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Productivité et richesse des
nations
La richesse des nations et celle
de leurs habitants dépend des gains de productivité qui sont de 2,5 %
par an en moyenne depuis la fin de la Seconde guerre mondiale aux Etats-Unis.
La productivité dans les entreprises est l'output (c'est à dire la
production) évalué en monnaie constante par heure de travail. Il a
augmenté de 4,3 % (sur un rythme annuel) au 3° trimestre 2005 alors que
le nombre d'heures travaillées a diminué de 0,4 %.
Les gains de productivité ont donc bondi de 4,8 % ce qui est largement
supérieur à la norme de 2,5 %.
| Output à
prix constants |
+ 4,3 % |
| Nombre d'heures travaillées |
- 0,4 % |
| Gains de
productivité (horaire) |
4,8 % |
La croissance du PIB et du niveau de vie
dépendent des gains de productivité mais aussi de la modération des
augmentations de salaires : quand elles progressent plus vite (en termes
réels) que les gains de productivité, le coût unitaire du travail
augmente, ce qui diminue les bénéfices des entreprises, et par conséquent
leurs perspectives d'activité. La croissance du PIB en est réduite. Cette
situation (inflationniste) a duré aux Etats-Unis jusqu'en 1992. Elle s'est
retournée à partir de cette date et surtout depuis 2001 :
les gains de productivité sont supérieurs aux
augmentations du salaire horaire réel, donc le coût unitaire du travail
diminue, ce qui maintient la compétitivité des entreprises
américaines, renforce leurs cash flows et entretient la croissance du PIB. Les
salariés américains récupèrent ces gains de productivité par le produit de
leur épargne investie directement ou non dans les entreprises. Leurs revenus
et leur niveau de vie augmentent finalement grâce à leurs capitaux investis.
| Salaire
horaire réel |
+ 4,2 % |
| Productivité horaire |
+ 4,8 % |
| Coût
unitaire du travail |
- 0,6 % |
Des gains de
productivité de 2,5 % permettent de doubler le niveau de vie en 30 ans.
Plus riches, les Américains épargnent facilement une part importante de leurs
revenus qu'ils placent dans les caisses d'épargne (5 300 milliards de
dollars) et dans des fonds de pension (9 000 milliards) qui les
investissent dans des entreprises, qui elles aussi s'enrichissent (3 400
milliards). Les cash flows atteignent des sommets (1 300
milliards sur ces12 derniers mois).
Les entreprises américaines investissent sur le
sol des Etats-Unis mais aussi en dehors : dans les pays où la rentabilité des
capitaux est élevée. La part des revenus des capitaux
investis augmente, en particulier en dehors des Etats-Unis, ce qui permet
d'assurer la contrepartie du déficit de la balance commerciale qui est donc
soutenable sur une longue période car la balance des paiements est ainsi
équilibrée.
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Les entreprises américaines assurent 78 % du
PIB, les administrations publiques et privées fournissant le reste. Les
variations à court terme de la productivité, d'un secteur à un autre, d'une
entreprise à une autre, sont souvent très importantes. Elles révèlent les
tendances globales à court et à long terme. La productivité augmente plus
rapidement que la norme depuis 2001 grâce à la modération des augmentations
salariales et au coût unitaire du travail qui reste bas (les salariés sont
obligés d'accepter de ne pas obtenir d'augmentations de salaires car ils sont
confrontés à la concurrence mondiale dans tous les secteurs). Il n'y a donc
pas d'inflation. Par ailleurs, le nombre d'heures travaillées augmente plus
vite que la population depuis 1993. Ainsi s'expliquent
la réussite et la richesse des Américains qui appliquent les
théories du capitalisme libéral pour leur plus grand profit.
Sources : Bureau of Economic Analysis, Department of Labor, Fred de Saint
Louis.
JPC
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