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Comme
toujours les professions médicales s’agitent en ordre
dispersé
Alors que la médecine est menacée dans son
essence même, par le système du monopole assuranciel
étatique, par les effets du plan Juppé, et par les dernières
jurisprudences, il est frappant, ces derniers jours, de voir les
syndicats médicaux se mobiliser de manière totalement
sectorielle.
Ce 15 octobre, à la veille de la grève des
employés des chemins de la SNCF, des transports urbains, et
autres candidats à la retraite à 55 ans, les sages-femmes
appellent à une semaine d’action. La
Coordination nationale des sages-femmes a en effet décidé ce
13 octobre, une semaine de manifestations dans plusieurs villes,
pour exiger la “ reconnaissance d’une profession médicale
autonome ”, des “ moyens ” et ce qui “ n’a pas été
obtenu après le mouvement social du printemps. La prochaine
fois que les sages-femmes feront parler d’elles, ce sera pour
annoncer la fermeture des maternités ”, menace cette
Coordination. Malgré les grèves et les manifestations du
printemps, “ le ministère nous a accordé beaucoup de paroles
mais rien de concret ”, affirme une responsable régionale.
“ Nous sommes toujours considérées comme du personnel
paramédical et bloquées sur des grilles salariales d’infirmières
spécialisées. La promesse d’une indemnité de risque
médico-légal n’est plus à l’ordre du jour ”. Cette
Coordination revendique “ plus de 3 000 sages-femmes du
public, du privé et du libéral ”.
La Coordination a décidé de manifester en
raison du déroulement les 17 et 19 octobre de réunions sur la
“ refonte de la profession ” entre notamment le ministère,
des directeurs d’écoles de sages-femmes, des doyens de
faculté et des syndicats. Mais sans les intéressées !
Bernard Kouchner, ministre délégué à la
Santé, a sur LCI (14 octobre) qu’il “ proposerait beaucoup
” aux médecins hospitaliers qui reprennent lundi leurs
négociations sur les 35 heures, tout en réaffirmant sa
proposition de création de “ 1 500 postes sur deux ans ”.
M. Kouchner a affirmé que ces négociations
sont “ très difficiles car les médecins hospitaliers sont
dans un changement de culture ”, passant du “ dévouement
envers le malade à penser à eux-mêmes et à leurs familles
”.
Évoquant la pénurie d’infirmières à l’hôpital,
M. Kouchner a affirmé que “ la gauche ” avait “ formé
cette année 26 000 infirmières, ce qui est infiniment plus que
ce qui a été fait jusque-là ” “ En attendant, il y a une
pénurie qui n’a rien à voir avec les 35 heures et l’on ne
va pas se trouver à court d’infirmières à l’hôpital le 1er
janvier 2002. Au contraire, on va en recevoir 8 000
supplémentaires, j’espère cette année ”, a-t-il
déclaré.
Face aux gynécologues Kouchner a aussi des
promesses pour eux “ Je répète que les gynécologues
médicaux seront formés en 4 ans et les obstétriciens en 5
ans. Il y a un accès direct à la spécialité, et la
gynécologie médicale, qui n’existe nulle part ailleurs qu’en
France, est maintenue ”. Le 13 septembre en effet quelque 10
000 personnes ont manifesté pour réclamer la “ restauration
d’un diplôme de gynécologie médicale autonome ” et un “
accès direct et remboursé au gynéco de son choix ”. “ Le
gynéco médical, c’est vital ! ”, “ Libre accès = moins
de cancers ” proclamaient les banderoles des manifestants et
de leur comité de défense.
Le 12 octobre, les médecins hospitaliers,
eux, se sont mobilisés pour leur journée nationale de “
grève des soins non urgents ”, organisée par 4 syndicats de
médecins (CMH, CHG, INPH et SNAM-HP) qui ont déposé un
nouveau préavis de grève pour le 19 octobre. Leur but est d’obtenir
“ 20 jours de RTT ”, “ le maintien de l’indemnité de
travail de nuit et de jours fériés ”, une “ revalorisation
de 50 % des astreintes ” et la “ création de 3 000 postes
par un plan pluriannuel de 4 ans ”. Le système étatique
produit ainsi ses conséquences ordinaires…
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