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Le coût de l'euro pour les entreprises
Le coût du passage à l'euros, on commence à en parler :
Pour les banques, ce coût pourrait être un moyen de faire payer les chèques. Quant aux entreprises privées et aux français ils paieront, et cher !
Les réseaux financiers et les commerçants, principaux relais pour la mise en circulation, au début de l'année prochaine, des nouveaux billets et des nouvelles pièces de l'euros, devront modifier leurs systèmes, former leur personnel, changer les habitudes pour les consommateurs, et révolutionner les acteurs économiques.
Un bouleversement synonyme de coûts pour les banques et les commerçants, qui serviront de principaux relais pour l'introduction des pièces et des billets en euros et le retrait des francs.
Si, en Allemagne, le journal Welt am Sonntag, en se fondant sur une enquête réalisée auprès des entreprises et des administrations, a évalué le coût de la conversion à 20 milliards d'euros, en France, seul le chiffrage pour La Poste et la profession bancaire est précis. La facture y est estimée à 1 milliard de francs pour la première (entre 1 et 1,5 milliard avaient déjà été dépensés pour le passage à l'an 2000) et à 11,3 milliards de francs pour la seconde. Le montant total pour les banques s'élève à 30 milliards de francs si l'on inclut le passage à l'euro des marchés financiers intervenu le 1er janvier 1999. " La conversion des comptes en masse et les opérations de passage à l'euro fiduciaire devraient coûter à notre établissement quasiment l'équivalent de ce que l'on a déjà dépensé lors du basculement des opérations de marchés financiers ", indique un banquier.
Car, pour les banques, manipuler des pièces et des billets lors des opérations de change au guichet et distribuer les kits de premières pièces en euros en quinze jours (entre le 15 décembre 2001 et le 1er janvier 2002, date d'entrée officielle de la nouvelle monnaie), signifie qu'une partie considérable de leur activité va être amputée par des opérations de transactions sans aucune valeur ajoutée. C'est du temps passé par notre personnel à des activités non bancaires.
Autres coûts pour les banques : la facture des transporteurs de fonds alimentant les distributeurs de billets qui devrait s'alourdir, celle de la formation du personnel des agences, qui devront répondre aux nombreuses interrogations des particuliers, celle du renforcement des mesures de sécurité, celle de l'augmentation de leurs primes d'assurance liée à l'accroissement des encaisses dans les agences…
Sur le total de 11,3 milliards de francs, la profession bancaire a estimé que 52 % de ce montant sera dû à la double circulation des monnaies francs et euros, 20 % à la préalimentation et 28 % aux autres prestations (formation, transport de fonds…).
Délicat, en revanche, de chiffrer précisément la mise en place de l'euro dans les entreprises.
Dans la grande distribution, par exemple, on estime qu'il faudra une journée complète de formation pour chaque personne.
Dans toutes les entreprises la formation se révèle tout aussi coûteuse que l'adaptation des systèmes informatiques.
A cela s'ajoutent les coûts cachés concernant la détermination des tarifs.
Côté tarifs, la conversion des prix va coûter, en raison du système d'arrondi à la deuxième décimale, 250 millions de francs à la SNCF , par exemple. Même mécanisme pour toutes les entreprises de détails.
Face à cette ardoise supplémentaire, Laurent Fabius a rappelé que, conformément aux décisions prises dans le cadre de l'Union européenne, " chaque partie ", banque ou entreprise, doit assumer son propre coût du passage à l'euro.
Seules quelques mesures viendront accompagner les sociétés. Les règles d'amortissement des dépenses engendrées par le passage à l'euro (modification de logiciels informatiques, adaptation des terminaux de paiement…) viennent d'être reprécisées par le ministère. Un texte est également en préparation pour faciliter la conversion en euros du capital social des entreprises et éviter que les légers écarts dus aux règles d'arrondis n'obligent les sociétés à faire enregistrer l'opération et à en supporter les frais.
Comment seront récupérées ces dépenses? Les banques ne devraient pas augmenter leurs tarifs, mais elles attendent, en contrepartie, un geste de l'Etat concernant des négociations sur d'autres dossiers, comme l'introduction des chèques payants.
Pour les entreprises, c'est souvent considéré comme une opération sans retour sur investissement
Encore une ardoise transmise par nos hommes de l'état aux français et aux entreprises.
Elle est du niveau de celle laissée par la Loi sur les 35 heures.
Yves Saint Lot
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