Nos médiats nous abreuvent
encore volontiers de rivalités opposant les hommes de l’État.
La presse britannique gagne beaucoup d’argent en évoquant les
tribulations de la famille royale. De l’argent, les quotidiens
français en perdent tous les jours, en nous relatant celle de
notre classe politique républicaine. Sans doute, faudrait-il
que nos journalistes s’interrogent, en terme de coûts et d’avantages,
quant à la rentabilité comparée des "royals"
anglais sur les énarques français.
Mais telle n’est pas la
question du jour.
Nous croyons trop souvent, en
effet, que la rentrée difficile, sur le calendrier politico
médiatique, cela concerne surtout les gens du gouvernement. Il
est vrai que la dite rentrée aura, cette année, été un peu
tumultueuse. D’abord un conseil des ministres s’est tenu,
pour la forme, avec le président le 23 août. Puis, lors d’une
autre réunion de ministres, la vraie, sans le président, le
24, les membres de la fameuse majorité plurielle ont réglé
leurs comptes entre eux. On n’oubliera pas qu’entre les
Savoisiens concernés, les défenseurs de l’environnement
institutionnels, d’une part - et M. Gayssot, d’autre part,
le "débat" sur la réouverture aux camions du tunnel
du Mont-Blanc s’est tranché en 48 heures, et une fois de
plus, en faveur des alliés politiques du premier ministre.
Mais au delà même de l’exaspérante
omniprésence de M. Gayssot n’est-ce pas l’étatisme, n’est-ce
pas la rente concédée aux hommes de l’État et aux
énarques, qui a encore triomphé ?
Les grands dossiers français de
cette rentrée n’interpellent pas seulement le gouvernement,
car ce sont des dossiers d’État. Et c’est mentir aux
Français que leur dire qu’il leur suffirait de changer de
gouvernement pour que les choses aillent mieux. Ce dont ils ont
besoin ce n’est pas d’un gouvernement différent, c’est d’un
État moins arrogant.
Et cette rentrée est peut-être
un plus dure que les autres pour les hommes de l’État parce
que, de plus en plus, "ça se voit". Les belles
vitrines du gigantisme monopolistique étatique se lézardent de
plus en plus vite. On parle déjà de fermer l’hôpital
Georges Pompidou…
Dans un tel contexte on ne s’étonnera
pas de voir le redoublement de l’intox étatique. Même le
quotidien économique réputé sérieux, La Tribune (27 août)
ose titrer en première page "Coups de pouce au pouvoir d’achat
des Français", ceci à propos des "baisses d’impôts
et prime pour l’emploi" (qui) représenteraient "un
gain de 1 500 F en moyenne par foyer fiscal." Simple
question : comment l’État qui va encore proposer un budget
2002 et une loi de financement sur la sécurité sociale pour
2002 en augmentation l’un comme l’autre, peut-il prétendre
qu’il donne un "coup de pouce au pouvoir d’achat des
Français ?" À qui La Tribune imagine-t-elle de faire
croire que la redistribution est financée par quelqu’un d’autre
que les Français productifs ?
Cette incroyable publicité faite
au prétendu cadeau fiscal de Fabius a ainsi de quoi faire
réfléchir. Si nous prenons un par un le cas de chacun de ces
contribuables les plus modestes auxquels le Ministère des
finances adresse un chèque de 1 000 F, on découvrira que le
seul monopole de l’assurance maladie leur coûte chaque année
plus de 10 000 F gaspillés par la gestion étatique du système
et que le système de retraite par répartition leur en coûte
le double ! Les jeunes Français sont-ils dupes ? Les
politiciens le croient tous, comme ils croient nécessaire de
mentir aux familles sur les frais de scolarité et sur l’allocation
de rentrée scolaire. Le problème est que les familles savent
mieux qu’eux combien ces allocations sont trompeuses pour les
classes moyennes auxquelles elles coûtent deux ou trois fois
les montants si "généreusement" reversés ; n’importe,
on pourra encore lire sous la plume des faiseurs de programmes
électoraux et des rédacteurs de rapports destinés à
fabriquer de nouveaux règlements que les Français sont
"attachés" à leurs systèmes de protection sociale,
de monopole d’État, de transports ferroviaires. Pour faire
plaisir aux défenseurs du ferroviaire on va leur faire miroiter
le fameux "ferroutage" sans expliquer combien cela
coûtera en subventions à la SNCF, combien cela rapportera aux
fournisseurs de ce charmant monopole et combien cela
transportera vraiment de marchandises : pour sûr une part de
marché supérieure à celle du transport à dos d’âne…