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Un
unanimisme artificiel et crétinisant

"Le
peuple français s'est livré à de gigantesques manifestations
dirigées contre lui-même, frôlant ainsi la
schizophrénie"
"La
Presse" de Montréal 2 mai 2002
"La
démocratie est une chance offerte dont nul ne doit être
exclu."
Mgr
Jean-Pierre Ricard Président de la Conférence des évêques
de France
Dès le lendemain du scrutin
régional de 1998, en première page du Figaro Alain Peyrefitte
président du comité éditorial de ce journal préconisait une
alliance à établir entre ce qu’on appelle la Droite
républicaine et celle qui se désigne sous le nom de Droite
nationale.
Si l'on se préoccupe de la vie
politique en fonction de ce qu’elle laisse de possibilités à
l’élévation spirituelle et culturelle des hommes et à la
prospérité des nations fondée sur l’initiative et le
travail des individus, on ne peut que souhaiter cette alliance
et regretter tout ce qui tend à exclure une partie des citoyens
de la vie civique de leur pays.
Elle permettrait en effet de
libérer les deux groupes, dont les doctrines fondamentales sont
beaucoup moins éloignées qu’on veut bien le dire - beaucoup
moins opposées, en tout cas, que ne le sont celles du
socialisme démocratique, de l’écologisme et du communisme.
Cette alliance fonctionne presque parfaitement en Italie, pour
le plus grand bien des libertés économiques, et sans que les
libertés politiques soient le moins du monde entamées.
Tout particulièrement, cette
alliance délivrerait les deux appareils politiques rivaux du
RPR et du FN, de la tentation constante et pernicieuse de
rechercher des alliés ailleurs que dans le camp de la Liberté,
ce que font les uns et les autres non sans un certain
acharnement dans l’erreur.
On a vu, ainsi, le président
sortant appeler à lui "tous les républicains", ce
bloc comprenant aussi les partisans du communisme totalitaire et
tout particulièrement la CGT. Quant à son adversaire,
implacablement, il en est logiquement amené à suggérer aux
électeurs de Mme Laguillier, trotskiste, à voter pour lui.
On sait, ou plutôt on doit
rappeler, comment, constamment, le président sortant et son
entourage ont traité le problème de l’alliance. Leur refus,
leur sectarisme, leurs agressions verbales à l’encontre de 5
millions d’électeurs et contribuables n’ont jamais cessé.
C’est en effet une agression
verbale permanente que de traiter d’extrémistes et de
racistes des gens qui se défendent d’être
"extrémistes" ou "racistes" (Maurice
Thorez, lui, se proclamait ouvertement "le premier
stalinien de France" et aucune avenue Maurice Thorez n’a
été débaptisée par aucune municipalité de gauche en
France.) Dans une démocratie représentative, cette agression
atteint les citoyens, électeurs et contribuables, peut-être
sans que ceux qui la développent s’en rendent compte dès
lors qu’elle vise les gens que démocratiquement ces
électeurs se donnent comme représentant. Avec son langage
vulgaire mais direct M. Tapie l’avait résumé clairement :
"si on dit que Le Pen est un salaud, alors il faut dire que
ses électeurs sont des salauds". Vérité à double
tranchant…
Si MM. Juppé et consorts veulent
continuer leurs exclusives et leurs imprécations prétendument
"pédagogiques", la seule conséquence logique et
honorable serait de dispenser ces électeurs et leurs élus,
dont ils ne veulent pas, de payer leurs impôts. MM. Juppé et
consorts doivent en effet se rendre compte que, vivant
eux-mêmes, et assez confortablement, de la dépense publique,
ils acceptent les contributions fiscales et sociales de ces
mauvais Français.
En 1998, tout ceci a conduit à livrer pieds et poings liés à
l’alliance socialo-stalinienne des régions comme l’Île de
France, Midi-Pyrénées ou Provence-Côte-d’Azur, puis à
perdre Paris et Lyon en 2001, contre le vœu majoritaire du
suffrage universel.
Cette situation contre nature
aboutit, dans des procès en sorcellerie, à une surenchère
permanente qui ruine la France et empêche les réformes.
On ne peut corriger cette
situation qu’en refusant et en sanctionnant les discours d’intimidation
et les pratiques de verrouillage qui fondent ce système ruineux
et inquiétant.
Discours d’intimidation
Ce discours est en effet associé
à des démonstrations de rue, des pétitions unanimistes
forcées, des attitudes tendant à nier et à brouiller les
résultats pourtant assez clairs du scrutin démocratique. Les
grands vaincus du 21 avril parlent et agissent comme si le
peuple leur donnait majoritairement raison. Ceci n’a été
possible que parce le président sortant et son brillant
État-Major ont ouvert les portes à leurs pires ennemis après
leur avoir permis en 1997 de conquérir le pouvoir d’État, et
de l’exercer pendant 5 longues et ruineuses années.
Pratiques de verrouillages
C’est l’étouffement de tout
débat : la droite est contrainte de s’aligner, le petit doigt
sur la couture du pantalon et en rangs par deux, derrière le
Premier consul Juppé, flanqué de MM. Douste-Blazy et Raffarin.
Ceci n’est pas une caricature c’est la médiocre réalité
du "Parti Unique" baptisé Union de la Majorité
Présidentielle.
Les courants libéraux et
européens, c’est-à-dire tous ceux qui, au sein de la droite,
expriment des idées et souhaitent redonner à la France une
chance de se retrouver au niveau de l’Europe, se voient
menacés de marginalisation et voués à une domestication
subventionnée aux ordres de nos glorieux énarques.
Voilà hélas les perspectives objectives que promettent à la
fois la gauche ex plurielle et la droite officielle, entre
lesquelles les différences sont de moins en moins perceptibles.
Ce 3 avril l’institut IPSOS
récidive pour le compte du Figaro qui a l’audace de publier
un dernier sondage légal. Il accorde à cette combinaison le
même pourcentage qu’aux sorties des urnes du 21 avril : 78 %
d’enthousiastes avec comme seule nouveauté une marge d’erreur
de ± 3 %. À en croire ce calcul on pourrait certes ne compter
que 75 %, mais pas moins, et on pourrait même atteindre les 82
%.
Ce serait dommage pour l’avenir
de la démocratie en France : un président sans bilan,
reconduit pour un quinquennat sans projet, avec le soutien
déséquilibré d’une gauche qui l’exècre et le méprise,
sous le regard d’un peuple anesthésié et démoralisé,
livré à des minorités parfaitement intolérantes et
irresponsables.
Les défenseurs de la Liberté ne sauraient y souscrire de
gaîté de cœur, ni encore moins mêler leurs voix à celles
des survivants, réconciliés et requinqués, du stalinisme et
du trotskisme.
Yves Saint Lot
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