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Le
Latin
Certains ressentent une nostalgie à entendre le développement de l'anglais comme langue universelle.
Là aussi ne s'agit-il pas de la conséquence des politiques suivies par nos représentants, que nous aurions tendance à trouver les plus nuls du monde ?
Pourtant, une langue, un code universel, est présent partout autour de nous et qui pourrait prendre le statut de reconnaissance dans tous les pays de l'Union et sous influence de l'Europe,
le latin.
Prétendre que le latin pourrait être une langue universelle reconnue n'est pas si sot.
Flaubert, dans son " Dictionnaire des Idées reçues ", notait qu'on le fait volontiers passer pour
" la langue naturelle de l'homme ".
Il n'y a pas de fumée sans feu. En face de nos rudes Gauloise, nous avons les douces
Gallia. La flamme du latin n'est pas éteinte.
Le vieux Monsieur en blanc, du haut de son balcon, distribue chaque année , devant des millions et des millions de fidèles sur la Place St Pierre sa bénédiction
Urbi et Orbi
C'est bien le plus grand rassemblement que l'on connaisse.
La compétition des langues a toujours été le corollaire de la compétition des pouvoirs et des modèles idéologiques. L'anglais joue le rôle qui fut celui du latin jadis. Cette fonction de langue internationale ne doit pas faire oublier les mentalités latines de nos pays.
Voilà d'abord pourquoi le fantôme du latin fédère plus qu'il ne divise. Le pape n'a pas tort d'en orner son balcon, et même d'investir pour l'avenir.
Evidemment, le latin n'est plus ce qu'il était dans nos études. Mais il est là et bien là. A la veille du XXIème siècle un élève sur quatre l'aura rencontré au collège.
200.000 têtes blondes entendent encore les rosa et dominus.
Mais tout le monde aura vu " le Titanic "
Et beaucoup se rappelle la chanson de Jacques Brel le tango du collège " Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa, rosae, rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis. C''st le tango des forts en thème, boutonneux jusqu'à l'extrême… "
La valeur symbolique du latin ne s'affaisse pas le moins du monde, malgré les évènements de 68 qui ont secoué la France gaullienne.
Tous nos grands poètes du XIXème siècle ont commencé par écrire en latin. Le grand Victor Hugo emprunte à Virgile.
Dans l'Encyclopédie, on peut lire dans l'article sur Langues que le latin est la langue commune de tous les savants de l'Europe.
Par exemple en médecine, il n'y a guère de pièces qui échappent à une nomenclature antique. Le foie par exemple vient de
Ficatum et le nombril du latin ombilicus. Nous ne nous étendrons pas sur le sacrum, le duodénum, et le rectum.
La publicité s'est fait des choux gras de la louve du Capitole soutenant par exemple que Perrier est
terribilis.
Une enseigne au néon baptisant " Caracalla " un établissement de bains luxueux et le
Caesar's Palace de Las Vegas
On a même entendu un de nos politiques récemment s'écrier à la tribune de l'assemblée nationale au 1er ministre socialiste de la V ème République
" Errare Humanum est, perseverare diabolicum "
Et nos amis professionnels libéraux ou du monde agricole pourraient s'interroger sur les mécanismes des aides proposées par les hommes de l'Etat :
" Timeo Danaos et dona ferentes " , " Je redoute les Grecs, même lorsqu'ils arrivent les bras chargés de cadeaux "
Une langue n'est pas morte dès lors qu'elle est écrite. Peut être que l'on ne parlera plus latin. Mais si l'on a besoin d'un signe , d'un mot, d'une référence, on peut dans toute l'Europe et dans les Amériques, prendre une pierre gravée d'un sigle, d'une phrase et la transmettre.
Le latin révèle nos parentés et notre profonde unité culturelle.
C'est en cela qu'il est porteur d'espoir.
Tout le monde se lave les mains au lavabo, nul n'ignore ce qu'est un
agenda.
Il y a donc bien un consensus
Et nous ne souhaiterions pas nous étendre sur la doctrine freudienne et les affres des alcôves avec notre
libido, cunnilingus et autre fellatio de peur de mourir de honte. Le
coitus interrompus a bien repeuplé l'Europe d'après 1918.
Je préfère remonter sur mon vélo pour assister au dernier
criterium de l'année.
Ou me replonger sur internet et envoyer mes émails en utilisant cette nouvelle petite lettre le @, " at " pour les anglais ou " apestaart " des hollandais ( queue de singe) ou arobase pour les français.
Or ce petit signe existait déjà dans des manuscrits latins de l'époque gothique,
ad, qui signifie " vers, en direction de, chez ".
Il y a donc du latin sur le net.
Le gène du latin est partout autour de nous. Il ne reste plus qu'un décret pour l'établir en langue officielle européenne.
Un petit effort mesdames et messieurs les politiques, à moins que vous soyez les plus incultes que nous n'ayons jamais eu.
Ou alors, vous êtes vendus à la langue du diable, l'anglais commerciale.
On est nombreux à le penser, détrompez nous vite !
Patrice Planté
A lire sur ce thème :
Urbi, Orbi, etc…Le latin est partout
de Jacques Gailard, Ed Plon
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