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L’Europe
sort-elle grandie du changement politique espagnol ?
Le jeudi 11 mars 2004 est une
tragédie pour le peuple espagnol.
Et en transformant la victoire
annoncée du parti d'Aznar en cuisante défaite, les événements
ont propulsé au pouvoir ceux qui s'étaient engagés à revoir
l'engagement militaire de l'Espagne en Irak aux côtés des
Américains.
Ce dimanche 14 mars constitue qu'on
le veuille ou non une victoire du terrorisme d'al-Qaida aux
conséquences redoutables.
Nous ne reviendrons pas sur les 4% de votants espagnols qui ont
fait basculé le parti de Mr Aznar dans l’opposition.
Même si la gestion de la crise a
été très maladroite, en voulant imputer à ETA la
responsabilité des attentats de Madrid, on remarquera tout de
même que le gouvernement espagnol a pratiqué la plus grande
transparence dans les éléments d'enquête qui survenaient.
Le Ministre intérieur la veille des élections a reconnu la piste
des islamistes et dès le lendemain la nature des charges
explosives utilisées par Al Qaida.
En France, la culture de la
transparence est tout autre. A titre d’exemple, dans l’affaire
de l’AZF (la vraie), le 21 septembre 2001 à Toulouse, nos
technocrates (de gauche ou de droite) et leurs représentants
médiatiques nous montrent encore leurs capacités de transmettre
de vraies informations, et en temps réel.
Le fait est révélateur aucun des six rapports d'expertise aux
juges d'instruction, Thierry Perriquet et Didier Suc, chargés
d'enquêter sur les causes de l'explosion de l'usine AZF ne vient
conforter la piste chimique privilégiée depuis maintenant plus
de deux ans par la justice. Selon ce scénario, un ouvrier d'une
entreprise sous-traitante de Grande Paroisse (filiale de Total,
propriétaire d'AZF) aurait déversé par erreur, un quart d'heure
avant la catastrophe, 500 kilos d'un dérivé chloré, le DCCNa,
sur du nitrate d'ammonium entreposé dans le sas du hangar 221,
épicentre de l'explosion. Treize salariés d'AZF et d'une
société sous-traitante sont toujours mis en examen pour homicide
involontaire. Cet automne, le juge d'instruction a demandé un
non-lieu pour dix d'entre eux contre l'avis du parquet de Toulouse
qui avait aussitôt fait appel.
On sait depuis le début que ce scénario qui arrangeait tout le
monde est techniquement impossible. Définitivement on ne parlera
pas de la piste ridicule de l’attentat, ou encore pire d’une
faute d’EDF. Il faut qu’ELF TOTAL soit définitivement un
coupable payeur.
Autres pays, autres mœurs,..
Mr Aznar a été sanctionné par
des espagnols ayant eu le sentiment de payer le prix d'un
engagement dont ils n'étaient pas responsables. «Merci Aznar
pour la terreur d'al-Qaida», «Aznar, c'est ta guerre, ce sont
nos morts», disaient les pancartes des manifestants.
Tragique résultat : al-Qaida sait
désormais que les opinions des démocraties européennes sont
fragiles et qu'elles sont en mesure d'exiger de leurs
gouvernements que ceux-ci fassent tout pour que leur pays ne soit
pas la cible du terrorisme, comme nous le rappelle Alain Madelin
dans le Figaro du 18 mars 2004.
Et d’ailleurs les prétentions d’al-Qaida
ne sont pas finies puisqu’il demande maintenant le retrait
définitif des soldats espagnols en Irak, sinon de nouvelles
actions terroristes seraient envisagées.
C’est donc le parti de la peur
qui a gagné.
Et puis tout de même, c’est
oublié un peu vite le travail effectué par Mr Aznar, l’extraordinaire
relance économique vécu en 8 ans de règne du parti populaire.
Depuis 1996, l’Espagne s’est économique réveillée. Elle
venait de loin. Après le désastre du gouvernement socialiste du
bellâtre Felipe Gonzalez, la droite héritait de plus de
20 % de chômeurs, avec un déficit énorme, avec un
problème d’identité nationale, écartelée par des
autonomismes régionaux sans équivalent dans le reste de l’Union
européenne.
Et en quelques années, le redressement fut spectaculaire. Bien
plus, une vraie politique étrangère permettait non seulement une
présence de puissance à part entière en Europe mais également
des retrouvailles notables avec l’Amérique Latine.
