Libéraliser les retraites

Retraite par répartition ou par capitalisation ? Comment se posent les problèmes ?
Quelle est la meilleure solution ? Pourquoi ? Que faire ? Qu'aurait-il fallu faire ?

Résumé

Un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation possède une dynamique interne qui le rend plus performant que tous les autres régimes de retraite.

L'incitation au travail de chaque individu est le meilleur moyen d'obtenir des performances économiques qui permettent d'atteindre l'optimum des potentialités de chacun.

Dans un régime de retraite par capitalisation, l'épargne retraite est transformée en un investissement qui génère des revenus supplémentaires à l'avenir, et pour accélérer ces effets positifs il faut supprimer l'obligation de cotiser à des organismes publics de retraite et de sécurité sociale, les impôts sur les sociétés et les droits de succession.

Individuel ou collectif ?
Le type de régime collectiviste de retraite
dit par répartition a été adopté en Europe et en Amérique du Nord au sortir de la Seconde guerre mondiale sous l'influence des communistes qui étaient alors très puissants dans les syndicats et dans les partis politiques de gauche.
L'application du communisme a conduit l'URSS à la faillite, mais paradoxalement, le type de gestion collective de retraite qui en est dérivé survit dans les pays capitalistes (même aux Etats-Unis), avec les régimes de retraite par répartition et avec les fonds de pension, bien qu'il soit avéré que ces solutions soient inefficientes par rapport à un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation qui a pourtant parfaitement bien fonctionné naturellement et spontanément pendant des millénaires partout dans le monde.

Tous les Français savent que Le laboureur de La Fontaine travaillait beaucoup tout au long de sa vie pour pouvoir devenir l'heureux propriétaire de biens lui permettant de vivre moins inconfortablement, puis de les transmettre à ses enfants, qui les exploitant eux-mêmes en tirent ensuite des revenus (supérieurs à ceux de leurs parents), pour eux-mêmes, et pour faire vivre leurs parents devenus trop âgés pour travailler et subvenir à leurs besoins.

Si le laboureur de La Fontaine travaillait beaucoup pour vivre, le paysan de Böhm-Bawerk cherchait à augmenter ses revenus par des gains de productivité en perfectionnant ses moyens de production, c'est à dire en investissant et en innovant.
En France, en Europe et partout dans le monde les populations essentiellement constituées de paysans ont spontanément adopté ces solutions libérales naturelles, depuis la nuit des temps.

L'incitation au travail de chaque individu est le meilleur (et finalement le seul) moyen d'obtenir des performances économiques qui permettent d'atteindre l'optimum des potentialités de chacun.

En effet, il n'existe que deux solutions pour accroître la richesse des individus :

  • Augmenter la quantité de travail : c'est la solution adoptée par le laboureur de La Fontaine qui travaille et prend de la peine,
  • Augmenter la productivité grâce à l'investissement et à des innovations : c'est la solution du paysan de Böhm-Bawerk.

Dans les deux cas, les individus sont incités à produire davantage

  • D'abord pour eux-mêmes, pour survivre moins inconfortablement au cours de leur vie qui était rude à ces époques de pénuries généralisées,
  • Pour que leurs enfants puissent bénéficier de meilleures conditions de vie que celles qu'ils ont connues,
  • Pour qu'eux-mêmes enfin puissent bénéficier d'un certain confort pendant les dernières années de leur vie.

Si tous les individus procèdent ainsi, alors toute économie nationale tend vers son potentiel de croissance optimale et par synergie, tout le monde en tire des avantages supplémentaires.
Toute autre solution est moins performante, en particulier une gestion collective des retraites.
Stakhanov a eu son heure de gloire, mais le régime communiste a fait la démonstration de l'inefficience de toute solution de type collectiviste.

Consommation ou investissement ?
Dans un système de retraite par répartition
, un salarié qui verse des cotisations ne dépense pas la totalité de son revenu : son épargne est forcée pour assurer des revenus aux retraités qui les dépenseront.
Les revenus primaires issus du travail des salariés sont redistribués et transformés en consommation finale.
Dans un tel système, il y a un transfert de consommation
, du cotisant au retraité : il n'y a pas véritablement d'épargne ni d'investissement.
L'effet d'entraînement est très faible car cette quasi épargne est en fait transformée en consommation immédiate, c'est à dire en demande finale soutenant la production, donc l'activité.
Le retraité est un dépenseur qui… dépense la non-consommation forcée (qui est une quasi épargne) du cotisant.
Les prélèvements de retraite sont donc une fausse épargne pour le cotisant, et une véritable consommation réelle pour le retraité.

