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MINISTRES : LES PISTES
SECRÈTES
En cette fin d’année, les journaux nous parlent
avec gourmandise des moyens divers d’alléger la rapine fiscale à laquelle nous
allons être livrés en 2006. Ces divers moyens portent souvent des noms de
lois.
C’est l’occasion dans une analyse objective de
montrer les liens évidents et surprenants entre le socialisme et les intérêts
personnels des profiteurs multiples qui s’en nourrissent.
Voici un de ces liens qui va étonner plus d’un
lecteur.
Chacun sait que, sur le plan publicitaire, il
est très important de citer un nom en le répétant indéfiniment. Les
publicitaires ont créé des instruments sophistiqués pour calculer le nombre de
personnes qui verront la marque de leur client sur une affiche ou un écran de
télévision ou, encore, l’entendront à la radio et ils calculent ainsi le prix
de revient de chaque regard.
Dans la vie politique, telle qu’elle est et
telle qu’elle ne devrait pas être, nous sommes inondés de lois et chaque loi
nouvelle est génératrice de pauvreté.
D’abord, elle vole toujours des groupes de gens dans leur droits et libertés
légitimes : c’est la première agression contre la richesse ; mais il en est
bien d’autres.
Les prétendus bénéficiaires le sont rarement dans la réalité.
Le corps social tout entier est perturbé par le temps nécessaire aux
interprétations de plus en plus difficiles, par les contentieux dans un
environnement de multiples usines à gaz administratives.
Il s’ajoute l’incertitude juridique
permanente : la France est devenue une immense zone de non-droit et pas
seulement dans les banlieues.
Ces lois portent le plus souvent le nom de son
concepteur ministre ou député. L’avantage, pour le « propriétaire » de la loi,
est de voir son nom répété indéfiniment dans les journaux, les ondes, chez le
notaire ou chez l’architecte. Un publicitaire pourrait nous dire la valeur en
capital de cette forme inattendue de richesse.
La répétition renforce le « business » de
l’auteur de la loi et s’ajoute à d’autres canaux par lesquels l’heureux
propriétaire obtient les voix ou la faveur conduisant aux rivages dorés des
fonctions convoitées et à leur maintien, allant le cas échéant vers une
transmission héréditaire du « fromage », ceci bien entendu sans avoir à payer
les horribles droits de succession inventés par les mêmes pour faire souffrir
les honnêtes gens.
A titre de simple exemple, dans le domaine du
logement il est impossible d’énoncer tous les dispositifs meurtriers qui, avec
d’autres causes, ont détruit le marché du logement. De mémoire, il y a la loi
Malraux, la loi Périssol, la loi Pons, la loi Méhaignerie, la loi Robien et
maintenant la loi Borloo que l’on qualifie de « Borloo social », mais la liste
n’est pas exhaustive.
Depuis peu, les journaux financiers sont pleins
d’un « match Robien-Borloo », pour conseiller les malheureux épargnants sur la
meilleure formule qui ne peut surgir qu’après des calculs ésotériques.
Dans cet exemple du logement, ces divers
dispositifs ont une caractéristique commune. Les épargnants avertis et
prudents savent que les prétendus « cadeaux » fiscaux ne profitent jamais à
l’épargnant mais sont confisqués par les banques et les intermédiaires de
toutes sortes !
es heureux propriétaires des innombrables lois
« Machin-Chouët », s’ils lisent cette analyse, protesteront hautement et avec
mépris : s’ils fabriquent des lois, c’est qu’ils consacrent tout leur temps,
oui tout leur temps, au bien public et chaque loi nouvelle répond à un besoin
évident et urgent.
Il est possible, après tout, que ces politiques
soient ignorants, les brillantes écoles dont ils sont issus ne comportant pas
de cursus sur l’enrichissement personnel des Hommes de l’Etat et d’ailleurs
aussi sur tant de questions essentielles mais gênantes.
S’ils sont vraiment ignorants, on peut parler
« d’enrichissement furtif », terme que j’ai créé et qui désigne un concept
utile dans beaucoup d’analyses sur le monde contemporain.
Les avions furtifs sont invisibles aux
instruments d’observation, mais au moins le pilote voit son avion ainsi que le
couloir où il doit se glisser.
Ici c’est bien plus fort : l’heureux
bénéficiaire peut sans mentir déclarer qu’il n’aperçoit pas, mais pas du tout,
les pistes secrètes de sa propre richesse !
Michel de Poncins
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