Raz-de-marée SOS
aux Élections CARMF

Interview du futur Président de la CARMF

Patrice Planté : 280 élus sous votre étiquette contre 4 pour votre adversaire et 2 pour MG France qui a fait campagne contre vous, vous devez être très satisfait ?

Gérard Maudrux : Oui et non. Ce n'est pas la grande joie. Cette victoire me laisse un goût amer, celui de 3 ans de perdus, à cause d'une poignée d'individus qui ont refusé de prendre conscience de l'état d'esprit de la profession. je vous signale que MG France n'était pas seul, quelques syndicats départementaux ont également essuyé un échec sévère.

Patrice Planté : Lesquels ?

Gérard Maudrux : je ne vous donnerai qu'un exemple. Dans les Alpes Maritimes, où l'union syndicale CSMF, SML, FMF a présenté une liste complète contre notre liste associée au SMI. lis n'ont eu qu'un élu sur 15 candidats.

Patrice Planté : Qu'envisagez-vous pour la suite ?

Gérard Maudrux : Gagner ces élections était chose facile et je ne me faisais pas trop de soucis, connaissant la position des confrères. La suite sera moins évidente.
Que pourra-t-on faire avec un tel carcan administratif ?
Le Conseil n'a pas, ou peu, de pouvoir. Toutes nos décisions doivent, pour être appliquées, passer par un décret. Le gouvernement ignore toutes les décisions qui ne lui plaisent pas et s'il veut en prendre d'autres, peu importe notre avis, il décrète ou légifère.

Patrice Planté : Comment faire ?

Gérard Maudrux : L'opinion clairement exprimée à deux reprises par la profession et le score de ces élections devraient nous aider. La tutelle ne pourra y être indifférente, sauf à créer une situation de conflit. Nous avons une majorité très large au Conseil et si celui-ci n'est pas écouté, il peut faire comme je l'ai fait il y a deux ans, démissionner ou, cette fois, mieux, faire grève, ultime recours. Nous avons trois ans devant nous pour négocier et obtenir des résultats. Si rien ne peut être fait dans ce délai, il y aura des problèmes.

Patrice Planté : Quel est le programme ?

Gérard Maudrux : Il a déjà été, en partie, expliqué dans notre Livre Gris. Pour le régime de base, le gros problème est la compensation. Pour le régime complémentaire, gel des cotisations. L'ASV sera le gros morceau. Il n'y a qu'une seule solution : trouver une sortie honorable. Nous devons nous appuyer sur la législation européenne pour faire cesser ce qui peut être considéré comme une escroquerie, le droit interne permettant tous les abus de la part de ceux qui sont juge et parti. Les confrères commencent à s'en rendre compte, grâce à notre information confirmée par un récent rapport de la Cour des Comptes.

Patrice Planté : Vous reprendrez alors le chemin tracé par SOS ACTION SANTÉ avec sa plainte en manquement déposée à la Commission Européenne.
Quelle sera votre position pour les Unions ?

Gérard Maudrux : La CARMF ou SOS Retraite s'occupent de retraite, nous n'avons pas à prendre position. A titre personnel, je ne voterai pas.

Patrice Planté : Pour quelles raisons ?

Gérard Maudrux : J'aimerais bien que l'on m'explique à quoi servent ces Unions.
Après 6 ans, au risque de passer pour un imbécile, je n'ai toujours pas compris et je ne peux voter pour quelque chose que je ne comprends pas.
Les candidats ne présentent ni bilan, ni programme.
On entend dire que c'est pour la défense de la profession, mais où est le bilan de 6 ans de fonctionnement et quelles sont les actions prévues dans ce sens ?
Je trouve que nous payons cher pour permettre aux syndicats officiels de se payer une arène pour leurs joutes.
Je préférerais que l'on arrête là ce machin, qu'on nous rende notre argent et que nos syndicats s'occupent de nous défendre plutôt que de se défendre.
Enfin, ces élections ne sont pas démocratiques. Seuls peuvent se présenter ceux qui sont agréés par la tutelle.
Ce n'est pas normal. Comme à l'Ordre ou à la CARMF, tout le monde devrait pouvoir se présenter.
Les syndicats ne veulent pas, car il y aurait des surprises concernant leur représentativité.

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