Dans le cas d'un régime de retraite par capitalisation, l'épargne retraite est affectée à un placement, essentiellement financier, c'est à dire à un investissement qui permet de financer des innovations (réelles, générant des gains de productivité) ou des augmentations de capacités (réelles) de production, donc des possibilités de production et de revenus supplémentaires distribués à l'avenir.
De la même façon que le laboureur ou le paysan, le salarié qui épargne pour constituer sa retraite par capitalisation est un capitalisateur (et non pas un capitaliste !), c'est à dire un investisseur pour son avenir, qui capitalise son épargne et les revenus qu'il tire de ses investissements et de son travail.
L'abandon des régimes de retraite par répartition et l'adoption d'un système de retraite par capitalisation permettraient de restaurer la logique économique : épargner aujourd'hui en consommant moins pour disposer de revenus supplémentaires à l'avenir grâce à des investissements judicieux faits par des individus bons gestionnaires de leurs propres affaires.

Un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation possède une dynamique interne qui le rend beaucoup plus performant que tout système de gestion collective.

Il aurait donc fallu :

  • Ne pas adopter des régimes de retraite par répartition après la Seconde guerre mondiale,
  • Restaurer un système de gestion individuelle de la retraite par capitalisation au plus tôt.

Malheureusement, sous la pression des militants des syndicats et des partis politiques de gauche, une telle évolution n'a pas pu avoir lieu, même dans les pays les plus libéraux.

Et maintenant, que faire ?

  • Il faudrait… que les gens, c'est à dire les salariés, les retraités qui sont par ailleurs des électeurs prennent conscience que ces régimes de retraite par répartition sont inefficients et qu'il faut impérativement les supprimer au plus tôt pour adopter un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation.
  • Il faudrait… qu'un nouveau Reagan inspiré par un nouvel économiste comme Bastiat re-dynamise vraiment un mouvement de libéralisation de nos sociétés.

Si des hommes politiques à la tête des Etats veulent faire quelque chose pour nos retraites, c'est à dire augmenter notre niveau de vie, qu'ils ne fassent rien !
Ce serait déjà un très net progrès par rapport à la situation actuelle…

Pour cela il suffirait de :

  • Laisser libres les gens de choisir les solutions qu'ils préfèrent adopter : travailler comme ils le veulent 35, 40, 45 heures par semaine, encore plus, ou moins, sans prendre de vacances ou en prenant 1, 2 ou 3 mois de congés, en arrêtant de travailler à 55, 60 ou 65 ans, plus tôt ou plus tard…
  • Ne pas pénaliser les revenus du travail destinés à financer leur retraite, en créant des comptes entièrement défiscalisés (de type 401 (k) aux Etats-Unis), gérés individuellement pour financer leur retraite.

Cela suppose dans cette optique :

  • la suppression des impôts sur les sociétés et des droits de succession, et
  • la suppression de l'obligation de cotiser à des organismes publics de retraite et de sécurité sociale,

solutions qui ne sont actuellement adoptées dans aucun pays développé.

Ainsi, l'application du libéralisme pourrait améliorer nos conditions de vie, mais il existe des résistances considérables partout dans le monde à de tels changements.

Les théories socialistes antilibérales inspirées du marxisme collectiviste ont créé des dégâts considérables dans les pays qui les ont mis en pratique au XX° siècle.
Les régimes de retraite par répartition sont au XXI° siècle le dernier grand vestige de ce grand cataclysme qu'est le socialisme et un obstacle important à la croissance économique.


Remarques complémentaires

Propositions libérales
Des propositions libérales cohérentes pour assurer de meilleures conditions de retraite reposeraient principalement sur un compte individuel d'épargne retraite entièrement défiscalisé transmissible aux héritiers sans impôts ni taxes, ce compte géré par son titulaire pouvant recevoir tous produits financiers eux-mêmes défiscalisés, comme par exemple des actions assorties de dividendes issus de bénéfices non soumis à l'impôt sur les sociétés, des bons d'emprunts privés (à l'exclusion d'emprunts d'Etats).
Des améliorations peuvent être apportées à ce dispositif comme par exemple la possibilité donnée à l'employeur d'abonder le compte, en dehors de toute imposition ou taxation.
Ce type de compte d'épargne retraite défiscalisé existe aux Etats-Unis avec le compte 401 (k), mais le taux d'imposition des impôts sur les bénéfices frôle le record du monde, 40 % ce qui pénalise ce genre de placement et annule totalement sa dynamique.

