TRACFIN a fait un mort : Le marché de l'or

Au coeur de l'été, la nouvelle est passée relativement inaperçue. Depuis le 2 août, Euronext, la société qui gère la Bourse de Paris, a suspendu l'activité du marché libre de l'or, le marché devant disposer de trois opérateurs pour fonctionner.
Faute d'intervenants – ils n'étaient plus que deux – Paris perd ainsi une de ses spécificités : celle de coter les pièces de monnaies en or. Les lingots, les Napoléon mais aussi les pièces étrangères comme celles de 10 ou 20 dollars américain, les florins, celles de 50 pesos mexicains, ou encore le souverain britannique ne sont plus cotés officiellement à Paris. La raison de cette interruption, définitive, tient au départ du Crédit du Nord, l'un des trois intervenants de ce marché aux côtés du britannique Cookson et de CPR Or.

Pourtant les français figurent parmi les principaux détenteurs de métal fin. Les bas de laine en contiennent au moins 5.000 tonnes.

Malgré tout, au fil des ans, ce marché était devenu assez symbolique, avec une cinquantaine de kilos de pièces et de lingots échangés chaque jour en moyenne.

Deux phénomènes ont joué : la taxe forfaitaire de 8% imposée à partir de 1977 sur les ventes, et surtout les opérations de Tracfin.
Pour lutter initialement contre le blanchiment de l’argent, le secret sur les transactions a été levé et en plus les acquisitions de métal payées en espèces ne pouvaient dépasser 3.000 €.
En pratique, l’achat d’or se trouvait entaché de suspicion de blanchiment , les ventes figurant dans le registre national des opérations de Tracfin.

La place de Paris tourne ainsi une nouvelle page de son histoire puisque le marché libre de l'or a ouvert ses portes en 1948. Bien évidemment, «la cessation de l'organisation de la procédure de cotation par Euronext Paris n'a pas de conséquence sur la capacité de chacun de négocier comme auparavant les pièces et lingots sur le territoire français», précise Euronext.
Les particuliers qui interviennent principalement à la vente pourront s'adresser aux numismates ou aux guichets de leurs intermédiaires financiers. Ces derniers se retourneront vers CPR Or qui représente à lui seul environ 90% de ce marché, et en fixera de facto les prix. C'est d'ailleurs déjà le cas depuis la suspension des cotations officielles.

La France se retire d’un marché au moment où la Chine s’y installe : elle a créé en novembre 2002 la Shangai Gold Exchange qui compte 108 membres. Le métal fin a donc de nouveau le bvent en poupe, suivant d’ailleurs la même courbe que le pétrole.
Le Conseil mondial de l’or constatait qu’au deuxième trimestre la demande a augmenté de 11% en volume et de 25% en valeur par rapport à la même période de l’an dernier.
La Chine rentrant dans le marché, il faut s’attendre au triplement de la consommation dans les années à venir.
La France est hors jeu, encore une fois. Merci Bercy.
 

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