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Sombres perspectives françaises
Les perspectives de la croissance en France sont particulièrement sombres pour 2006 et le premier semestre 2007…
En effet, il est maintenant acquis que la croissance du PIB ralentit et ralentira encore davantage dans l’avenir proche aux
Etats-Unis car les membres du FOMC attendent de constater que ce ralentissement soit bien établi dans des statistiques pour qu’ils puissent déterminer le
niveau optimal de leur taux de base, celui qui assure une croissance sans inflation.
La croissance en Europe ralentira de ce fait. Si l’on se fie à l’observation du passé,
la croissance en France suit celle des Etats-Unis avec un décalage de 6 mois et deux points en moins.
La seule façon de maintenir une croissance élevée, de l’ordre de 5 %, serait de diminuer la part des prélèvements obligatoires
qui devraient passer de 53 % du PIB à moins de 35 % comme en Irlande, en diminuant prioritairement les prélèvements sur les revenus directs du travail.
Toute autre solution est vouée à l’échec.
Par ailleurs, Eurostat vient de publier les statistiques concernant l’inflation sous-jacente dans la
zone euro : les prix hors énergie et alimentation ont baissé de 0,9 % en janvier 2006 par rapport au mois précédent. Si cette baisse de prix est
bien le début d’une tendance longue, et c’est fort probable, c’est encore plus inquiétant car cela signifie que la déflation est déjà
bien installée, et il n’y a rien de pire !
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Les prix hors énergie et alimentation ont baissé de 1 % en Allemagne, en Italie et en Espagne et de 0,4 % en France
en janvier 2006 par rapport à décembre 2005, ce qui signifie que les entreprises ne peuvent pas augmenter leurs prix compte tenu
de la faiblesse de la demande. Généralement, des tensions déflationnistes sont très difficiles à vaincre.
Le Japon connaît une situation déflationniste depuis bientôt une vingtaine d’années et a
beaucoup de mal à en sortir malgré la sur-performance de certaines entreprises.
Depuis le mois de mars 2005, l’inflation sous-jacente est proche de 0 % dans la plupart des pays de la zone euro, sauf quelques
hausses ponctuelles, brusques et éphémères. La baisse constatée en janvier peut donc amorcer une tendance lourde très inquiétante.
La situation est grave mais pas désespérée car la croissance repartira aux Etats-Unis au début 2007 pour une longue période
(grâce à la nouvelle politique monétaire que la Fed aura étalonnée), ce qui devrait entraîner celle de l’Europe…
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Les rendements de l’obligataire public devraient tendre vers 4,0 % aux Etats-Unis et 3,0 % dans la zone euro à
cause du dérapage de l’agrégat monétaire M1.
La BCE s’achemine donc à terme vers un relèvement de ses taux de base à ce niveau. L’écart des taux (entre le 10 ans et le 2
ans) qui était supérieur à 100 points de base en juillet 2005 en Allemagne est maintenant inférieur à 50 points de base.
Si la tendance se poursuit, l’écart sera effectivement nul à terme.
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Compte tenu des gains de productivité de 2,5 %, une croissance du PIB inférieure à ce taux entraîne mécaniquement une
augmentation du chômage.
La croissance qui était en France de 1,5 % faiblira, et le chômage augmentera en 2006 et au 1° semestre 2007…
Jean-Pierre CHEVALLIER
Business économiste,
Professeur en URSS (dans une Université
Républicaine Socialiste Soviétique)
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