En outre, pour faciliter l'épargne investie dans un capital immobilier, les taxes et les droits afférents à l'acquisition et à la cession de logements doivent être supprimés.
En effet, c'est à l'Etat de tenir les registres du cadastre (c'est là une de ses fonctions régaliennes), donc de financer ces dépenses sur ses ressources (provenant des impôts sur le revenu des personnes physiques).
Les diminutions attendues de ces recettes fiscales indues seraient rapidement compensées par les rentrées fiscales provenant d'une activité supplémentaire produite par l'effet boule de neige.

Effet boule de neige
Un effet boule de neige analogue à celui qui fonctionne dans les entreprises dynamise les revenus tirés de l'épargne retraite.
Dans une entreprise, les bénéfices d'une année passée permettent d'augmenter les capitaux propres qui devraient se retrouver intégralement au capital en début d'exercice suivant, ce qui permet d'augmenter les bénéfices par rapport à l'année précédente, donc les capitaux propres, et ainsi de suite…
Dans un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation, les salariés du XXI° siècle sont incités à travailler, comme les paysans dans l'ancien temps, à épargner et à placer cette épargne en l'investissant, dans des biens fonciers et maintenant de plus en plus dans des produits financiers.
Gérés judicieusement, ces revenus permettent d'accroître d'année en année le capital de chaque épargnant et chaque personne peut ainsi tirer (au mieux de ses intérêts) des revenus au cours de sa vie active, comme jadis les paysans le faisaient naturellement et spontanément.

Liberté et responsabilité, tels sont les principes des systèmes de gestion individuels de retraite par capitalisation.

L'effet boule de neige ne doit pas être interrompu en passant d'une génération à une autre : les héritiers doivent pouvoir bénéficier de la totalité du capital transmis. Il est donc indispensable de supprimer les droits de succession.
Le système qui prévaut actuellement en France est scandaleusement injuste et anti-social :
le décès prématuré d'un ancien salarié aux revenus modestes dans les premières années de sa retraite prive ses héritiers du produit de toutes les cotisations qu'il aura versées au cours de sa vie.
En outre, les droits de succession empêchent généralement ses héritiers de disposer du capital qu'il peut néanmoins léguer, ce qui achève de briser l'effet boule de neige.

Destruction créatrice
Dans un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation
, chaque individu est amené à choisir la solution qui lui paraît la meilleure, en fonction de ses propres intérêts.
Ainsi il élimine les placements les moins rentables, au profit de ceux qui présentent des perspectives plus rémunératrices, ce qui accélère le processus de destruction créatrice de Schumpeter, et l'espérance de gains pour les investisseurs les plus habiles.
La rentabilité de ces capitaux investis est en moyenne supérieure à 10 %, hors fiscalité, donc supérieure à 6 % actuellement, après avoir subi des prélèvements obligatoires très pénalisants.
Elle est supérieure à la croissance générale des revenus qui est de 2 à 3 %.
Ces écarts de taux de croissance qui sont au moins de 3 ou 4 points génèrent sur une longue période des différences considérables quant au montant du capital obtenu du fait qu'il portent sur des intérêts composés.

Globalisation
Les partisans des retraites par répartition prétendent que les différences de prestations entre les deux types de retraite sont faibles, en faisant remarquer que la capitalisation doit normalement croître à long terme proportionnellement aux revenus.
L'erreur principale qu'ils commettent vient qu'ils oublient (!) de considérer que dans un système de retraite par capitalisation l'épargne des salariés est un investissement, alors que dans un régime de répartition c'est une consommation, donc de nature totalement différente dont les effets sont sans comparaison : une épargne investie génère la croissance, tandis que la consommation la maintient constante, sans effet d'entraînement.

Par ailleurs, il faut remarquer que, si la capitalisation des entreprises augmente effectivement globalement proportionnellement au PIB, ce concept keynésien global arase les disparités que l'on observe au niveau des entreprises car un mouvement brownien élimine le capital des entreprises qui disparaissent, et augmente celui des entreprises en croissance.
Un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation accélère ce processus.
Ses utilisateurs bénéficient de sa dynamique et obtiennent un rendement élevé de leurs capitaux investis qui financent le développement des entreprises.

