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Retraites :
c'est du gâteau !
Que se passera-t-il à l'avenir pour nos retraites ?
… et plus
particulièrement entre 2020 et 2040, période au cours de laquelle les papy
boomers retraités seront très nombreux ?
L'essentiel…
Le niveau de vie des retraités en France en
2020 sera inférieur à celui des actifs d'aujourd'hui car le taux de croissance
sera durablement inférieur à 2 % si de profondes réformes libérales ne sont
pas réalisées rapidement. La clé de la richesse des nations et des
hommes est la croissance.
En travaillant pendant un an, les 60
millions de Français produisent un gros gâteau : un PIB de € 1 670
milliards actuellement. En principe, chaque Français reçoit une part de ce
gâteau diminuée de 15 % pour que chaque retraité puisse disposer des 2/3 de la
part qu'il aurait reçue s'il pouvait encore travailler. Tout se passe bien
en apparence. C'est la redistribution dans le plus pur style d'une
société de partage communiste. C'est le système de retraite dit par
répartition. Mais que se passera-t-il à l'avenir ? … et plus
particulièrement entre 2020 et 2040, lorsque les papy boomers retraités seront
très nombreux ? Ils voudront toujours la même chose : une part du gâteau
égale aux 2/3 de la part en vigueur à ce moment là. Plus le gâteau sera gros,
plus les parts seront grosses…
Le niveau de vie des retraités repose donc sur
la croissance : il faut qu'elle
atteigne son potentiel optimal à tout moment. Si le taux de croissance annuel
est de l'ordre de 2 %, le PIB aura augmenté en 2016 de 45 % par rapport à
celui de 2001 et il aura doublé en 2040, mais
si le taux de croissance est durablement inférieur
à 2 %, en 2020 le niveau de vie des retraités sera inférieur à celui des
actifs d'aujourd'hui.
La richesse des nations et des hommes
passe donc par la croissance. Le problème est alors le suivant :
comment atteindre la croissance la plus élevée possible compte tenu des
contraintes ? La réponse est simple : grâce à la diffusion des
gains de productivité dans une économie de marché. Les entreprises qui
innovent se développent, celles qui ne s'adaptent pas aux nouvelles techniques
disparaissent. C'est la destruction créatrice de Schumpeter.
En France, les entreprises bien gérées
atteignent des niveaux de productivité égaux et même supérieurs à ceux de
leurs concurrents américains, mais la productivité
globale du système de production français est très faible. Celle des
Etats-Unis est supérieure à la notre de 45 % car
les administrations publiques françaises ont une productivité très
faible, trop faible, et l'organisation (en général) de notre société n'est pas
efficiente.
Des gains considérables de productivité peuvent être obtenus en réformant
l'organisation de notre société et les administrations ainsi qu'en privatisant
les services qui ne correspondent pas aux fonctions régaliennes de l'Etat.
La croissance en France pourrait alors être de l'ordre de 3 % comme celle des
Américains. L'application de solutions libérales calquées sur le modèle des
Etats-Unis suffirait à atteindre ces résultats pour le bénéfice de tout le
monde.
Travail et productivité
Comment augmenter la taille du gâteau, c'est à
dire du PIB ? Le laboureur de La
Fontaine et le paysan de Böhm-Bawerk ont trouvé spontanément et
naturellement les bonnes solutions : augmenter la productivité du travail
en investissant et fournir une quantité de travail plus importante pour
produire davantage. Aux Etats-Unis, la durée hebdomadaire du travail dans
l'industrie est de 45 heures et de 1 800 heures par an contre 1 500 en France.
En une année, les ouvriers américains travaillent deux mois de plus que
les Français !
L'investissement des entreprises est fonction
des bénéfices passés
(les capitaux propres sont importants aux Etats-Unis), des bénéfices
présents (pour l'autofinancement), et des
bénéfices à venir (si leurs perspectives sont
bonnes). Or les perspectives d'investissement en France sont peu attractives
car la croissance s'annonce faible et les coûts élevés à cause des
dysfonctionnements organisationnels, réglementaires et des administrations.
