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Souhaiter une bonne année à l'heure de l'euro

… Non
l’histoire monétaire de la France contemporaine ne devrait
pas nous faire regretter le franc français (3)
L’apparition de l’Euro est
sans conteste une des données essentielles de ce début d’année,
aussi bien pour notre vie quotidienne dans les semaines à venir
que, dans un futur proche, pour la constitution financière de l’État.
Les gros médiats y attachent
certes tous beaucoup d’importance. Mais on remarque qu’ils
se focalisent sur des points de détails parfaitement
secondaires. Nos grands intellectuels fonctionnaires de la
pensée unique, eux, font profession de ne pas voir les
conséquences à long terme de l’Union monétaire européenne.
À en croire les gazettes, ce
serait une belle Histoire que l’Histoire monétaire du Franc
français. Eh bien non.
À l’occasion du passage du
Franc à l’Euro, Le Monde, quotidien de la pensée unique
française, dans son édition datée du 1er
janvier, publiait ainsi un misérable article commis par Mme
Françoise Lazare destiné à nous mentir sur l’Histoire du
franc étatique français.
En 1360 un PREMIER franc
apparaît sur la scène des monnaies européennes. C’est une
époque où le monopole monétaire royal n’est même pas
vraiment établi. Cette monnaie n’a évidemment rien à voir,
sauf le nom, avec celle dont on enterre l’existence NOMINALE.
Théoriquement, un SECOND franc
est né sous le gouvernement de Bonaparte, très exactement par
la loi du 27 mars 1803. La nouvelle monnaie met fin à l’anarchie
et au délire des assignats. Le franc dit germinal est ainsi
dénommé sur la base du calendrier révolutionnaire puisque
selon sa datation républicaine, la loi est dite du 7 germinal
an XII. L’appellation de "franc", renouvelée du
xive siècle, avait même été fixée beaucoup plus tôt, par
une loi de 1795 sur les poids et mesures : le "franc"
allait remplacer la livre, comme le mètre allait remplacer le
pied et le pouce, le litre la pinte, et autres dénominations d’Ancien
régime.
Mme Lazare gomme tout cela pour l’usage
des lecteurs du Monde. Elle opère un survol très succinct de l’Histoire
monétaire.
La pensée unique française
écrit sur l’Histoire sans s’intéresser à l’Histoire.
Cette démarche n’a rien d’original ou d’exceptionnel pour
elle. Rappelons que l’on a envisagé froidement sous Giscard
de rayer d’un trait de plume l’enseignement de l’Histoire
en France. Ce projet n’était autre que celui de la Réforme
Haby.
Relativement à l’histoire
révolutionnaire on rappellera la démarche du regretté
François Furet. On en fait grand cas aujourd’hui parce que
marxiste d’origine, mais démocrate de sensibilité, il a fini
par convenir que l’historiographie glorifiant la révolution
française était abusive. Or, François Furet a pu lui-même
consacrer divers écrits et même un dictionnaire de la
Révolution française ou ne figurait pas le mot
"assignat". (1)
Certes, ce n’est,
habituellement, pas très rigolo l’histoire monétaire. Les
princes y épousent très peu de bergères. Mais si quelqu’un
comme Françoise Lazare, au Monde, n’aime pas l’Histoire
monétaire qu’elle n’écrive pas sur l’Histoire du Franc.
D’autant qu’il existe une
face tout à fait compréhensible et très éclairante de l’Histoire
monétaire, sociale et politique du franc. Le précurseur s’appelle
Achille Dauphin-Meunier, et son grand continuateur n’est autre
qu’Emmanuel Beau de Loménie. (2)
L’assignat révolutionnaire
avait eu pour fonction d’exproprier les biens de l’Église
et ceux de la Noblesse en France, de les proclamer biens
nationaux, et de les fourguer à vil prix aux accapareurs du
jacobinisme. L’opération sera d’ailleurs renouvelée en
1901-1905.
Le Franc Germinal de 1803 a
permis de stabiliser pour un siècle et demi ces fortunes
illégitimes et d’établir les dynasties bourgeoises
rentières monopolistes, vraies responsables du déclin de la
France, et de son effondrement de 1940 (telle est la thèse
centrale de Beau de Loménie qui en commence la publication en
1943 pour réfuter scientifiquement et courageusement les idées
fausses propagées par la "révolution nationale").
Après le carnage de 1914-1918,
on ne parviendra pas à rétablir le franc germinal. Mais on
cherchera pendant 10 ans à le faire espérer vainement à la
masse des petits épargnants spoliés par l’État, en faisant
croire que "l’Allemagne paiera" pour les énormes
déficits budgétaires inflationnistes et les emprunts de la
guerre et de l’après guerre.
Contrairement à ce que Mme
Lazare croit ou fait semblant de croire la dévaluation
Poincaré de 1928 a supprimé tout espoir de retour à un
étalon or interne, introduisant seulement une convertibilité
théorique purement externe et fallacieuse, dont les
conséquences auront été d’ailleurs ruineuses pendant les
années 1930.
C’est ce TROISIÈME franc, le
franc Poincaré de 1928, renouvelé par Pinay en 1958 car
dévalorisé, que nous enterrons aujourd’hui. Nous devrions le
faire sans regret.
On arrive difficilement dans ce
domaine à corriger dans le public les idées reçues.
Si le public français garde les
idées fausses, s’il pense que le franc fut une création
bénéfique que nous devrions à Bonaparte c’est que les bons
esprits oublient toujours de nous indiquer que le franc qui
disparaît aujourd’hui n’est donc
- certainement pas celui destiné
à payer la rançon du roi Jean le Bon,
- ni non plus le franc or apparu
en germinal de l’an XII, monnaie d’or qui a fait carrière
de façon honorable jusqu’en 1914,
- mais ce franc devenu
exclusivement "papier" depuis le coup d’arrêt final
de 1928, date de la dernière dévaluation Poincaré.
Depuis cette date la valeur du
franc s’est divisée par plus de 200 ; une perte de 99 % en 70
ans c’est une étrange réussite…
Le travail de démythification de
l’Histoire contemporaine de la France devient d’autant plus
nécessaire que le déclin du pays s’est accompagné d’une
paupérisation générale de la masse des Français.
Le redressement de la France est
urgent, dans une Europe qui se construit et se construira, que
cela plaise ou que cela irrite.
Ce relèvement ne sera possible
que dans la vérité, en balayant les mensonges de la pensée
unique. C’est à cette œuvre aussi que l’on cherchera à
contribuer…
AINSI DONC
BONNE ANNÉE À
TOUS
À L’HEURE DE L’EURO
!
(1) On recommandera au contraire
sur ce point essentiel "L’Économie de la Révolution
française" de Florin Aftalion. Ed. Pluriel.
(2) Dans son Histoire
non-conformiste de la France contemporaine "Les
Responsabilités de Dynasties Bourgeoises" Diff. Par
Duquesne 27 avenue Duquesne 75007 Paris tel 01 45 55 87 55
(3) Je tiens à remercier le
remarquable site numismatique http://www.cgb.fr auquel
nous empruntons ces illustrations de la pièce de 100 F 1997 en
hommage à André Malraux et du "Franc albanais"
subsistant encore à l'époque du Roi Zog...
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