Non aux fonds de pension !
Un régime de retraite par capitalisation peut cacher une gestion collectiviste inefficiente
.
En effet, en France les résultats de la gestion des capitaux qui sont confiés aux dirigeants irresponsables des caisses de retraite sont catastrophiques.
Les épargnants sont les personnes les mieux placées pour gérer au mieux leur épargne personnelle comme les paysans comptaient jadis sur leurs propres forces pour constituer leur capital ; les salariés du XXI° siècle doivent faire de même.
Cependant, aux Etats-Unis, les Américains confient souvent la gestion de leur épargne retraite à des fonds de pension.
Bien gérés, ils sont généralement performants. Cependant la masse des capitaux qui leur sont confiés entraîne des dysfonctionnements sur les marchés financiers.
Pour y remédier, il serait nécessaire de compartimenter l'affectation de leurs ressources car ce sont les mouvements massifs d'un secteur à un autre de ces capitaux qui créent des variations anormales de la capitalisation boursière.

De la répartition à la capitalisation
Il est impossible de pouvoir passer rapidement d'un régime de retraite par répartition à un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation.
En effet, les retraités actuels et les salariés qui sont déjà entrés dans ce régime par répartition ne peuvent pas décemment être abandonnés à leur triste sort, sans ressources, si un nombre important de salariés actuels optaient du jour au lendemain pour un système de retraite par capitalisation.
De même, il ne leur est pas possible de financer à la fois la retraite par répartition de leurs aînés et la leur, par capitalisation.

Il faut attendre plus de 50 ans au mieux pour que l'ancien système de retraite par répartition soit résorbé et pendant au moins 40 ans, les futurs cotisants peuvent espérer voir le montant de leurs prélèvements diminuer d'un quarantième chaque année !
Dans le meilleur des cas ils ne commenceront à constater les effets positifs de leur bon choix que dans une vingtaine d'années…
Les communistes nous ont légué une bombe à retardement colossale et leurs méfaits vont se prolonger pendant tout le XXI° siècle dans la mesure où rares sont les pays qui ont déjà actuellement mis fin aux régimes obligatoires de retraite par répartition.
Les salariés, surtout ceux qui disposent de revenus modestes, qui constituent par ailleurs la majorité des électeurs, sont les premiers responsables et les premières victimes des erreurs d'analyse économique qu'ils ont commises depuis plus de 50 ans.

Capitalisation de la répartition
Les caisses de retraite par répartition
doivent actuellement paradoxalement capitaliser le produit des cotisations des salariés !
En effet, elles sont amenées à placer en produits financiers et immobiliers une partie des cotisations collectées, dans un légitime souci de gestion prudentielle.
Malheureusement en France, elles sont gérées principalement par des personnes liées à des syndicats de salariés et leurs compétences en matière de placements financiers tendent idéologiquement vers le degré zéro absolu du fait de leurs fortes convictions socialisantes anticapitalistes et antilibérales.
En outre, il n'existe aucune procédure sérieuse de contrôle ni de sanction des gérants de ces fonds, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis où les administrateurs sourcilleux observent de très près les résultats de la gestion des fonds qui leur sont confiés et prennent immédiatement et sans états d'âme les sanctions qui s'imposent…
La gestion collective des capitaux s'avère désastreuse, au détriment des pensions des salariés français, futurs retraités, qui cumulent les inconvénients des deux types de retraite, avec en outre des frais de gestion considérables dus à la faible productivité de la gestion de ces organismes.

Par ailleurs, les déficits prévisibles des régimes de retraite par répartition dans les années à venir, surtout de 2020 à 2040, ont poussé les responsables de ces caisses à constituer des réserves pour continuer d'assurer au cours de cette période délicate la continuité de leurs prestations conformément à leurs engagements.
Les organismes de retraite par répartition gèrent des capitaux dont les montants sont considérables, placés, non pas dans le capital d'entreprises innovantes et en croissance, mais sous forme d'emprunts d'Etats dont les budgets antérieurs ont été déficitaires !
Ainsi les prélèvements sur les revenus actuels des salariés financent les déficits passés accumulés par les Etats, en garantie et pour assurer à l'avenir le paiement de pensions des futurs retraités !
Il y a là des incohérences monumentales qui risquent d'avoir de graves conséquences