Depuis 2001, les sorties de capitaux de France l'ont emporté sur les entrées.
Les capitaux libres à la recherche d'opportunités d'investissements se
dirigent préférentiellement vers la zone Pacifique, principalement aux
Etats-Unis et en Asie.
Les investissements qui ne sont pas réalisés en
France aujourd'hui sont les bénéfices qui ne seront pas faits demain, et c'est
le gâteau d'après demain qui en sera réduit d'autant.
Ainsi, un processus cumulatif de déclin relatif
est enclenché. Il risque de s'accélérer d'autant plus facilement que les
Français veulent toujours prendre des mesures qui aggravent les problèmes. En
effet, ils demandent toujours plus d'intervention de l'Etat,
toujours plus de collectivisation, toujours plus de bureaucratie et
de réglementation…alors qu'il faudrait faire exactement le contraire :
libéraliser, déréglementer, adopter des réformes libérales.
Une telle politique libérale a permis aux Etats-Unis de redevenir une grande
puissance en une vingtaine d'années. Elle a été initiée par
Ronald Reagan, inspiré par un économiste
français : Frédéric
Bastiat.
Productivité globale
La productivité globale des pays européens est très faible par rapport à celle
des Etats-Unis : le PIB des 300 millions d'Américains
est de 12 373 milliards US$ (actuellement en 2005) alors que celui des
300 millions d'Eurolandais est de 7 680 milliards d'euros. La
productivité globale des Français est même inférieure à la moyenne européenne.
Or la productivité de la plupart des entreprises françaises qui opèrent sur
les marchés ouverts à la concurrence internationale est comparable à celle des
firmes américaines (pour ce qui concerne le taux de marge).
C'est donc la
productivité de l'environnement des entreprises européennes qui est trop
faible : les administrations publiques et la mauvaise organisation des
pays européens (et de la France en particulier) sont responsables de l'écart
de productivité globale entre les Etats-Unis et l'Europe.
En France, plus de 50 % du PIB dépend
directement de l'Etat. Les administrations publiques sont omniprésentes et
leurs effectifs sont pléthoriques. Elles obéissent aux règles de gestion de la
comptabilité publique française qui ne permettent pas de connaître les
coûts, donc la productivité des services publics. Cette situation est le
résultat de la volonté des Français qui ne veulent pas adopter de solutions
libérales.
Croissance
zéro
Depuis la faillite de la
collectivisation soviétique, les socialistes français
tolèrent l'existence du libéralisme à condition qu'ils puissent réguler et
limiter eux-mêmes la croissance. Ainsi ils contrôlent divers organismes
pour maîtriser l'activité économique et la ralentir pour réaliser la
croissance zéro. Leurs objectifs sont atteints : la croissance est
faible en France, de l'ordre de 1 % depuis 2002 et même inférieure en
Allemagne où la coalition rose vert réussit à atteindre la croissance
zéro. Une croissance faible est contraire
aux intérêts des personnes qui disposent de revenus faibles.
Elle est antisociale mais elle est paradoxalement
défendue avec le plus d'acharnement par les personnes qui en sont les
premières victimes. La croissance zéro aura des conséquences
dramatiques dans les années à venir : la taille du gâteau français sera
réduite ainsi que le niveau de vie des futurs retraités.
Si la croissance en France reste durablement inférieure à 2 %, en 2020
le niveau de vie des retraités sera inférieur à celui
des actifs d'aujourd'hui !
Gains de productivité
Des réformes fondamentalement libérales
permettraient d'obtenir des gains considérables de productivité du système
global de production en France.
Quelques exemples…
L'adoption d'un système de
retraite par capitalisation dégagerait une
épargne supplémentaire (15 % des revenus) pour l'investissement.
La suppression des
subventions permettrait d'éliminer l'impôt
sur les bénéfices des sociétés et donc de faire jouer pleinement la dynamique
de l'effet boule de neige.
