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L’outremer
enjeu du scrutin présidentiel

et l’aide au développement
Contrairement aux années 1960,
où le "cartiérisme", comme on l’appelait à l’époque,
réclamait, avec Raymond Cartier, la fin de cette aide aux pays
alors appelés "sous-développés", ce ne sont plus
les adversaires mais les partisans de l’aide qui prennent la
parole, au nom de la générosité, au nom des pauvres.
En effet, depuis plus de 10 ans,
le taux de l’aide française est largement passé,
durablement, peut-être définitivement, au-dessous de 1 % du
produit intérieur brut. Le premier ministre M. Lionel Jospin en
est même réduit à se flatter d’avoir stabilisé ce montant
au-dessus de 0,7 %. C’est d’ailleurs, comparativement à la
plupart des pays industriels, un pourcentage élevé. On doit
tout de même préciser que ce budget englobe à la fois celui
de la Coopération proprement dite, avec les États souverains,
et une partie des aides accordées à l’Outremer encore sous
la souveraineté française.
Cette restriction, ou plutôt
cette confusion, ne doit pas arrêter l’examen. Finalement,
sous une forme ou sous une autre, on se trouve devant le même
problème. Le temps n’est plus où l’on envisageait de
gratifier nos bons Antillais ou Réunionnais, ayant accepté de
demeurer français et de sanctionner à l’inverse ceux qui
avaient suivi l’exemple des "méchants" Guinéens
refusant dès le référendum de 1958 de maintenir les liens
institutionnels avec l’ancienne Métropole.
Quand on observe aujourd’hui
objectivement l’Outremer français, son taux de chômage
supérieur à 20 %, son niveau local de prix, sa dépendance
vis-à-vis de la fonction publique, et les sommes effectivement
injectées, via divers canaux, par la Métropole, on se demande
en effet si tous ces concours dispendieux ne sont pas plus
destructeurs encore, pour les supposés bénéficiaires, que l’aide
aux pays indépendants.
En effet, aux mécanismes de l’aide
territoriale, l’aide aux DOM-TOM français combine les effets
pervers de l’assistanat social généralisé, les effets des
minimums sociaux d’inspiration métropolitaine comme le RMI,
les allocations familiales, l’assurance chômage etc. Ils sont
tous dissuasifs du travail et de l’emploi.
On ne les comptabilise pas au
titre de l’aide.
Mais, dans la mesure où on doit
voir en celle-ci un dispositif globalement négatif, on doit
admettre, qu’ils en constituent un affluent particulièrement
destructeur.
L’aide au développement est
envisagée par les étatistes comme une des manifestations de la
Redistribution : on doit "donner aux pays pauvres"
comme on doit "donner aux pauvres du pays". La
Redistribution sociale porte cependant en France sur des
montants 10 fois ou 20 fois supérieurs à ceux de la
Redistribution internationale.
Nous pensons peut-être donner
ainsi raison, à quelque 40 ans de distance, aux éditoriaux de
Raymond Cartier dans Paris-Match, en "donnant à la
Corrèze" avant que de "donner au Zambèze".
Hélas, la vérité économique c’est
que subventionner la Corrèze avant le Zambèze c’est
pénaliser la Corrèze avant la Zambèze.
Nous tuons ainsi la France rurale
en y paralysant la possibilité d’entreprendre.
La diminution dramatique du
nombre des installations agricoles s’explique de longue date
par la politique d’agriculture dirigiste. Ce nombre est
désormais inférieur à 10 000 par an. Cela représente donc,
pour 30 000 villages français, moins de 3 installations en
moyenne par village tous les 10 ans. Au bout de 40 ans, vers
2030, il y a aura donc moins de 12 exploitations par village
français. Cela n’assure donc plus à l’agriculture une
présence démographique anecdotique y compris dans la France
rurale. Or, comme n'on y est envisagé pratiquement que comme
agriculteur ou retraité, la France rurale, comme l’Afrique
francophone, comme l’Outremer français, est identiquement
tributaire des entraves diverses venant aussi bien du système d’assistanat
que du modèle social, contrariant la création d’activités
productives, d’entreprises individuelles ou de relations de
travail.
S’agissant de l’Outremer, et
bien que vivant constamment sous perfusion financière, les DOM
français sont en définitive, de leur côté, les régions le
plus pauvres de l’Union européenne à laquelle ils
appartiennent. C’est particulièrement le cas de la Réunion
et de la Guyane.
Les maux sociaux et les maladies
étatistes s’y combinent et s’y aggravent d’une entrave
supplémentaire au développement apportée par les mécanismes
douaniers, eux aussi considérés faussement comme
"protecteurs"…
Dans la campagne présidentielle
à venir, où le vote d’outremer pèsera lourd, on aimerait
sans doute voir que certains candidats, sur les 18 ou 20
présentement déclarés, soient capables de remettre
effectivement en cause cette folie française…

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