Equations keynésiennes…
Dans les régimes de retraite par répartition
, le revenu Rs du salarié cotisant est consommé Cs et épargné Ss, en fait prélevé pour payer ses cotisations retraite :

Rs = Cs + Ss

Le revenu Rr du retraité est tiré de l'épargne du salarié Ss qu'il consomme Cr :

Rr = Ss = Cr

L'épargne véritable Ss du salarié est nulle : Ss = 0 et il n'y a donc pas d'investissement : I = 0

Dans un système de gestion individuelle de retraite par capitalisation, la partie non consommé Cs du revenu Rs du salarié est épargnée Ss :

Rs = Cs + Ss

Et l'épargne est investie : Ss = I
Ce qui permet de financer des investissements productifs, dans la plus pure théorie keynésienne élémentaire.

Dans les régimes de retraite par répartition, les cotisations représentent environ 15 % des revenus dans le cas d'une situation démographique normale : Ss = Rs x 15 %
Si les régimes de retraite par répartition n'avaient pas été adoptés après la Seconde guerre mondiale, une épargne supplémentaire égale à 15 % des revenus aurait pu être dégagée et affectée aux investissements productifs chaque année.
Appliqué sur 50 ans, aucun modèle ne pourrait rendre compte du niveau de vie dont nous pourrions bénéficier actuellement : les résultats dépasseraient toutes les limites concevables de tout modèle imaginable…

Capital et capitalisation
Les fonds de pension des salariés américains
permettent de capitaliser les entreprises américaines qui bénéficient ainsi largement de ce dispositif qui leur permet d'être relativement peu endettées, donc de supporter des charges financières réduites, et de dégager des bénéfices élevés tout en pouvant payer des salaires de niveau élevé.
Les mêmes fonds de pension des salariés américains ont également placé une partie de leurs disponibilités en dehors des Etats-Unis dans un souci de diversification, et pour profiter légitimement de l'opportunité de gains, en particulier en Europe.
Ainsi ces fonds ont acquis une part importante de la capitalisation d'entreprises européennes.
Il est surprenant de constater que les Européens reprochent aux Américains leur hégémonie alors qu'ils leur suffit d'adopter dans les pays européens des système de gestion individuelle de retraite par capitalisation comme aux Etats-Unis… conformément aux directives
adoptées depuis 1992.
La faible croissance des nations européennes serait ainsi rationnellement stimulée.

Volet social
La durée de travail
doit se dérouler sur une période de 45 années au minimum.
L'évolution des techniques depuis plus d'un siècle fait que le travail est de moins en moins pénible physiquement en général.
Au début du XX° siècle, les hommes étaient majoritairement soit paysans, soit ouvriers, effectuant donc un travail physiquement pénible qui ne leur permettait plus d'être productifs au delà de 65 ans.
Il n'en est plus de même au XXI° siècle : la plupart des personnes actives travaillent dans des bureaux, ou conduisent des machines qui ne demandent que peu d'efforts physiques.
La vie professionnelle peut se dérouler facilement dans la plupart des cas jusqu'à un âge de 65 ans et souvent au delà de cette limite pour les professions intellectuelles.

Il subsistera cependant des métiers qui nécessitent des efforts physiques importants.
C'est alors à l'Etat, au titre de la solidarité nationale, de prendre des dispositions marginales de façon à prendre en charge les surcoûts engendrés par la mise en place d'un système compensant les désavantages subis par les travailleurs manuels qui ne peuvent plus travailler au delà d'un certain âge.
Ils pourraient alors bénéficier d'emplois réservés réputés peu pénibles physiquement et de conditions avantageuses pour disposer de revenus complémentaires pendant leur retraite.
Il en est de même pour toutes les personnes qui souffrent de divers problèmes qui les auront empêchées de pouvoir travailler normalement au cours de leur vie et de se constituer un capital pour financer leur retraite.
Ces dispositions doivent rester marginales. Elles sont légitimes dans le cadre d'un Etat providence.

Capitalisation / répartition
Il est difficile de comparer les performances des deux types de retraite en faisant une simulation simple, mais il n'est pas interdit de le faire…
Prenons deux salariés, disposant de revenus proches de la moyenne nationale, soit 2 000 € brut, ce qui correspond à un salaire réel de 3 000 €, dit coût total employeur, et supposons qu'ils aient le choix de leur régime de retraite.
Le premier, fidèle à ses habitudes conserve le régime de retraite par répartition et verse des cotisations correspondant à 15 % de son salaire réel soit 450 € par mois.
Son collègue, optant pour un système de retraite par capitalisation verse le même pourcentage de son salaire (de même montant) sur son compte défiscalisé d'épargne.
Après 45 ans de travail, les deux retraités qui ont bénéficié en moyenne d'augmentations de salaires de 2 % par an se retrouvent et comparent leur situation.

