le chiffre d’affaires de cet exercice. Admettons qu’il faille 2 mois en moyenne pour relever tous les compteurs, faire les vérifications et les
factures, il faudrait donc ne plus enregistrer dans les comptes 2005 l’électricité livrée et non facturée à partir du 1° novembre 2005, donc retirer un
sixième du chiffre d’affaires publié de 2004 qui serait alors de 42,543 milliards. Pareillement, il faudrait ajouter un sixième du chiffre d’affaires
de 2004 soit 7,692 milliards.
Le véritable chiffre d’affaires de 2005 serait alors de 50,235 milliards. Avec des
charges sans changement, le résultat net serait alors de 2,534 milliards et la rentabilité nette de 5,04 %, c’est à dire inférieure de 1,5 point par
rapport au ratio officiel. Les fraudes des dirigeants d’Enron portaient sur des sommes comparables qui n’ont provoqué que la disparition de 60 milliards
de dollars de capitalisation boursière d’investisseurs imprudents. Les fraudes d’eDF sont plus graves car elles touchent durablement tous les Français.
Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed (la banque centrale des Etats-Unis), est
intervenu énergiquement à partir de 2001 avec tous les organismes concernés pour que les entreprises américaines respectent des règles comptables donnant une
image fidèle de la réalité, ce qui permet maintenant à l’économie américaine de reposer sur des bases saines et solides, sans débordements des agrégats
monétaires. Il n’en est pas de même en France ! Les dirigeants de la Banque de France abusent eux aussi des mêmes artifices en toute impunité ! alors qu’ils
devraient intervenir énergiquement pour que de telles fraudes n’aient pas lieu et que les dirigeants condamnables soient condamnés à de lourdes peines de
prison.
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Les IFRS, International
Financial Reporting
Standards ou Normes Internationales
d'Information financière sont plutôt des principes (ou des règles de portée générale) qui doivent être interprétés et appliqués par toutes
les entreprises dans le monde de façon à faciliter la communication sur leur situation financière. Les sociétés cotées dans l'Union Européenne doivent
obligatoirement les adopter depuis le 1° janvier 2005.
Les IFRS succèdent aux IAS, International Accounting Standards qui faisaient explicitement référence à la
comptabilité (Accounting). Cette distinction est importante car elle signifie que l'information financière doit donner une
image fidèle de la réalité de toute entreprise sans suivre dorénavant des règles comptables ou fiscales rigides et impératives qui ne rendent
pas correctement compte de la réalité.
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Sources : rapports annuels de gestion d’eDF :
http://investisseurs.edf.com/75017i/Accueil-com/Investisseurs/Publications-Investisseurs.html
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