|
Rapport de la Cour des comptes sur la Sécurité
sociale
Le rapport annuel spécial de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale, a été publié ce 19 septembre.
Comme il en est depuis 1952, c’est à dire depuis que la Cour des comptes de l’État se penche sur la Sécurité sociale, la première priorité énoncée serait qu’elle obtienne enfin des comptes fiables et cohérents.
"La Sécurité sociale française n’a pas encore des comptes véritablement dignes de ce nom", a rappelé à nouveau le premier président de la Cour des comptes, M. Pierre Joxe.
Mais, à en croire M. Joxe, "l’imprécision des comptes n’empêche pas de constater qu’ils ont évolué positivement".
Rappelons à nos lecteurs que ce retour à l’équilibre provient de recettes en hausse du fait d’une conjoncture exceptionnellement bonne en 2000 et que divers indices amènent désormais à prévoir comme moins bonne en 2000.
Comme dans son rapport de septembre 1999, les recommandations phares restent la modernisation et surtout l’homogénéisation de la comptabilité des organismes sociaux. Rappelons aussi que le budget d’ensemble de ces centaines d’organismes incohérents représente 20 % du PIB de la France et que leurs dépenses sont supérieures à celles du budget de l’État.
Sur le reste, on constate que le rapport de la Cour des comptes, complètement incompétente pourtant sert de cadre à la définition de la politique suivie par l’État en matière de Santé.
M. Joxe croit en effet à l’urgence de promouvoir les médicaments dits génériques.
Le rapport préconise aussi la "refonte" du système conventionnel régissant les rapports entre assurance maladie et professionnels de santé. Ce système a échoué sur le point qui préoccupe la Cour des comptes, c’est-à-dire sur la maîtrise comptable des dépenses.
La mise en œuvre de la carte Vitale est un échec. L’objectif de 40 % de médecins acceptant de télétransmettre, objectif qui devait être atteint en 1999 selon la Caisse nationale d’assurance maladie, ne devrait pas être "atteint avant la fin 2000". La Cour des comptes veut en ignorer les dangers pour les citoyens.
Le cancer est la deuxième cause de mortalité en France. La Cour des comptes insiste sur la nécessité d’une collaboration entre l’État et l’assurance maladie pour mettre en place "une véritable politique de la santé, où la prévention et le dépistage aient toute leur place".
La qualité du service rendu à l’usager est également remarquée par la Cour, tant dans la branche vieillesse où il est qualifié de "perfectible" que dans les caisses d’allocations familiales où l’accueil téléphonique est jugé "très défectueux".
Parmi les autres priorités, la Cour des comptes évoque, dans des termes finalement très dangereux "le nécessaire aménagement de notre système de retraites", dont les avantages familiaux et conjugaux disparates sont "générateurs d’inégalités entre retraités relevant de régimes différents". Est-ce donc le seul problème des retraites en France ?
Puisque les comptes sont toujours aussi fantaisistes, la Cour nous fera autant rire. JGM
|