Celui qui a conservé le régime de retraite par répartition reçoit une pension correspondant aux 2/3 du salaire moyen en vigueur, et son ami décide de s'octroyer un revenu du même montant en prélevant les sommes nécessaires sur son compte d'épargne défiscalisé dont la valeur se monte à 1 531 758 € car il a toujours pu placer ses capitaux au taux annuel moyen de 6%.

Tous les deux vivent confortablement leur retraite, mais si le premier disparaît, il ne laissera aucun capital à ses héritiers, alors que son collègue lèguera un million et demi d'euros, en ayant eu la satisfaction de contribuer à financer le développement d'entreprises efficientes qui lui ont assuré un retour sonnant et trébuchant de ses investissements.
Ses héritiers pourront faire de même et bénéficier de cet effet boule de neige magique qui fait la réussite du capitalisme libéral.
C'est la solidarité intergénérationnelle : des parents vers les enfants.


Annexe

Retraite : capitalisation / répartition
Les hypothèses
sont les suivantes : La croissance annuelle du PIB est de l'ordre de 3 %, l'augmentation annuelle des salaires réels de 2 %, la rentabilité du capital de 6 %.
Le taux des cotisations : 15 % du salaire complet réel (coût total employeur).
Le salaire de base : 3 000 € (coût total employeur) correspondant au salaire moyen actuel en France de 2 000 € brut, le tout hors inflation, toutes choses égales par ailleurs.

Ces hypothèses sont très proches de la réalité sur le dernier demi siècle passé, et elles devraient se perpétuer à l'avenir, en particulier pour ce qui concerne le taux de croissance de la productivité qui devrait rester de l'ordre de 2 à 3 % par an.
Le taux de cotisation de 15 % correspond à une structure démographique normale.

Le salarié capitalise 15 % de son salaire en année n, soit le même montant que les cotisations retraite, qui s'ajoute au capital de l'année précédente, n-1 augmenté de 6 %.

Année 1 : le montant des cotisations du salarié par répartition au taux de 15 % est de 5 400 €.
Le salarié par capitalisation verse la même somme sur son compte.

Année 2 : le salaire augmente de 2 % ainsi que le total des cotisations soit 5 508 €, le cumul des cotisations sur les deux années est de 10 908 €.
Le salarié sous capitalisation place la même somme, et son capital de l'année précédente augmente de 6 % pour atteindre 11 448 € en fin d'année. Etc.

Après 45 années de travail et de versements,

  • le salarié par répartition aura versé 388 221 € de cotisations,
  • le salarié par capitalisation aura versé le même montant sur son compte défiscalisé d'épargne, mais il aura constitué un capital de 1 531 758 €.

La pension de retraite du salarié par répartition est des 2/3 du salaire moyen.
Le salarié par capitalisation s'octroie le même revenu qu'il prélève sur
son capital qui est stabilisé au dessus d'un million et demi d'euros.
La possibilité de sortir du plan de capitalisation en rente viagère n'est pas prise en considération dans le cas présent.

En cas de décès, le retraité par capitalisation peut transmettre un capital d'un million et demi d'euros à ses héritiers qui peuvent ainsi augmenter leur capital retraite pour profiter d'un effet boule de neige intergénérationnel.
Pendant toute sa vie, son épargne a profité à des entreprises qui ont pu investir.

Dans le cas de la retraite par répartition, aucune épargne n'est dégagée dans le cadre des retraites et le salarié ne peut transmettre aucun capital à ses héritiers en cas de décès prématuré.
C'est le système le plus antisocial et le plus désavantageux pour les personnes qui touchent des revenus faibles.

La valeur critique du rendement des capitaux est de 6 % : au delà, le capital du retraité augmente quand il prélève un revenu comparable à celui de son collègue qui a adopté le régime de retraite par répartition, en deçà, il diminue.
La rentabilité des capitaux est la variable essentielle dans ce système de retraite par capitalisation, c'est la raison pour laquelle la rémunération des capitaux ne doit pas être imposée lorsqu'elle est destinée à financer un système de retraite.

Jean-Pierre CHEVALLIER
 

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