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Lettre ouverte aux sénateurs concernant la prescription de la pilule d'urgence par
les infirmières scolaires
M.
Sénateur
Sénat
15 rue de Vaugirard
75291 Paris Cedex 06
Beaune le 25 octobre 2000
Monsieur le Sénateur,
Vous allez être amené à examiner le 31 octobre 2000, la « petite loi » n° 560 adoptée par l’Assemblée Nationale le 5 octobre 2000
relative à la contraception d’urgence.
Cette Loi autorise les infirmières scolaires à délivrer la pilule du lendemain à des adolescentes, mineures ou majeures.
Je souhaite attirer votre attention sur les conséquences d’une telle action médicale.
Lorsqu’un médecin prescrit une pilule, quel que soit son dosage, il se doit d’effectuer un interrogatoire précis et un examen minutieux. Les oestro progestatifs de synthèse ont des effets d’aggravation de la coagulation avec un risque très important de thrombose, c’est à dire de formation de caillots dans les vaisseaux. Tous les médecins ont vécu douloureusement des accidents emboliques chez leurs patientes, jeunes ou moins jeunes, à la suite de la prise de tels médicaments, phlébites, accidents vasculaires cérébraux ou embolies pulmonaires.
En pratique ce sont des jeunes femmes qui se retrouvent paralysées, voire qui peuvent mourir par embolie massive.
L’âge n’est pas un critère de bénignité, puisqu’il existe des malformations de la paroi vasculaire, qui, lorsqu’elles sont associées à une prise d’oestro progestatifs font courir un risque mortel à la patiente.
La communauté scientifique que je représente, médecins et spécialistes de l'hémostase ou de la maladie thromboembolique, pharmaciens et biologistes, s'accorde pour dire que le risque médical est certain. Le risque de mortalité est réel.
L’examen clinique pour la prescription d’une pilule est donc nécessaire et doit être réalisé par un professionnel.
Nous doutons qu’une infirmière en milieu scolaire soit capable de le faire :
Elle est écartée du contexte familial et ne peut accéder aux antécédents familiaux si importants dans ce domaine (maladies génétiquement prédisposées).
Elle n’a pas la formation médicale pour ce genre de prescription.
Et je résumerais en précisant que l’infirmière en milieu scolaire n’a pas le « sens clinique » apporté par l’expérience des soins aux malades.
La décision parlementaire votée par 55 députés à main levée, est une décision lourde de conséquence.
C’est au nom du principe de précaution que nous souhaitons vous alerter.
Les professionnels de la santé payent un lourd tribut en matière de responsabilité professionnelle et l’assume.
La question est de savoir si la phrase incluse dans la proposition de Loi « et non susceptible de présenter un danger pour la santé dans les conditions normales d’emploi » permettra d’écarter les élus de leurs responsabilités face à des familles touchées par un drame. J’en doute.
Que feront des parents qui verront leur fille paralysée à la suite d’une prise de pilule donnée par une infirmière scolaire ?
D’autre part, la prise de la pilule à l’école banalisera l’acte sexuel et la prise de contraceptif.
Est-ce aux assemblées d’élus de s’occuper de la sexualité de nos enfants ?
Pensez-vous niveler les difficultés de la société par de telles actions ?
Monsieur le Sénateur, nous sommes inquiets de la santé physique et morale de nos enfants.
Je suis à votre disposition pour tout complément d’information.
Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l’expression de ma plus haute considération.
Dr Patrice Planté
Président de SOS Action Santé Europe
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