|
Nouvelles plaintes
françaises contre l’état français

L’ADTI devant la
Commission européenne à Bruxelles
Depuis 10 ans, l’application du
Droit concurrentiel européen est en panne pour une catégorie de
Français dont les médiats ne se préoccupent jamais : les
travailleurs indépendants. Ceux-ci représentent pourtant plusieurs
millions de familles françaises et surtout on doit bien comprendre
qu’ils représentent à peu près les 2/3 du potentiel de relance
d’activité et de création d’emplois.
Leurs doléances, à défaut d’être
médiatiques, mériteraient mieux que l’indifférence des uns (à
"droite"), mieux que le mépris des autres (à
"gauche") et une autre forme de dialogue que la
répression des pouvoirs publics.
Or, cette doléance ne vise pas
seulement la complexité paperassière du système. Cette forme de
persécution est certes fort efficace. Mais la réponse "simpliste"
des partisans de la pure simplification administrative, Formulaire
Unique de 1987, et aujourd’hui Guichet Social Unique, peut-être
un remède pire que le mal : rien n’est plus simple que le
fonctionnement de la guillotine, de la chaise électrique, sinon la
hache du bourreau.
On peut chiffrer très pratiquement
le poids des charges sociales infligées aux indépendants en
prenant le cas réputé le plus favorable, celui d’un exploitant
agricole.
Comparé à ses concurrents
européens, pour un revenu brut annuel identique de 35 000 euros
(230 000 francs), il paye au titre de ses assurances maladie et
vieillesse personnelles :
- 13 996 euros en France contre
- 6 557 euros aux Pays-Bas
- 4 375 euros en Allemagne
- 2 805 euros en Belgique et
- 1 928 euros en Grande-Bretagne.
Son compatriote fonctionnaire civil
pour le même revenu payera 7 095 euros au même titre mais pour
bénéficier d’une pension infiniment meilleure.
Et soulignons encore que les
exploitants agricoles sont, de ce point de vue, la catégorie d’indépendants
la mieux traitée par le système social.
Pendant 10 ans, les Docteurs Tant
Mieux nous ont assuré qu’inéluctablement le Droit concurrentiel
européen allait s’imposer, dans les prétoires du système
judiciaire, simplement parce que cela était écrit noir sur blanc
sur des Directives Européennes signées par l’État français en
1992 et dont le principe est fort important : ce sont les Directives
92-96 et 92-49.
Hélas, non seulement l’État
français n’a jamais totalement transposé ces textes en droit
interne mais il a eu gain de cause à l’encontre de
contestataires, souvent mal défendus, dans diverses affaires mal
conduites devant la Cour de Justice de Luxembourg qui, notamment en
1993 (arrêt Poucet-Pistre) et en 1996 (arrêt Garcia) s’est
contenté de dire l’état antérieur du Droit tout en concédant
(arrêt Coreva de 1995, arrêt Commission contre République
française C-206-98 de 2000, arrêt Podesta de mai 2000 notamment)
certaines avancées inéluctables.
Aujourd’hui, il faut féliciter l’ADTI
de la Région Midi-Pyrénées (1), agissant en fait au nom de la
pluralité des Associations de défense des travailleurs
indépendants de diverses régions françaises, et notamment de
Bretagne et de Provence, le FEDI de Lyon, etc. de porter
courageusement et résolument l’affaire, non plus devant la Cour
de justice, mais d’abord devant la Commission européenne et
devant la Direction Générale de la Concurrence à Bruxelles.
Nul ne peut évidemment prévoir
quand et comment la victoire juridique sera obtenue.
Nous savons bien, pour tout dire, que
le dernier procès sera celui que les caisses monopolistes perdront.
Notons ici que cette plainte en
double manquement est conseillée par un cabinet établi et agissant
à Bruxelles (2) et qu’elle repose sur le dommage économique
concret subi par les responsables d’entreprises individuelles
persécutés dans l’Hexagone et Outremer par la caste
bureaucratique, et exclues du bénéfice de l’accès à une
concurrence économique dont elles subissent l’impact
professionnel de plein fouet.
Il serait dérisoire de présenter
cette cause comme assurée de la victoire.
Au contraire, nous considérons qu’elle
a besoin d’être soutenue, encouragée, popularisée, élargie.
Tout défenseur de la liberté doit se solidariser d’une manière
ou d’une autre de l’ADTI Midi-Pyrénées y compris au sein des
professions de santé ou du monde agricole pour aboutir, enfin, à
un front commun des professions françaises dont les libertés sont
piétinées par les gestionnaires de l’héritage collectiviste et
technocratique.
|