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Échec
à la petite manœuvre de Guigou

Le Dr Maffioli président
de la CSMF
Non MG-France ne représente pas "les généralistes"
Dans un communiqué daté du 24
janvier, la FNMF croyait pouvoir dire : "La Mutualité
Française approuve l’accord entre la CNAM et LES médecins
généralistes".
Jean-Pierre Davant, président de
la fédération nationale de la Mutualité Française, disait
alors se féliciter de l’accord conclu entre la Caisse
nationale d’assurance maladie et "le" syndicat de
médecins généralistes… Il désignait ainsi MG-France. En
effet, pensait-il, "cet accord dépasse la seule
négociation d’une augmentation des revenus des
généralistes, et esquisse une nouvelle approche des relations
conventionnelles entre les omnipraticiens et l’assurance
maladie."
Le président de la fédération
nationale de la Mutualité Française soulignait cependant,
comme pour le regretter, "que l’effort financier consenti
par les Français pour améliorer la situation des médecins
généralistes est particulièrement important."
La Mutualité Française
prétendait même alors, "avoir maintes fois rappelé le
rôle majeur de ces professionnels de santé dans notre
pays", disant souhaiter "que cet accord ne soit que le
point de départ d’une véritable restructuration de l’organisation
des soins, permettant d’adapter notre système à l’évolution
de notre société et aux besoins de nos concitoyens, sans
accroître les prélèvements sociaux des Français au-delà d’un
niveau qui remettrait en cause notre système de protection
sociale."
En quelques mots on retrouve dans
ce texte l’attitude constante des pouvoirs publics et du lobby
mutualiste depuis au moins 10 ans vis-à-vis de la médecine
française et de l’ensemble du système de soins :
- Concéder, en apparence,
quelques miettes, essentiellement pécuniaires, en petites
augmentations d’honoraires et si possible en ordre
dispersé.
- Les reprendre aussitôt par le
biais fiscal ;
- Renforcer par tous les moyens
l’étatisation du système de soins ;
- Et enfin, sous prétexte de
maîtriser les dépenses, organiser le fichage et la
répression des praticiens et des patients. L’équation
technocratique est simple : "Moins de malades reconnus
et moins de professionnels de santé en activité, égale
moins de dépenses". C'est ainsi que tranche le
ministère des Finances.
Paradoxalement, pour les
technocrates, toute crise est donc bonne, qui débouche sur des
accords fondés sur ce type de doctrine, signés par des
syndicats complaisants.
Il arrive cependant que les
crises dérapent. Ainsi, la grève annoncée à la fin 2001 et
aggravée par la journée "sans toubib" du 23 janvier
pouvait permettre aux gens de MG-France de tirer leur épingle
du jeu par leur politique constante de collaboration avec les
pouvoirs publics.
La base médicale en a décidé
autrement.
Et c’est cela qui nous semble
important, comme il nous semble révélateur que le syndicat
majoritaire CSMF, assez chèvre chou et ondoyant en règle
générale, ait jugé nécessaire de désolidariser clairement
de MG-France, clairement vaincu dans les élections
professionnelles et qui donc n’est pas représentatif de la
majorité des omnipraticiens.
La solution imaginée fin
décembre par Mme Guigou était :
- De se défausser de ses propres
responsabilités sur la CNAM "dont c’est la
fonction" s’agissant de négocier avec "les
médecins" (mais avec quelle marge de manœuvre ?)
- De signer avec un syndicat jugé
représentatif pour donner force juridique apparente à une
"convention médicale". Cette grossière manœuvre
avait déjà été expérimentée par Barrot sous le
gouvernement Juppé en 1996.
Cette solution était fondée sur
un certain nombre de présupposés traditionnels de la
réglementation française que nous appelons "Droit
Social" (bien fondé du système de conventions collectives
imaginé en 1936, pertinence de la "présomption
irréfragable de représentativité" des bureaucraties
syndicales imaginée en 1966, etc.).
Cette solution a échoué, et en
tout cas son caractère d’imposture est apparu au grand jour.
On ne peut que s’en féliciter.
Il serait aussi temps d’en
tirer TOUTES les leçons.
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