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La
France qui crée et qui vit, aujourd’hui la chirurgie aidée
par la robotique
Mme Elisabeth
Bursaux a résumé excellemment la télé médecine dans un
article récent publié dans le Monde, même si là encore, elle
a fait la part belle au service public en oubliant de signaler
que c’est le secteur privé qui a été à l’initiative de
l’essor de la coelioscopie en France.
Mais ne gâchons
pas notre plaisir sur l’évolution de notre art de soignant.
En effet,
l'imagerie médicale, l'informatique et la robotique sont en
train de transformer la pratique de la chirurgie.

Après l’anesthésie et la réanimation,
les progrès de la chirurgie sont liés aujourd’hui à deux
disciplines : l'imagerie, qui augmente de façon remarquable ce
que l'on voit, et l'assistance au geste par un ordinateur, qui
permet de préciser celui de l'homme en le démultipliant.
La chirurgie de la main fournit
un bel exemple de réparation du corps dans des conditions extrêmes.
Chaque année, 1,4 million de Français se blessent à la main.
Au cours des vingt-cinq dernières années, l'introduction des
techniques micro-chirurgicales a permis de réparer vaisseaux et
nerfs de moins de un millimètre de diamètre, et en
particulier, récemment, les nerfs sensitifs.
Les techniques proposées
permettent de mobiliser la main de façon précoce, ce qui réduit
le risque de raideur ultérieure.
Le pronostic fonctionnel se
jouant lors de la première intervention, il est essentiel
d'aller dans un centre spécialisé. En France, 36 unités
d'urgence bien réparties géographiquement sont ouvertes 24
heures sur 24,dont plus de la moitié dans l'hospitalisation
privée.
Pour la chirurgie viscérale, la
télé-manipulation n'est que l'aboutissement de la
coelioscopie.
Avec les instruments et l'éclairage
qui se manipulent à distance, à partir d'une console
informatique associée à des « joysticks » analogues à ceux
que l'on utilise pour les jeux sur ordinateur,
on ne se tord plus dans tous les
sens, car la »main« du robot est capable de tourner de 360
degrés
La télé-manipulation doit
apporter une automatisation des gestes, et donc une amélioration
du geste opératoire. En outre, les derniers progrès de cette
technologie résident dans la disponibilité d'un système tout
nouveau dit à « retour de force ». Avec lui, le chirurgien
ressent la résistance des tissus ou du fil de suture. Le geste
chirurgical reste cependant totalement dépendant de la vue, et
lorsqu'un instrument quitte le champ de vision il reste très
difficile de le récupérer.
Dans un autre domaine, un projet
réunit les armées, le service de santé des armées (SSA), la
Fondation de l'Avenir et l'IMM pour mettre au point la télé-chirurgie.
Il s'agit d'apporter une aide chirurgicale spécialisée à une
antenne médico-chirurgicale isolée « à mille milles de
toute terre habitée ».
L'antenne, installée sur un
paquebot, une plate-forme aéro-maritime, les Kerguelen ou la
terre Adélie, mais encore dans les missions humanitaires de
l'armée, doit posséder un robot qui peut être relié à un
centre de télé-chirurgie d'où l'aide chirurgicale peut être
dispensée.
Ce robot possède deux caméras,
l'une montrant l'ambiance et l'autre le champ opératoire avec
retour d'image instantané. Il est équipé de deux bras articulés
reproduisant à distance les gestes chirurgicaux exécutés par
le spécialiste. Localement, un chirurgien surveille et apporte
son aide si nécessaire.
Les responsables de ce projet
sont le professeur René Jancovici, médecin chef du SSA, et le
professeur François Laborde, chef du département
cardio-vasculaire de l'IMM. Un projet ambitieux, car il suppose
une télétransmission d'ordre sans faille, utilisant une
liaison satellite à haut débit (supérieur à 2,9 mégaoctets
par seconde).
Lorsque le projet aura abouti, il
n'est pas illusoire de penser que les entreprises installées
dans des lieux isolés pourraient installer ce genre d'antenne.
La neurochirurgie est très près
de se doter d'une robotisation vraie, grâce à la précision
actuelle de l'imagerie cérébrale par résonance magnétique
nucléaire. Cette technique offre la possibilité de dresser une
carte en trois dimensions du cerveau du malade et de pratiquer
une chirurgie beaucoup moins invasive. Le chirurgien peut alors
préétablir par ordinateur la route que devra emprunter
l'instrument chirurgical ou la sonde utilisée, et éviter ainsi
de léser les structures nobles.
« C'est ce
qu'on nomme la neuro-navigation. On suit une route pré-établie
pour atteindre l'objectif, comme avec un GPS, raconte le
professeur Marc Tadié, neurochirurgien à l'hôpital de Bicêtre.
Il devient alors possible de retirer les tumeurs sans déborder
sur le tissu sain, d'implanter des électrodes de stimulation
chronique du globus pallidus en traitement de la maladie de
Parkinson ou de délivrer des cellules dans des lieux bien déterminés
pour traiter des maladies neuro-dégénératives. »
Que c’est beau
le métier de soignant, lorsqu’on arrive à se libérer…
Patrice Planté
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