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L'élévation du niveau de vie dans une nation
dépend des gains de productivité
Le PIB par habitant dans une nation ne peut augmenter que grâce aux gains de productivité,
toutes autres choses égales par ailleurs. C'est ainsi que le niveau de vie des Américains est plus de 20 fois plus élevé que celui
des Chinois car les gains de productivité sont élevés aux Etats-Unis depuis plus de deux siècles alors que la Chine a refusé d'adopter des techniques
nouvelles plus efficientes (dans l'Ancien Empire et sous le régime communiste).
Historiquement, les gains de productivité dans les entreprises sont de 2,5 % par an aux
Etats-Unis qui sont le seul pays qui fournisse depuis 1947 des statistiques fiables et accessibles. La productivité se
définit de différentes façons. Les Américains se réfèrent aux statistiques publiées par le Department of Labor :
l'indice de la production (dans les entreprises, en monnaie constante) par heure de travail.
Le taux de croissance du PIB de 3,5 % par an
sur la longue période résulte logiquement de l'addition de ces gains de productivité de 2,5 % et de l'augmentation de la
population de 1 %. S'il n'y a pas de déséquilibres fondamentaux, la croissance d'une nation atteint ce taux potentiel optimal, ce qui a été
le cas aux Etats-Unis depuis la Seconde guerre mondiale si l'on fait abstraction des fluctuations à court terme que sont les récessions et les reprises qui se
sont succédé à cause de l'inflation.
France : la croissance du PIB dépend des
gains de productivité des administrations
Beaucoup d'entreprises françaises sont parmi les plus performantes du monde, comme par
exemple Michelin, Total, Carrefour, Sanofi, etc, mais depuis un certain nombre d'années le taux de croissance du PIB de la France est inférieur à celui de
la plupart des pays développés. Pourquoi ? La réponse logique est simple et évidente : à cause du manque de productivité des administrations
publiques. Démonstration…
Depuis le second semestre 2001, le taux de croissance du PIB en France est en moyenne de 1,5 %. C'est le résultat
de l'addition de l'augmentation de la population, de 0,5 % par an, et des gains de productivité de 1 % par an
alors qu'ils sont de 2,5 % aux Etats-Unis globalement dans les entreprises et dans les administrations.
Si les gains de productivité des administrations françaises avaient été de 2,5 % par an comme dans toutes les entreprises, qu'elles soient
françaises ou non, la croissance en France aurait été comparable à celle des Etats-Unis : dans les 3 %, depuis 2002 et aussi depuis le milieu des
années 70… La perte de productivité (et de croissance) de la maison France due aux administrations est donc de 1,5 points par rapport à celle
des Etats-Unis et des entreprises en général.
Les prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations) représentent environ 50 % du PIB. Le reste est produit par des
entreprises (c'est l'économie de marché). L'ensemble des administrations fournit donc la moitié du PIB de la France. Comme les gains de productivité des
entreprises françaises soumises à la concurrence internationale sont équivalents à ceux des entreprises américaines qui sont de 2,5 %,
les gains de productivité des administrations françaises sont donc logiquement… négatifs de 1 % en concordance avec un taux de
croissance du PIB globalement de 1,5 %.
| Variation de… |
France |
Etats-Unis |
| Population |
0,5 % |
1 % |
| Productivité globale |
1 % |
2,5 % |
| PIB |
1,5 % |
3,5 % |
| Productivité des entreprises |
2,5 % |
2,5 % |
| Productivité des administrations |
- 1 % |
2,5 % |
Des gains de productivité négatifs dans le secteur public en France signifient que l'augmentation du coût des administrations
est supérieure à l'augmentation de leurs prestations. Ainsi par exemple dans l'éducation, le nombre d'instituteurs et
de professeurs augmente (ainsi que la dépense publique) alors que le nombre d'élèves et d'étudiants diminue sans que leur qualification n'augmente.
L'augmentation des dépenses des administrations détruit de la valeur, alors que
les investissements dans les entreprises en créent (car ils augmentent leur productivité).
La croissance en France est positive, mais inférieure à son potentiel optimal. La différence des gains de productivité
globale de 1,5 points paraît faible, mais elle a des conséquences considérables sur le long terme. Ainsi, le PIB par habitant (c'est à dire le niveau de vie)
des Américains double en 30 ans, alors qu'il faut 70 ans en France pour arriver au même résultat avec des gains de productivité de 1 % contre 2,5 % aux
Etats-Unis.