La privatisation des
services dits publics en
augmenterait leur productivité. Certaines de leurs prestations sont offertes
sur des marchés libres dans d'autres pays comme par exemple l'enseignement
supérieur, les services de santé dans les hôpitaux, etc.
La suppression du
monopole de la Sécurité
Sociale (et de l'assurance chômage obligatoire) conformément aux
directives européennes datant de 1992, non transposées en droit français,
laisserait le champ libre à un système d'assurances santé (et chômage) privées
qui augmenterait le pouvoir d'achat des salariés français de plus de 30 %.
Dans la situation présente les salariés
français sont passifs et résignés car ils savent qu'ils ne peuvent rien
obtenir d'un système qui décourage les initiatives individuelles. Des réformes
fondamentalement libérales constitueraient un électrochoc qui produirait des
effets psychologiques considérables : les Français pourraient alors faire
preuve d'un plus grand dynamisme en ayant l'espoir de conserver enfin le fruit
de leur propre travail.
Dysfonctionnements organisationnels
Les dysfonctionnements organisationnels
en France ont des conséquences graves. Quelques exemples… Les villes
américaines sont construites sur des plans simples : ce sont des matrices
constituées de blocs délimités par des rues parallèles et perpendiculaires.
Toute personne s'y retrouve facilement et rapidement. Rien de tel en Europe,
même dans les zones nouvellement urbanisées, ce qui engendre des surcoûts
considérables. Les centres commerciaux américains ne se trouvent pas dans le
centre des villes embouteillées comme en Europe. Le surdimensionnement des
espaces de circulation et de parking facilite les déplacements en voiture
d'autant plus que les taxes sur l'essence sont inférieures à celles qui sont
en vigueur en Europe. Il en est de même pour les transports aériens banalisés
grâce au grand nombre d'aéroports et aux faibles coûts de ces services. Des
réseaux de communications performants ont été installés et facilitent la
circulation des informations télévisées et informatisées, pour les
particuliers comme pour les entreprises. Etc. Etc.
Et enfin…
Les problèmes posés par les retraites
sont complexes car ils se déroulent sur de longues périodes. Il est nécessaire
de les simplifier et pour cela toute réflexion doit se baser sur des normes,
c'est à dire sur des valeurs pivots résultant de l'observation de situations
souhaitables, comme en analyse financière…
Un taux de croissance du PIB de 3 % constitue la valeur critique sur le long
terme.
Les caractéristiques de la population doivent être
normales, c'est à dire en croissance naturelle et par
migrations, avec une répartition équilibrée de la pyramide des âges.
Les pensions courantes des retraités doivent être égales aux
2/3 des revenus de leurs
collègues actifs de qualification équivalente, et pour cela les
prélèvements auprès des actifs doivent être de 15 %
de leurs revenus.
La durée d'activité professionnelle doit
s'étaler sur 45 années.
Les Etats-Unis entrent dans ces normes. La
croissance annuelle de la population américaine a été de 1 % (soit 40 % de
1970 à 2000), en particulier par une immigration maîtrisée et diversifiée
géographiquement et professionnellement. Les gains de productivité sont de
2,5 % par an en moyenne. La croissance du PIB restera dans sa moyenne
historique de 3,5 % à l'avenir qui s'annonce radieux…dans ce pays.
En France, la croissance de la population a été
plus faible : 0,5 % par an (20 % de 1970 à 2000) ce qui va générer une rupture
de l'équilibre démographique dont les conséquences négatives vont se
manifester dans les décennies à venir. Les gains de productivité globale sont
faibles : inférieurs à 1 %. La situation sera aggravée à l'avenir par la
faible croissance du PIB due à la pérennisation de structures et de mentalités
antilibérales.. Elle sera inférieure à 2 % en moyenne dans les
décennies à venir, ce qui aura des conséquences catastrophiques pour les
retraites des baby boomers.
Les Français ne veulent pas adopter le
libéralisme . Personne ne les y
oblige. Tant pis pour eux ! Tant pis pour nous ! Nous en subirons les
conséquences.
JPC
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