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Il
ne faut pas retarder le départ a la retraite des fonctionnaires
C'est la dernière nouvelle : le
gouvernement commence à considérer sérieusement la retraite
des fonctionnaires et leurs incroyables privilèges. Il serait
vraiment question de leur imposer trois années de travail en
plus. C'est, en soi, déjà un petit progrès que le pouvoir
trotskiste commence à apercevoir, au travers des brumes de
l'idéologie, quelques lambeaux de la réalité. Au risque
cependant de surprendre certains de nos amis, je pense qu'un
gouvernement de libération, lequel finira bien par arriver, se
garderait d'une telle mesure. Elle serait contraire à la
morale, à la logique et à l'utilité.
La morale
Les fonctionnaires en place se
sont engagés dans leur carrière sur la base d'un certain
statut. Il n'y a nulle raison de déchirer ce statut et je
comprend que ces fonctionnaires protestent. Ce statut comporte
d'immenses privilèges et les fonctionnaires se sont engagés
dans leurs fonctions sur la base de ces privilèges : on ne voit
pas sur quels motifs les pouvoirs publics rompraient le contrat.
Ils pourraient imaginer un nouveau statut pour les nouveaux
fonctionnaires, mais justement la "libération"
nécessaire implique que l'on ne recrute plus de nouveaux
fonctionnaires.
J'ai coutume de dire que les
hommes de l'Etat, ceux que je désigne pour résumer par le
terme de "Hifis", agissent selon leur bon plaisir. La
mesure envisagée serait une nouvelle application de cette
règle horrible du bon plaisir et ceci au détriment d'une
catégorie de la population qui n' a pas démérité, même si
les Hifis de haut niveau sont largement responsables. Certes on
peut dire que les privés souffrent depuis longtemps des vols
étatiques dans le domaine des retraites. Mais l'imposture, car
il s'agit d'une imposture, imposée aux uns n'excuserait pas de
nouvelles impostures. Il y a un moment où le scandale doit
s'arrêter. Un gouvernement libérateur réintroduira la morale
dans le rapport des citoyens à l'Etat
Il pourrait être question, sans
doute pour compenser, de valider en même temps pour la retraite
les primes diverses que certaines catégories de Hifis ont
obtenu. Ce serait aussi une nouvelle agression contre la morale.
Beaucoup de ces primes ne paient pas l'impôt et sont
comparables aux rémunérations au noir que les mêmes Hifis
pourchassent chez les privés : ayant obtenu le beurre, certains
fonctionnaires demandent l'argent en même temps que le
beurre... .
La logique
Cette félonie, car c'en est une,
serait totalement illogique. On imaginerait, par ce moyen,
corriger ou améliorer la destruction des retraites privées à
laquelle nous assistons depuis longtemps. Certains constatant
l'immense scandale de la ruine de ces retraites privées
demandent avec insistance le recul du départ des fonctionnaires
comme si cela apportait quoi que ce soit aux privés. C'est
méconnaître une loi absolue de la République Fromagère ou du
socialisme ce qui revient au même : jamais une calamité
créée par les Hifis ne peut être corrigée, le socialisme
étant destructeur dans sa nature. On ne voit pas du tout
comment le retard du départ des fonctionnaires pourrait ajouter
quelque chose aux retraites privées.
En fait dans ce dernier
raisonnement il se glisse l'idée de l'égalitarisme ; les
retraites devraient obéir au principe égalitaire, mais
justement ce principe contient en lui-même les germes de toute
destruction.
L'utilité
Les calculs véritables montrent
qu'un fonctionnaire au travail coûte environ cinq fois plus
qu'un fonctionnaire en retraite. Un gouvernement libérateur
profiterait à plein de l'immense chance qu'il aurait devant lui
avec le départ prochain à la retraite de beaucoup de
fonctionnaires. A l'évidence il ne devrait pas les remplacer
d'autant plus qu'une autre forme de réflexion doit être
ajoutée : c'est la nuisance de la plupart des fonctionnaires.
L'analyse objective et détaillée montre que la plupart des
fonctionnaires détruisent la richesse que les privés
s'efforcent de créer dans la mince marge de liberté qu'ils
obtiennent. Si l'on prenait en considération ce fait, le
coefficient cinq ci-dessus deviendrait peut-être dix ou
davantage.
Certes la responsabilité des
petits fonctionnaires n'est pas en cause. Ce sont les Hifis du
sommet qui ont bâti au fil des ans l'enchevêtrement d'usines
à gaz où la richesse de la France part tous le jours en
fumée. Mais le fait est là.
C'est pourquoi la conclusion
s'impose : un gouvernement de libération ne retarderait pas le
départ à la retraite des fonctionnaires ; il ne les
remplacerait pas. Il irait d'ailleurs bien plus loin et
supprimerait chaque année bien plus de postes que ceux des
fonctionnaires partant et le ferait dans le respect de leurs
droits légitimes. Il aurait tous le moyens de cette double
ambition grâce au formidable renouveau que la libération
créerait.
Ce pouvoir que la France appelle
de ses voeux, sans pouvoir encore l'exprimer clairement,
porterait remède à l'écroulement des retraites soit privées
soit publiques. L'immensité de la richesse créée suite à la
"libération " autoriserait tous les espoirs.
En particulier, dans les
perspectives actuelles, les retraites des fonctionnaires
elles-mêmes risquent de ne plus être payées. Actuellement
elles sont payées sur les nouvelles dettes de l'Etat. Que
dirait-on d'une firme qui pour payer les retraites de ses agents
pratiqueraient la "fuite en avant" ? Pour sauver la
retraite des fonctionnaires et pas seulement celle des privés,
il faut les libérer de leurs tâches afin de laisser la
richesse nécessaire se créer.
Les fonctionnaires évoluent
beaucoup dans leurs idées. Un grand nombre d'entre eux commence
à se rendre compte qu'ils vont dans une impasse ; ce changement
dans l'état d'esprit se remarque dans tous les niveaux de la
fonction publique.
Quand ils auront vraiment
compris, un grand pas vers la libération nécessaire du pays
sera franchi.
Michel de Poncins
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