Comment ne pas tenir M. Aznar pour un homme politique d'une
certaine qualité, qui avait même l’élégance rare de quitter
la scène gouvernementale, à l’occasion de ces élections du
14 mars.
Nous sommes très loin de ce type de galanterie en France.
L’Espagne était devenue le pays de référence opposant aux
oukases franco allemandes.
L’Espagne de Mr Aznar était devenue le pays de référence
capable de maintenir une certaine cohésion politique, monétaire
et économique dans l’Europe, dans son intransigeance à
maintenir les critères du pacte de stabilité.
On peut craindre que d'autres
engagements ne soient pas respectés à l'avenir.
Et d’ailleurs Jacques Chirac n’a
pas attendu que l’Espagne enterre ses morts pour essayer d’imposer
la constitution lui permettant de continuer à réaliser des
déficits au delà des 3%, avec un vote bloquant contre la
commission européenne.
On peut craindre le pire.
Il y a aussi beaucoup de naïveté
à entendre certaines diplomaties européennes conclure aussitôt
que le meilleur moyen de prévenir la répétition de telles
tragédies consiste à s'unir pour apporter des solutions
politiques en Irak et au Proche-Orient.
Le terrorisme islamique ne vise pas
nos démocraties pour ce qu'elles font, mais pour ce qu'elles
sont, nous rappelle à juste titre Mr Madelin.
Le 11 septembre 2001 a marqué le
début d'une nouvelle guerre mondiale contre l'islamisme radical
et terroriste.
En adressant quelques jours plus
tard un nouveau communiqué, al-Qaïda a menacé «les valets de
l'Amérique» d'attentats similaires à ceux de Madrid. c’est
évidemment continuer l’exploitation de la peur.
Et d’une façon assez lamentable,
toute la stratégie du gouvernement français actuel est de faire
la promotion de cette peur, de nos faiblesses, pour venir gratter
quelques points sur une part marginale de l’électorat
abstentionniste aux prochaines élections régionales.
Jacques Chirac a voulu une Loi
réprimant le foulard islamique à l’école , il a prêté ainsi
le flan à des attentats sur notre propre sol.
Devra t il renoncer à cette loi ? Démissionnera t il en cas d’attentats ?
Au lieu de faire la promotion du
courage, nos gouvernants et leurs médias ne font que montrer leur
propre peur, leur propre lâcheté.
Enfin, pour ce qui concerne la
genèse des mouvements terroristes arables, nous ne pouvons nous
empêcher de penser à leur origine communiste et révolutionnaire
française.
Beaucoup de victimes se demandent comment cela peut il être
possible de réaliser de telles actions contre des
innocents ?
Mais qui a montré l’exemple si ce n’est d’une part la
Révolution française puis ensuite le communisme ?
Le communisme, phénomène majeur de ce XX e siècle, commençant
en 1914 et s’achevant peut être à Moscou en 1991 pour sa
partie visible, se trouve au centre du tableau du terrorisme.
Dépassant les crimes individuels, les massacres ponctuels,
circonstanciels, les régimes communistes ont, pour asseoir leur
pouvoir, érigé le crime de masse en véritable système de
gouvernement.
Mais que fait d’autre qu’Al Qaïda ?
Le communisme a tué et continue à
tuer en Afrique, en Asie et même en Europe, physiquement d’abord,
mais surtout moralement.
Le livre noir du communisme a chiffré à cent millions de morts
par des moyens divers – fusillade, pendaison, noyade,
bastonnade, par la faim, par la déportation,..
Staline a fait démolir des églises à Moscou, Ceaucescu a
détruit le cœur historique de Bucarest, Pol Pot a fait démonter
pierre par pierre la cathédrale de Phnom Penh et a abandonné à
la jungle les temples d’Angkor.
N’est ce pas cela d’abord le
modèle de l’Islam terroriste actuel ?
Alors, comment peut-on lutter
contre cette guerre, contre ses promoteurs ?
Et bien d’abord en chassant
définitivement le mensonge qu’est la pensée communiste et ceux
qui la véhiculent, en abandonnant les chimères d’un Etat
bienfaiteur, en brisant les chaînes maintenues par nos
aristocrates, mais plutôt en favorisant le courage, en
protégeant la propriété et la liberté sous toutes ses formes.
Alors, chacun trouvera un intérêt
à construire au lieu de détruire.
Alice Borghèse
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