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Quelques
éléments de Teuladologie

René
Teulade gardé à vue… Simple visite !
Où
le lecteur se retrouve en pays de connaissance.
Ainsi donc ce 12 février on a
appris de l’AFP, via le quotidien Le Monde que M. René
Teulade connaissait quelques ennuis judiciaires mineurs.
Simple visite, nous a-t-on
assuré.
Bien évidemment, au plan
strictement politique ce ne pouvait pas être pour Le Monde et
pour la pensée unique française une affaire de même calibre
que celle qui a fait revenir de Saint-Domingue, après 7 ans d’exil,
M. Didier Schueller. Entre le soupçon de corruption d’un
ancien ministre de gauche et la corruption d’un ancien
conseiller général de droite, il convient de se pénétrer de
la différence d’essence.
Le fric colle métaphysiquement
à la droite, tandis que la gauche commet quelques petites
erreurs bénignes.
Le socialisme étatique engendre
l’appauvrissement global du pays. Là où il y a ruine
collective il ne saurait y avoir enrichissement personnel.
C.Q.F.D.
On pourra toujours dire aussi de
M. Teulade qu’il ne faisait partie des meubles que de la
Mitterrandie. Or, on sait que M. Jospin a proclamé son droit d’inventaire.
Il a donc abrogé la Mitterrandie. Un tel "droit d’inventaire"
est refusé à la droite,
Toute cette dialectique fait
partie de la misérable petite campagne présidentielle et
mérite surtout un haussement d’épaules dès lors que l’on
éprouve le désintérêt que mérite cette campagne.
Car Teulade et le teuladisme c’est
en effet beaucoup plus qu’une simple passe d’armes dans le
débat électoral. Ni Teulade ni le teuladisme ne sont
anecdotiques.
Depuis quelque 10 ans il nous a
toujours semblé clair que ce personnage incarnait le socialisme
étatique beaucoup plus sûrement et pesamment que les premiers
secrétaires fugaces et nominaux du parti socialiste ou que les
radicaux de gauche.
Teulade c’est en effet le lobby
des mutuelles.
Jusqu’en 1992 René Teulade fut
:
- non seulement le président de
la MRFP, sur laquelle enquête la "Brigade de répression
de la délinquance astucieuse "(!) et dont il est depuis
1992 le président d’honneur, bénéficiant d’avantages
épinglés par un rapport de l’IGAS de 1999 ;
- et le patron de la MRIFEN,
mutuelle retraite des instituteurs et fonctionnaires de l’Éducation
nationale qui céda son siège au Parti socialiste rue de
Solférino ;
- mais aussi le président de la
Fédération nationale de la mutualité française qui coiffe
les sociétés de droit mutualiste et de convictions
philosophico-socialistes (ne pas confondre avec la rivale
Fédération des mutuelles de France d’obédience communiste).
C’est en toute connaissance de
cause que Mitterrand le fit ministre de la sécurité sociale en
1992 dans le gouvernement Bérégovoy. On se souviendra que son
prédécesseur dans le gouvernement de Mme Cresson avait été
M. Bianco, nommé à ce poste après avoir été jusqu’alors
secrétaire général de l’Élysée, ce qui symbolise bien la
place de ce discret lobby dans notre République bananière.
Ce sont ces gens qui, depuis 10
ans, et notamment depuis, malgré, l’adoption des Directives
92-96 et 92-49 par l’Europe, qui ont bloqué l’évolution
concurrentielle du système social français, imposant l’omertà
mafieuse à la classe politique française.
M. Jospin a eu recours à Teulade
et à personne d’autre quand il a fallu faire échec au
rapport Charpin. Celui-ci rappelait, sous l’autorité du
Commissariat général au plan, et sur mission du gouvernement
Jospin !, la faillite démographique inéluctable des régimes
de retraites par répartition.
M. Jospin fit donc rédiger, dans
le cadre du Conseil économique et social, un contre-rapport
ridiculement optimiste signé du grotesque Teulade, ceci pour
justifier que soit différée, de quelques années, encore la
réforme de nos régimes de retraite considérée comme urgente
dès 1991 (y compris par Teulade lui-même).
Qu’on ne vienne pas dire que
Teulade ne fut par conséquent qu’un ministre éphémère de
la sécurité sociale apparaissant par hasard en 1992 dans le
gouvernement Bérégovoy, ministre tenu en discrédit par M.
Jospin.
Certains vont pouvoir mesurer
bientôt la spoliation collective des enseignants et des
fonctionnaires par la gestion calamiteuse de leurs régimes
mutualiste de retraite complémentaire car c’est apparemment
ce qui est reproché à Teulade aujourd’hui. Ils en ont eu un
avant goût l’an dernier quand la MRFP a décidé de façon
unilatérale de diminuer tout simplement de 16 % ses pensions
complémentaires vieillesse.
On doit absolument se souvenir
que Teulade, président de la FNMF, jouait un rôle décisif
dans la défense du système monopoliste, et que M. Davant, - le
président qu’il a désigné pour lui succéder à la tête de
la FNMF depuis 1992, - continue le même travail avec les mêmes
arguments de chantage politico-philosophiques.
Jamais Mitterrand, même
président de la république, ne ratait un congrès de la
Fédération mutualiste présidée par Teulade : il savait ce qu’il
faisait.
Son successeur depuis 1995 a
cherché consciencieusement à faire de même avec la
Fédération mutualiste présidée par Davant. Faut-il donc le
pardonner à ce successeur, qui s’est même auto-proclamé en
septembre 1995 "garant de la sécurité sociale",
puisque, décidément, il n’a jamais su ce qu’il faisait ?
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