Une vague de mort va-t-elle submerger l'Europe ?

Le 12 avril 2001, les Pays-Bas adoptaient définitivement la loi légalisant sous condition l'euthanasie.

Les médecins pourront donner la mort à condition que le malade en fasse la demande qu'il soit incurable et que la douleur ne soit plus supportable.

Cette Loi a suscité de vives réactions à travers le monde.

L'éditorial de L'Osservatore Romano, journal du Saint-Siège, est sans appel : "La loi néerlandaise mérite la condamnation et la réprobation. L'euthanasie est un choix exécrable et le fait de tuer un patient est un geste criminel." S'interrogeant avec inquiétude sur le fait "qu'à l'aube du troisième millénaire il puisse exister des esclaves du désespoir et que l'on puisse renoncer à l'espoir de la vie", le journal du Vatican poursuit en posant la question : "Un médecin peut-il légitimement assumer le rôle d'un boucher ?"

De même, en Allemagne, l'Eglise protestante a condamné un texte qu'elle juge en contradiction avec les convictions chrétiennes et le vice-président chrétien-démocrate Hubert Hueppe a jugé "abjecte" la nouvelle loi néerlandaise. Qualifiant pour sa part l'euthanasie de "grand péché", le ministre russe de la santé, Iouri Chevtchenko, a exclu qu'un projet de loi l'autorisant soit présenté au Parlement de son pays.

Les ténors politiques français semblent récuser du bout des lèvres l'idée de légiférer sur la mort :

Tout en rejetant l'acharnement thérapeutique, Jean-François Mattéi, président du groupe Démocratie libérale à l'Assemblée nationale, a estimé que l'euthanasie constitue "une mauvaise réponse à de réelles questions souvent angoissantes au moment où la vie bascule".

Seule la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) souligne, dans un communiqué, qu'il est "possible de soigner et traiter sans euthanasier" et pointe "l'enjeu majeur" que représente à ses yeux "le financement et l'application de la loi sur le droit d'accès aux soins palliatifs votée à l'unanimité par les deux assemblées et publiée le 9 juin 1999".

La SFAP insiste pour que "l'interdiction absolue de mettre intentionnellement fin à la vie des malades incurables et des mourants" soit maintenue et prône un traitement antidouleur et des soins palliatifs adéquats, "même si le traitement appliqué peut avoir pour effet secondaire de contribuer à abréger la vie de la personne en cause."

Dans ce contexte de grande manipulations, on ne s'étonne pas de voir BERNARD KOUCHNER, ministre délégué à la santé, souhaiter relancer, dès les prochaines semaines, le débat sur le droit à modifier les dispositions législatives qui assimilent l'aide au suicide à un assassinat.

Rappelons que Bernard Kouchner, trotskiste de formation, a été le chantre du droit d'ingérence des grandes puissances dans la gestion des Etats et des Nations.

Il est donc normal de retrouver Mr Kouchner dans ce nouveau droit d'ingérence, celui de tuer son voisin parce qu'il souffre, le droit donner à une administration de liquider ses affiliés.

L'Horreur suprême tellement bien décrit dans " le soleil vert "

La seule difficulté qui reste à résoudre à Mr Kouchner est de préparer l'opinion.

En effet, la mort fait peur depuis l'effondrement de la pratique religieuse, mais elle reste une chose taboue.

C'est pourquoi, une campagne en faveur de l'euthanasie était lancée dans notre pays. En juillet 1998, on découvrait avec horreur qu'une infirmière de 28 ans, Christine Malèvre, avait précipité dans la mort ses patients. Son " combat " était repris largement dans la presse nationalisée d'une façon favorable.

Dans un récent Journal Du Dimanche, on apprend que 38 % des Français estiment que la loi devrait dorénavant autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrances, à la vie des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables, qui le demanderaient. Une personne sur deux estime qu'une telle possibilité devrait être offerte "dans certains cas". Seuls 10 % des sondés sont opposés à la modification de la loi.

Mr Kouchner renchérissait de plus belle, toujours dans le Monde :"On observe, sans conteste, une évolution de l'opinion française sur ces questions, et il est clair que nous devons nous adapter, essayer d'être plus humains que nous le sommes dans ces circonstances aussi difficiles".

Et de préciser que l'on devait aller vite, il estimait que, si un consensus peut être trouvé sur cette question, un amendement pourrait être introduit dans le texte du projet de loi de modernisation du système de santé, dont le premier ministre a indiqué qu'il serait soumis au Parlement avant la fin de l'année.

SOINS PALLIATIFS

Pour le ministre délégué à la santé, la majorité des problèmes de fin de vie pourraient être réglés grâce à la pratique des soins palliatifs. "Mais en dépit des progrès réels qui ont été accomplis dans ce domaine, ces dernières années, j'observe que l'offre de soins demeure très insuffisante.

"Plus généralement, face au modèle hollandais, il nous faudra, sur des questions relatives à la dépénalisation de la consommation de cannabis ou à la réglementation de la pratique de la prostitution, nous poser, dans un strict souci de santé publique, la question de savoir si nous devons ou non faire évoluer notre législation et modifier nos interdits"

Si les soins palliatifs sont insuffisants dans notre pays, la Sécu y est pour l'essentiel. C'est l'Etat Providence qui créée la misère. C'est le monopole de l'assurance maladie qui ruine la baisse des charges sociales au profit d'une véritable couverture des soins.

C'est le vol de notre droit de propriété par des fonctionnaires qui empêche les gens d'accéder librement à des structures de soins autonomes d'une tutelle monstrueuse.

Pour résoudre l'effondrement de la gestion calamiteuse de la sécurité sociale, la logique de l'Etat Providence amène à supprimer l'offre de soins, c'est à dire les professionnels de soins, et les patients dans la foulée. Tout cela est tellement prévisible.

Tous les soignants et ceux qui accompagnent nos malades dans leur fin de vie savent les difficultés rencontrées pour maintenir quelqu'un chez soi pour mourir, l'impossibilité de trouver des infirmières ou des aides soignants pour les toilettes depuis l'installation des quotas, voir le rejet des familles par manque de place ou peur de la mort.

Pour autant faut-il tuer tous les malades ?

Tous les soignants savent que même dans les cas désespérés, les patients ne renoncent jamais à vivre. Ceux qui disent " tuer moi, Docteur" changent d'avis avec une affection ou un contact humain.

La maladie est-elle incurable lorsque l'on observe tous les jours les progrès médicaux ?

La douleur est-elle vraiment insupportable, face au médicament, au contact humain et à la prière ?

La vraie motivation de Mr Kouchner est ailleurs. Elle est financière et monstrueuse.

C'est un fou, démagogue irresponsable et déshumanisé.

Patrice Planté

 

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