|
Productivité
: E-U contre U.E.
Etats-Unis contre
Union Européenne
Qu'en est-il de la productivité
globale des systèmes économiques en Europe par rapport à celle
des Etats-Unis ?
D'après les
statistiques de l'OCDE pour 2001,
- les 375 millions d'Européens
dégagent un PIB de $ 9 593
milliards ce qui correspond à un revenu par
tête de $ 25 200 et
- les 275 millions d'Américains
ont un PIB de $ 10 143
milliards pour un revenu par tête de $
36 500,
soit 45 % de plus que
les Européens, ou pour simplifier, les Américains,
avec 100 millions d'habitants en moins, produisent 5 % de
plus que les Européens chaque année ! |
Pour ce qui concerne la France, la
situation est pire encore puisque les 59 millions de
Français fournissent un PIB de $ 1 525
milliards soit $ 25 100
par habitant.
L'écart de productivité entre les Etats-Unis et l'Europe est donc
très important !
Pourquoi ?
L'explication n'est pas à chercher
parmi les entreprises européennes : leur productivité est
comparable à celle des Etats-Unis.
On observe même un taux de marge
en Europe supérieur à celui des Américains.
Le taux de marge est le rapport entre l'excédent brut
d'exploitation, c'est à dire ce que gagne l'entreprise
après avoir payé ses fournisseurs et ses salariés, et la valeur
ajoutée.
Il est généralement supérieur à 30
% en France et de l'ordre de 25
% aux Etats-Unis.
Ces excellents résultats sont malheureusement obtenus grâce à des
salaires particulièrement faibles en France par rapport à ceux des
Américains.
Si les entreprises privées,
confrontées à la concurrence, sont compétitives, il n'en est pas
de même de leur environnement.
Les
administrations publiques
sont généralement complexes, mal gérées, inefficientes, avec des
sureffectifs de fonctionnaires qui répondent surtout aux besoins…
des dirigeants des partis politiques et des syndicats qui y trouvent
là une clientèle privilégiée.
La
bureaucratie pesante se
renforce sous l'emprise d'un socialisme larvé qui
gangrène de plus en plus l'esprit de la population des anciennes
grandes nations qui dominaient l'Europe.
Ainsi la France, qui occupait encore le deuxième rang en Europe en
1990, est reléguée maintenant en queue du peloton : seuls la
Grèce, le Portugal et l'Espagne ont un revenu par habitant
inférieur au notre.
Deux exemples sont révélateurs des
dysfonctionnements européens : les
assurances santé et les licenciements.
- Toujours d'après des études de
l'OCDE, les Américains
consacrent en moyenne 6,9 %
de leur salaire pour couvrir leur risque santé auprès de
compagnies d'assurance en concurrence sur des marchés bien
organisés, donc offrant de bonnes prestations à un faible
coût.
Pour une couverture identique des
mêmes risques, les Français
doivent consacrer 17,5 % de leur
salaire car la Sécurité Sociale a le monopole de l'assurance
santé et les coûts de ses prestations sont donc très
élevés.
Si son monopole était supprimé pour
laisser faire les marchés libres de l'assurance santé, les
Français pourraient alors bénéficier de ce seul fait
d'augmentations de revenus de l'ordre de 12 % qui
génèreraient ensuite des activités induites qui restaureraient
une dynamique de la croissance retrouvée.
- En 2001 et surtout après les
attentats du 11 septembre, les entreprises américaines se sont
adaptées très rapidement, en quelques semaines, à la légère
diminution des ventes en supprimant
plus de 2 millions d'emplois.
Ainsi, la
productivité a augmenté de 7 %
au dernier trimestre 2001 et de 8,6 %
au premier trimestre 2002.
En Europe, et plus particulièrement en France, tout est fait au
contraire pour ralentir l'adaptation des entreprises aux variations
des marchés : les licenciements, quand ils sont autorisés, ne
peuvent être effectifs que plusieurs mois, voire un an après en
avoir constaté la nécessité.
Les entreprises sont ainsi très fortement pénalisées et les
investissements en Europe sont très inférieurs à leur potentiel,
ce qui ralentit la croissance de la productivité.
Les entreprises françaises et
européennes sont donc en général compétitives et rationnellement
gérées. Il n'en est pas de même de la sphère publique
hypertrophiée, ni de leur environnement juridique, éducatif,
institutionnel, organisationnel, culturel….
Le potentiel de croissance de la
productivité et du PIB en Europe est considérable, à condition
d'agir à bon escient sur tout ce qui est hors des limites propres
des entreprises, mais si rien n'est fait, l'écart entre les
Etats-Unis et l'Europe, très important, tendra à s'accroître à
l'avenir.
Les solutions à ces problèmes
sont pourtant simples ! Il est inutile de vouloir réinventer le
monde.
Il suffit de… copier ce que fait le bon élève de la classe
économique mondiale : les Etats-Unis, qui
appliquent un libéralisme le plus avancé qu'il est
possible de réaliser, surtout depuis que l'administration Bush
est au pouvoir.
Les Européens, et surtout les Français, s'obstinent
malheureusement à prendre le chemin contraire en cherchant à
appliquer une troisième voie
antilibérale et anti-américaine, contre la mondialisation.
Personne ne les y oblige et rien n'empêche des Européens de
continuer à régresser par rapport aux nations les plus prospères…
Remarques
Ces études de l'OCDE confirment les
résultats de la notre publiée dans le Courrier de la Liberté et
sur le site www.euro92 de
l'Institut d'études économiques Euro 92.
Le taux retenu pour l'assurance santé en France était de 18 % et
aux Etats-Unis de 6,2 %
Cet article reprend des idées
exprimées par Gregory Viscusi de Bloomberg News publiées dans le
Morning Call, un journal américain qui s'interrogeait sur les
causes des mauvaises performances économiques françaises…
Jean-Pierre Chevallier
|