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Le manque de productivité des administrations françaises se constate quand certaines d'entre elles deviennent autonomes et
prennent la forme de sociétés. Ainsi, les Français étaient persuadés que le téléphone était un service public par nature et que l'Etat était le plus
efficient pour le fournir à l'ensemble de la population. Or tout le monde constate que c'est l'ouverture des marchés des télécommunications qui a permis à des
entreprises en concurrence de fournir de meilleurs services à moindres coûts. France Télécom, héritière de ce service public traînait avant sa
privatisation des sureffectifs considérables, un niveau de productivité très faible et un endettement colossal. Il en est de même actuellement quand on
considère les comptes certifiés de La Poste, la SNCF, la RATP, etc qui sont en train de devenir des entreprises… normales. Les sureffectifs sont souvent de 15
à 25 % et les salaires (payés finalement en grand partie par les contribuables), supérieurs de 15 à 50 % par rapport à ceux du privé. En outre, l'application
des règles comptables en IFRS met en évidence le non provisionnement des engagements de retraite : 70 milliards d'euros à La Poste, 12 milliards d'euros pour
GDF et par extrapolation 60 milliards d'euros pour eDF. Ce sont des centaines de milliards d'euros de créances non provisionnées qui majorent les coûts réels
de ces entreprises dites publiques, ce qui diminue leur productivité affichée.
La comptabilité publique française ne permet pas de mettre en évidence le manque de productivité des administrations.
Seules les règles de la comptabilité commune qui sont en vigueur partout dans le monde peuvent donner une image fidèle de la réalité qu'est toute
entreprise, qu'elle soit publique ou privée. Les Américains ont résolu ce problème en confiant la gestion de leurs services publics à des
entités autonomes. Ainsi par exemple, les prisons reçoivent des crédits de 50 dollars par jour par détenu, car des entreprises privées peuvent assurer toutes
leurs fonctions à ce prix. Des Etats fédérés font jouer la concurrence pour la plus grande satisfaction des contribuables et… des détenus : c'est une
entreprise française, Sodhexo, qui fournit la restauration d'un grand nombre de prisonniers américains (qui profitent ainsi gratuitement de la gastronomie
française tout en soignant leur surcharge pondérale !). Un Etat comme la Floride diminue le coût de ses services pénitentiaires (et améliore de ce fait sa
productivité) en dotant les détenus libérés (qui ont purgé leur peine principale) de bracelets électroniques qui les confinent dans des quartiers où ils ne
risquent pas d'agresser leurs anciennes victimes, pour la modique somme de 7 dollars par jour.
Une réforme fondamentale s'impose en France : faire passer les administrations dans des entités dotées d'une pleine autonomie
de gestion les obligeant à tenir une comptabilité respectant les règles communes qui seules, permettent de rendre compte de la réalité. C'est la condition
nécessaire pour que leur productivité augmente ainsi que celle de la nation. La croissance du PIB en France pourra alors revenir à son potentiel optimal de
3 %.
La plupart des pays ont déjà mis en place de tels dispositifs dans l'enseignement supérieur : les universités les plus
performantes du monde sont celles qui sont gérées comme des entreprises. Les étudiants, devenus des clients, paient leur scolarité et recherchent celles
qui sont les plus rentables pour eux, c’est à dire celles qui leur permettent de maximiser leurs revenus futurs et ceux des entreprises dans lesquels ils
travailleront à l'avenir. Aux Etats-Unis, les étudiants étrangers paient leurs études qui sont une source de revenus pour les Américains alors que les
contribuables français supportent les coûts de formations bidons qui accueillent des étudiants chinois, maghrébins et d'Afrique subsaharienne qui ne
sont pas au niveau requis. La comptabilité publique française ne permet pas de débusquer ces dysfonctionnements. Au contraire même : les coûts des étudiants
qui n'apporteront pas de supplément de productivité dans les entreprises sont inclus dans le PIB de la France alors qu'ils sont manifestement une charge
improductive qui contribue à la baisse de la productivité globale.
