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Temps de travail
Les socialistes ont l’art de se prendre à leur propre piège. Ségolène Royal veut faire travailler les professeurs 35 heures !
Quand j’étais un jeune professeur intimidé et inexpérimenté, il me fallait 3 heures de préparation à la maison pour assurer 1
heures de cours en amphi.
Et pendant ce temps, je ne faisais pas de recherche. Avec l’âge, les effets de l’expérience m’ont permis de gagner du temps.
Est-ce à dire que je me tourne les pouces aujourd’hui ?
Pourquoi pas si je fais mieux mon travail mais comme j’aime mon travail, je peux consacrer ce temps à gagner à l’écriture, la recherche, le journalisme et
tant d’autres activités passionnantes.
Mes collègues font-ils la même chose ?
Probablement oui mais il est impossible de le vérifier sauf à mesurer le résultat, ce que l’on refuse précisément à faire dans la fonction publique.
Dans ces débats d’un autre âge, on ne voit pas que ce n’est pas la quantité et la durée du travail qui importent finalement,
mais plutôt le résultat. D’ailleurs, l’emploi n’est pas la finalité de l’activité économique ; c’est un moyen (un médium) pour créer des richesses.
Le résultat du travail productif, c’est donc la création de richesses avec lesquelles on va rémunérer les acteurs de la production.
Pour payer les gens, il faut donc avoir produit des richesses. Et il est préférable pour tous que l’on produise un niveau X de
richesses en 35 heures plutôt qu’en 45 heures, le temps gagné pouvant être consacré à produire d’autres richesses ou aux loisirs, à la famille, aux amis et
autres passions dévorantes de temps.
C’est donc l’efficacité du travail qu’il s’agit de récompenser et non le travail en soi.
J’ai travaillé comme ouvrier dans les services techniques municipaux pour financer une partie de mes études.
A ce moment, je fus stupéfait de voir ces ouvriers chercher un endroit à l’abri du regard du contremaître ou de l’ingénieur où ils pourraient « passer le
temps ». Ils empruntaient des itinéraires tordus dans la ville avec la voiture municipale pour faire « passer le temps » comme ces camions que faisait tourner
l’armée pour justifier la consommation de carburants.
Mais personne ne s’enrichit en faisant semblant de travailler. Ce n’est donc pas le temps consacré au travail en tant que tel
qui compte, mais bien plus les fruits de ce travail. Le temps est la principale richesse de l’homme. On n’obtient jamais de la croissance (et donc de
l’emploi) en gaspillant le temps.
C’est pourquoi il est injuste de parler des professeurs comme une catégorie homogène : à l’intérieur de cette catégorie, il y a
des jeunes débutants et il y a les plus expérimentés ; il y a des gens motivés et d’autres qui se planquent…etc.
Les professeurs des écoles consciencieux consacrent un temps énorme aux parents d’élève, aux réunions, à la préparation des classes et à supporter des enfants
que les parents portent souvent aux nues, prêts à porter plainte contre l’enseignant à la moindre punition ou mauvaise note jugées injustes par des parents
démissionnaires !
D’autres sont sans cesse en congés maladie ou multiplient les stages de formation. Tout le monde s’abrite derrière un statut qui empêche précisément
d’apprécier les mérites et les efforts de chacun.
A l’heure où les machines tournent en continu, où tout travail répétitif à vocation à être automatisé, c’est le résultat qui a
une valeur économique et qui se doit d’être évalué pour mieux être récompensé.
C’est pourquoi toute législation contraignante sur la durée du travail et toute procédure de rémunération collective
constituent des inepties économiques, source de conflits inextricables et de revendications catégorielles incessantes.
Jean-Louis Caccomo
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