Les organisations (entreprises et administrations) qui ont un niveau de productivité inférieur aux meilleures, peuvent revenir
facilement et rapidement au top niveau en copiant les solutions les plus efficientes qui ont déjà été mises en œuvre ailleurs, ce qui se traduirait pendant
une période d'adaptation par un taux de croissance supérieur au potentiel optimal de 3 %. Le taux de chômage reviendrait alors dans les normes, c'est à dire à
un niveau considéré comme incompressible, de l'ordre de 5 % comme au Royaume-Uni, en Irlande, etc, comme dans les années 60 et au début des années 70 en
France…
Les administrations doivent être comme les entreprises : efficientes, c'est à dire
efficaces en rendant des services (au moindre coût) qui permettent à toute personne de développer ses propres activités dans les meilleures conditions
possibles. A cet effet, les Américains ont développé depuis longtemps des analyses coûts-avantages afin de déterminer par exemple s'il est bénéfique
pour toutes les parties concernées (particuliers et entreprises) de construire un pont pour franchir un bras de mer ou un cours d'eau plutôt que de continuer
à utiliser les mêmes moyens (bac, ferries, détour par d'autres routes). L'Etat doit également développer d'autres services d'intérêt général comme par exemple
un système juridique, judiciaire, fiscal et organisationnel pour faciliter l'activité de tout le monde, et pour contribuer positivement à la croissance, et
non pas négativement comme c'est le cas en France.
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La productivité d'un ensemble économique est représentée par l'output (la production exprimée en unités monétaires constantes,
c'est à dire corrigée de la hausse des prix) pendant une unité de temps (l'heure ou l'année) ou un salarié. Les
statistiques de la productivité publiées aux Etats-Unis correspondent à la production en dollars d'une heure de travail corrigée de la hausse des prix. Les
variations sont très importantes d'un trimestre à un autre et même d'une année à l'autre. Cependant, en lissant les séries pour en retenir des données
exploitables, on (les business économistes) considère que ces gains de productivité sont quasiment constants sur une longue période : aux
alentours de 2,5 % par an depuis1947.
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La productivité d'une entreprise peut se mesurer par le chiffre d'affaires par salarié. La norme est de 150 000 euros
ce qui signifie que chaque salarié devrait générer en moyenne un tel chiffre d'affaires. Le niveau de productivité de La Poste est très faible à
61 131 euros en 2004. A la SNCF, si l'on se fie au chiffre d'affaires publié qui inclut anormalement les subventions, le niveau de productivité est
lui aussi très faible : 95 960 euros en 2004 en baisse par rapport à 110 960 euros en 2001 en données courantes (alors que la productivité
aurait dû augmenter de 2,5 % par an en euros constants !).
| |
La Poste 2003 |
La Poste 2004 |
SNCF 2001 |
SNCF 2004 |
| Chiffre d'affaires |
18,183 |
18,907 |
20,129 |
22,059 |
| Effectifs |
315 364 |
309 286 |
182 815 |
229 877 |
| Productivité |
57 661 |
61 131 |
110 073 |
95 960 |
Le chiffre d'affaires est exprimé en milliards d'euros, la productivité en euros par salarié.
Aux Etats-Unis, chaque salarié des compagnies de transport ferroviaire (privées et cotées en bourse) génère plus de 250 000
dollars de chiffre d'affaires par an en moyenne alors que les cheminots français atteignent tout juste 96 000 euros. En retenant une parité d'un euro
pour un dollar, la SNCF a un chiffre d'affaires égal à ceux de Burlington Northern et de Union Pacific réunis qui n'emploient que 86 000 salariés, ce
qui signifie que, si nos 230 000 cheminots travaillaient comme leurs collègues américains, 140 000 emplois (presque les deux tiers) de la SNCF
pourraient être supprimés !
| Chiffre d'affaires en milliards US$ |
Norfolk |
Burlington |
Union Pac |
CSX |
Totaux |
SNCF |
|
7,312 |
10,946 |
12,655 |
8,020 |
38,933 |
22,059 € |
| Effectifs 2004 |
28 475 |
38 000 |
48 000 |
35 847 |
150 322 |
229 877 |
| CA / salarié $ |
256 787 |
288 053 |
263 646 |
223 729 |
258 997 |
95 960 € |
Sources : comptes consolidés des rapports annuels de gestion des sociétés.
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Le taux de croissance du PIB aux Etats-Unis va diminuer au cours des mois à venir d'après tous les indicateurs concordants des
marchés financiers (à cause de la politique monétaire de la Fed), ce qui entraînera un ralentissement de la croissance en France. Elle sera inférieure à
1,5 %. Il est donc impératif que l'Etat et les administrations réalisent des gains de productivité.
JPC
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